A Manama, l’adieu à la première Bahreïnie tuée par une frappe iranienne
Sara Dashti, 29 ans, est la deuxième victime recensée dans ce petit pays de quelques 1,4 million d'habitants, après la mort d'un travailleur étranger
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Sous une pluie rare à Bahreïn, une foule émue a participé mardi aux funérailles d’une jeune femme tuée la veille dans une attaque iranienne, la première ressortissante de cette monarchie du Golfe à être victime de la guerre régionale.
Le pays, qui abrite la cinquième flotte américaine, est régulièrement ciblé par les drones et les missiles lancés par l’Iran depuis le 28 février en représailles à l’offensive israélo-américaine.
Lundi soir, une attaque a visé un immeuble résidentiel dans la capitale Manama, tuant Sara Dashti, 29 ans.
Son père, Abdulmajid Dashti, a dirigé le cortège accompagnant son cercueil, le visage baigné de larmes, avant de lui faire ses derniers adieux.
« Ma petite fille s’en est allée, elle est partie. Quelle était sa faute ? », dit-il à l’AFP, des sanglots dans la voix.
La jeune femme est la première bahreïnie à perdre la vie dans les attaques iraniennes, et la deuxième victime recensée dans ce petit pays de quelques 1,4 million d’habitants, après la mort d’un travailleur étranger dans une frappe sur un navire à l’ancre au début du conflit.
« C’est une martyre, un sacrifice pour la patrie », dit son père, comme pour se consoler.
Les dix civils tués jusque-là dans les pays du Golfe étaient tous des étrangers, dont ils constituent le plus gros de la main d’oeuvre.
« Pas de vainqueur »
Les attaques iraniennes ont ravivé les tensions dans ce petit royaume dirigé par une dynastie sunnite mais qui compte une importante communauté chiite, dont est issue la famille de la victime.
Manama, qui a normalisé ses relations avec Israël en 2020, accuse la République islamique voisine d’instrumentaliser cette communauté.
Lors du vaste mouvement de contestation qui a secoué le pays en 2011, la famille régnante avait accusé l’Iran d’avoir formé et soutenu les manifestants dans le but de la renverser.
Le pays avait rompu ses relations avec Téhéran en 2016, suivant l’Arabie saoudite, avant un réchauffement des relations à partir de 2023.
Depuis le début de la guerre, les autorités disent avoir arrêté des personnes ayant partagé des vidéos célébrant les frappes iraniennes, et multiplient les appels au rassemblement face à « l’agression ».
« Ces événements ne font que renforcer le peuple bahreïni, le rassembler et le rallier autour de ses dirigeants », affirme Ammar Mustafa Al Sayed, le député de gouverneur de Manama venue présenter ses condoléances à la famille.
Venu également rendre hommage à la victime, Abdelhassan Al Diri dit lui espérer une fin rapide du conflit.
« Les guerres entraînent toujours des pertes pour tout le monde, et il n’y a pas de vainqueur », souligne-t-il.
« Nous demandons à Dieu Tout-Puissant de protéger notre patrie, si Dieu le veut, de protéger tout le monde, et que ces guerres prennent fin rapidement », dit-il.
la Communauté du Times of Israël !







