À la télé iranienne, un religieux appelle à « verser » le sang des Israéliens et de Trump
Téhéran menace Washington et Jérusalem ; le chef de la diplomatie affirme que les États-Unis "regretteront amèrement " le torpillage du navire ; un diplomate évoque "les bodybags"
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DUBAÏ, Émirats arabes unis – La télévision d’État iranienne a diffusé jeudi le message d’un ayatollah iranien appelant à « verser » le sang des Israéliens et du président américain Donald Trump, alors que la République islamique promet de poursuivre ses représailles dans la guerre en cours avec les États-Unis et Israël.
Le message de l’ayatollah Abdollah Javadi Amoli est l’une des rares déclarations cléricales venues d’Iran depuis le début de la campagne de frappes aériennes conjointes menée par les deux pays.
« Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une grande épreuve et nous devons veiller à préserver pleinement cette unité, à préserver pleinement cette alliance », a-t-il déclaré.
Il a appelé à « faire couler le sang sioniste, et à faire couler le sang de Trump ».
« L’imam de l’époque disait : ‘Combattez l’Amérique oppressive, son sang est sur mes épaules’ », a ajouté l’ayatollah.
Par ailleurs, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a affirmé jeudi avoir touché un pétrolier américain dans le nord du golfe Persique et indiqué que le navire était en feu, une information qui n’a pas été confirmée par les États-Unis.
Dans un communiqué relayé par les médias d’État, le CGRI a déclaré : « En temps de guerre, le passage par le détroit d’Ormuz sera sous le contrôle de la République islamique ».
Senior Iranian cleric Abdollah Javadi Amoli on Wednesday said shedding the blood of US President Donald Trump and Israelis is obligatory for devout Shi’ite Muslims.@iranintl_en pic.twitter.com/oyJFkgKQdN
— Open Source Intel (@Osint613) March 4, 2026
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré plus tôt que Washington « regrettera amèrement le précédent qu’il a créé » en torpillant mercredi la frégate iranienne Dena dans les eaux internationales, coulant le navire et causant apparemment la mort de la plupart des membres d’équipage.
Araghchi a qualifié cette attaque « d’atrocité », affirmant qu’elle avait été menée sans avertissement.
The U.S. has perpetrated an atrocity at sea, 2,000 miles away from Iran's shores.
Frigate Dena, a guest of India's Navy carrying almost 130 sailors, was struck in international waters without warning.
Mark my words: The U.S. will come to bitterly regret precedent it has set. pic.twitter.com/cxYiI9BLUk
— Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) March 5, 2026
Depuis la Corée du Sud, l’ambassadeur iranien Saeed Koozechi a proféré d’autres menaces lors d’une conférence de presse, affirmant que « les États-Unis verraient revenir de nombreux cercueils » s’ils décidaient de déployer des forces terrestres.
Il a également défendu les frappes iraniennes contre les États du Golfe abritant des bases militaires américaines, affirmant qu’elles étaient inévitables.
Koozechi a enfin exhorté Séoul, allié clé des États-Unis, à se montrer plus ferme en réclamant l’arrêt de ce qu’il a qualifié d’« agression illégale ».
Mercredi, un responsable militaire iranien a déclaré à l’agence de presse semi-officielle ISNA que le pays frapperait le site nucléaire israélien de Dimona si Israël et les États-Unis tentaient de renverser le régime de la République islamique.
Washington et Jérusalem ont expliqué que ces opérations visaient à empêcher le régime iranien de développer une bombe nucléaire et à détruire le programme de missiles balistiques à longue portée de la République islamique. Israël a par ailleurs adressé des messages au peuple iranien appelant à un changement de régime. Les États-Unis ont, de leur côté, envoyé des signaux contradictoires, laissant entendre qu’ils pourraient soutenir une telle évolution.
Le centre de recherche nucléaire Shimon Peres du Néguev, près de Dimona, est largement considéré comme étant au cœur du programme nucléaire israélien présumé. Israël ne confirme ni ne nie posséder des armes nucléaires. Le site, situé dans la région sud du Neguev, est l’un des endroits les plus protégés du pays, où sont déployés l’ensemble des systèmes de défense aérienne israéliens.
