A la recherche de partenaires, le Canada ne veut pas « faire la leçon » à Ryad sur les droits humains
La visite du Premier ministre Mark Carney en Arabie saoudite s'inscrira dans une stratégie visant à nouer des partenariats économiques à travers le monde alors que le Canada est "trop dépendant d'un seul partenaire", les Etats-Unis de Donald Trump
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Le Canada, à la recherche de nouveaux partenaires sur fond de tensions avec Washington, veut développer des relations avec l’Arabie saoudite et ne lui fera « pas la leçon à distance » sur les droits humains, a déclaré jeudi son Premier ministre Mark Carney, en visite dans le pays.
Ce déplacement de Mark Carney en Arabie saoudite, au lendemain du sommet de l’Otan en Turquie, était le premier d’un Premier ministre canadien dans le royaume depuis un quart de siècle.
Il intervient quelques années après une crise diplomatique sans précédent entre Ryad et Ottawa en 2018, sous le prédécesseur de M. Carney, Justin Trudeau. Ryad avait alors expulsé l’ambassadeur canadien, rappelé le sien et gelé tout nouveau commerce ou investissement avec le Canada après la dénonciation par Ottawa de l’arrestation de militants saoudiens des droits humains.
Interrogé à ce sujet, Mark Carney a souligné devant la presse à Jeddah que « discuter avec un pays ne signifie pas que nous sommes d’accord avec tout ce que ce pays fait ».
Mais « faire la leçon à distance à un pays n’est pas une stratégie efficace. C’est satisfaisant mais c’est inefficace », a-t-il estimé, en se démarquant de son prédécesseur, issu de la même formation politique (Parti libéral, centre-gauche).
Cette visite en Arabie saoudite s’inscrit dans la stratégie de M. Carney de nouer des partenariats économiques à travers le monde alors que le Canada est « trop dépendant d’un seul partenaire », les Etats-Unis de Donald Trump avec qui les relations sont tendues, a souligné le Premier ministre.
Il s’est également rendu au début de l’année en Inde et en Chine, deux géants économiques avec qui le Canada a eu des relations diplomatiques difficiles ces dernières années.
En Arabie saoudite, l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre a rencontré le prince héritier, Mohammed ben Salmane, et signé une série d’accords destinés à renforcer la coopération entre les deux pays dans l’énergie, les minerais critiques ou l’intelligence artificielle.
Un accord-cadre permettant aux entreprises canadiennes d’investir plus facilement dans le pays devrait être finalisé l’an prochain.
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