A la cérémonie d’hommage à Rabin, Herzog met en garde Israël « une fois encore au bord du gouffre »
Le président a demandé de s'en tenir à l'accord de Trump sur Gaza, et saisir les opportunités de paix conformes à la "vision de Rabin" ; Le petit-fils du défunt Premier ministre a appelé le pays à repousser l'extrémisme
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À l’occasion de la commémoration nationale de l’assassinat du Premier ministre de l’époque, Yitzhak Rabin, le président Isaac Herzog a déclaré lundi que le pays connaissait les mêmes niveaux d’incitation et de violence qu’il y a de cela 30 ans, avant l’assassinat.
« Trente ans plus tard, les mêmes signes sont là – peut-être même plus nombreux : propos durs, grossiers et vulgaires ; accusations de trahison ; venin qui se répand sur les réseaux sociaux et dans la sphère publique ; violence sous toutes ses formes – physique et verbale », a-t-il déclaré lors de la cérémonie au cimetière national du mont Herzl, à Jérusalem.
Herzog a indiqué qu’il était « inconcevable » que trente ans après l’assassinat de Rabin, « nous soyons toujours confrontés à de telles menaces violentes au sein de notre société. Il s’agit d’une menace stratégique dans tous les sens du terme. »
Le leader de gauche a été assassiné en 1995 par l’extrémiste d’extrême droite Yigal Amir après avoir assisté à un rassemblement de masse en faveur de la paix sur la place des Rois d’Israël, à Tel Aviv – rebaptisée depuis place Rabin –, qui avait pour but de souligner l’opposition à la violence et de montrer le soutien de la population aux négociations de paix avec les Palestiniens.
Lundi, Herzog était accompagné de son épouse, Michal, et en présence du ministre de l’Agriculture Avi Dichter, le président de la Cour suprême Yitzhak Amit, le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, le chef de la police israélienne Daniel Levy et le chef du Shin Bet, David Zini.
Dans son discours, le président a mis en garde contre les violences contre les fonctionnaires, les responsables de Tsahal et du Shin Bet, les procureurs et les juges, ainsi que contre les membres de la Knesset et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui-même, régulièrement absent de la cérémonie depuis 2021.
Proches et partisans de Rabin accusent l’actuel Premier ministre et chef de l’opposition de l’époque d’avoir été à l’origine du climat politique polarisé dans le contexte duquel a eu lieu le meurtre, et d’attiser une fois de plus les divisions en Israël.
« Nous assistons à une augmentation des violences dangereuses au sein de la sphère publique – dans les rues, sur les réseaux sociaux, dans les établissements scolaires et dans la criminalité qui consume des pans entiers de notre société – en particulier au sein de la communauté arabe », a noté Herzog.
Le président a lancé un avertissement des plus sévères : « Nous sommes une fois encore au bord du gouffre, et il n’y a qu’une voie à suivre : zéro tolérance envers la violence ! » Il a ajouté que l’État d’Israël n’était « pas un champ de bataille, mais une maison, et qu’à l’intérieur d’une maison, on ne tire pas. Ni avec des armes, ni avec des mots, ni avec des menaces, ni avec des expressions, ni même avec des allusions. »
Israël doit « pour l’heure respecter toutes les clauses de l’accord initié par le président [américain] Donald Trump et tout faire pour ramener tous les otages tués » de Gaza, a ajouté Herzog en faisant allusion au cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
Pour l’heure, il semble que le déroulé des prochaines étapes du plan soit interrompu car le Hamas détient encore huit corps d’otages. Par ailleurs, Israël contrôle toujours près de 53 % du territoire de Gaza et fait face à des menaces terroristes bien réelles.
Herzog a également pressé Israël de « faire grandir le cercle de la paix » au nom de Rabin.
« Les succès réellement impressionnants d’Israël sur un grand nombre de fronts [ont] changé le visage du Moyen-Orient, à l’instar de l’alliance forte et courageuse avec les États-Unis, avec l’administration américaine du président Trump, qui mène un effort déterminé et historique pour faire grandir le cercle de la paix et de la normalisation dans la région », a expliqué Herzog.
« Tous ceci nous offre d’énormes opportunités. À bien des égards, c’est la concrétisation du projet de Rabin », a-t-il déclaré à propos du défunt Premier ministre, qui a dirigé les efforts de paix d’Israël dans les années 1990 et signé les accords d’Oslo avec les Palestiniens et un traité de paix avec la Jordanie.
« Israël a toujours souhaité la paix avec tous ses voisins », a poursuivi Herzog en ajoutant « Il faut continuer à le faire ».
Il a ajouté que cela « dépendait aussi de nos voisins, en particulier des Palestiniens… et de leur volonté d’intérioriser et reconnaître l’existence de notre foyer national, ici, sur notre terre ancestrale, et de comprendre que le terrorisme ne nous vaincra pas. »
Le président a également exhorté à l’unité nationale et affirmé que l’année électorale à venir serait probablement « une année tendue – mais qu’elle ne devait pas pour autant être une année d’incitation à la violence. Le désaccord politique est quelque chose de légitime ; faire d’un rival un ennemi, non. »
Le petit-fils de Rabin, Yonatan Ben Artzi, a également pris la parole lors de cette commémoration pour presser le pays de rejeter l’extrémisme et les haines intestines.
« Il y a de celà trente ans, dans la soirée, après une longue et difficile journée, mon grand-père, Yitzhak Rabin, a été assassiné. En moins d’une minute, de trois balles lâchement tirées dans le dos, le héros de mon enfance m’a été arraché, la fierté de ma vie », a-t-il confié.
« Il a été assassiné par un autre Juif, extrémiste, fanatique et vil. L’un des nôtres. Le traumatisme de ce meurtre a changé le cours de ma vie et celui du pays depuis lors », a-t-il ajouté.
« Dans les traumatismes, nationaux et personnels, il y a souvent des opportunités de changement. Je vous en conjure : profitons des occasions nées du traumatisme du massacre [du 7 octobre 2023]. Faisons ensemble ce qui aurait dû être fait après le traumatisme de l’assassinat d’un Premier ministre : repousser l’extrémisme malveillant », a-t-il déclaré.
« Éteignez cette haine éternelle et éradiquez ceux qui cherchent à l’attiser. En agissant ensemble, nous pourrons reconstruire le miracle israélien », a-t-il conclu.
la Communauté du Times of Israël !