Le régime iranien a lancé jeudi une nouvelle vague d’attaques de missiles contre Israël et des bases américaines. Israël a indiqué avoir lancé une nouvelle attaque « à grande échelle » contre Téhéran.
Des sirènes ont retenti à plusieurs reprises à Tel Aviv et Jérusalem dans la nuit suite aux attaques de missiles iraniens. La télévision d’État iranienne a annoncé que des frappes supplémentaires avaient également visé des bases américaines. Tsahal a indiqué avoir mené des frappes au Liban contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par Téhéran, ainsi qu’une « vague de frappes à grande échelle contre des infrastructures » dans la capitale iranienne. Peu après, des explosions ont été entendues à plusieurs endroits de Téhéran.
Le rythme des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran était si intense mercredi que la télévision d’État iranienne a annoncé le report de la cérémonie de deuil pour le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au début du conflit. En 1989, des millions de personnes avaient assisté aux funérailles de son prédécesseur, l’ayatollah Ruhollah Khomeini.
Le président américain Donald Trump a félicité l’armée américaine pour avoir « très bien agi sur le front, pour employer un euphémisme ». Ses alliés républicains au Sénat américain se sont rangés derrière lui sur la question iranienne en rejetant une résolution visant à mettre fin à la guerre.
L’Iran a également lancé des missiles et des drones contre les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, le Koweït, Israël et Chypre dans une nouvelle escalade des hostilités. La Turquie a indiqué que les défenses de l’OTAN avaient intercepté un missile balistique lancé depuis l’Iran avant qu’il n’entre dans l’espace aérien turc.
La guerre a fait plus de 1 000 morts en Iran, plus de 70 au Liban et onze en Israël, selon les autorités de ces pays. Elle a perturbé l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, paralysé le transport maritime international et bloqué des centaines de milliers de voyageurs au Moyen-Orient.
Les pays de la région se sont préparés jeudi à une possible escalade, après les menaces proférées par le CGRI de « détruire complètement les infrastructures militaires et économiques de la région ».
Le ministère de l’Intérieur du Qatar a indiqué que les autorités évacuaient, par mesure de précaution temporaire, les résidents vivant à proximité de l’ambassade américaine à Doha, sans fournir davantage de détails.
Des avions de chasse ont été entendus au-dessus de la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis, tandis que l’Arabie saoudite a annoncé avoir abattu un drone dans sa province frontalière avec la Jordanie.
Une nouvelle attaque au large des côtes du Koweït semble avoir élargi la zone où la navigation commerciale est menacée. Une explosion a secoué la région tôt jeudi, selon le Centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni, géré par la marine britannique. L’organisme a indiqué qu’un pétrolier semblait avoir été attaqué, sans en préciser la cause. Par le passé, l’Iran a ciblé des navires en y fixant des mines magnétiques.
Les attaques signalées depuis le début des combats samedi se sont produites dans le golfe d’Oman et dans le détroit d’Ormuz, qui relie ce golfe au golfe Persique et par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Les prix du Brent ont augmenté de 15 % depuis le début du conflit, les attaques iraniennes ayant perturbé le trafic dans le détroit. Le baril atteint désormais son niveau le plus élevé depuis juillet 2024.
L’armée israélienne prévoit au moins une à deux semaines supplémentaires d’opérations contre l’Iran, durant lesquelles elle entend frapper des milliers d’autres cibles du régime iranien, selon des informations obtenues mercredi par le Times of Israel.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré mercredi que le calendrier restait incertain.
« On peut dire quatre semaines, mais cela pourrait être six. Cela pourrait être huit. Cela pourrait être trois », a déclaré Hegseth lors d’une conférence de presse. « En fin de compte, c’est nous qui fixons le rythme et la cadence. L’ennemi est déséquilibré et nous allons le maintenir dans cet état. »
Des responsables militaires américains et israéliens affirment que le rythme des tirs depuis l’Iran a diminué, leurs frappes ayant détruit des missiles balistiques, des lanceurs et des drones.
Le Commandement du Front intérieur israélien a annoncé qu’il assouplissait les restrictions qui avaient entraîné la fermeture de nombreux lieux de travail dans tout le pays. Il a indiqué que les entreprises pourraient rouvrir jeudi à midi si un abri est accessible à proximité. Les écoles restent toutefois fermées.
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