Rechercher

A Paris, une librairie perquisitionnée pour un livre jeunesse accusé de contester l’existence d’Israël

Selon le parquet de Paris, le ministère de l'Intérieur a signalé à la justice la vente dans cette enseigne d'un ouvrage sur le conflit israélo-palestinien et "dénoncé son fort parti-pris historique et idéologique"

La vitrine de la librairie féministe et lesbienne Violette and Co, dans le 11e arrondissement. (Capture d'écran : YouTube)
La vitrine de la librairie féministe et lesbienne Violette and Co, dans le 11e arrondissement. (Capture d'écran : YouTube)

La librairie parisienne Violette and Co a été perquisitionnée en vue de saisir un cahier de coloriage accusé de remettre en cause l’existence d’Israël, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat, qui dénonce une opération « disproportionnée », le parquet de Paris confirmant, pour sa part, l’ouverture d’une enquête.

Le livre en question est intitulé « From the River to the Sea » (De la rivière à la mer), une formule popularisée dans les années 1960 au sein de l’Organisation de libération de la Palestine et reprise ensuite, notamment par le Hamas. Elle est interprétée par certains comme une volonté d’éradiquer l’État d’Israël, par d’autres comme un soutien pacifiste à la cause palestinienne.

Le 7 janvier, cette librairie féministe et lesbienne du 11e arrondissement a été perquisitionnée par « cinq policiers en uniforme, accompagnés d’un procureur de la République » afin de saisir le cahier de coloriage, détaille Violette and Co dans un communiqué.

« Pendant 45 minutes, la librairie a fait l’objet d’une fouille méthodique: rayonnages inspectés, cartons de livres ouverts un à un, réserves et salle de pause fouillées » par « des policiers en uniforme, armes à la ceinture, filmant les lieux à l’aide de caméras-piétons », poursuit la librairie, victime de dégradations et de cyberharcèlement l’été dernier.

« C’est une perquisition illégale, parce qu’elle ne repose sur aucun fondement en droit, et qui est disproportionnée », dénonce Me Thibault Laforcade qui représente la librairie.

Selon le parquet de Paris, le ministère de l’Intérieur a signalé à la justice la vente dans cette enseigne d’un ouvrage sur le conflit israélo-palestinien et « dénoncé son fort parti-pris historique et idéologique ».

Edité en Afrique du Sud, ce livre « avait en effet fait l’objet d’une interdiction d’importation par la commission presse » de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse, note-t-on de même source.

Mais selon Me Laforcade, seul un arrêté du ministère de l’Intérieur permet d’interdire le livre à la vente.

Interrogé sur son contenu, l’avocat de la librairie considère comme « faux de dire que c’est un appel à la destruction de l’État d’Israël ».

Le parquet de Paris a confié au commissariat du 11e arrondissement une enquête pour « importation de publication destinée à la jeunesse comportant un contenu dangereux pour elle en raison de son caractère pornographique, illégal ou immoral ». Un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 3.750 euros d’amende.

« Une perquisition a été diligentée le 7 janvier, sur autorisation préalable d’un juge des libertés et de la détention (et donc possible même sans assentiment) pour saisir les objets interdits à la vente, et des auditions seront diligentées », souligne le parquet de Paris, ajoutant qu' »aucun livre n’a été trouvé ni saisi ».

« Police politique »

L’annonce de cette perquisition a suscité de nombreuses critiques.

« C’est une première en France depuis extrêmement longtemps. Violette and Co est un symbole de cible à atteindre pour l’extrême droite », a dénoncé lors d’un point presse Gilles, membre de SUD Culture Solidaires, qui n’a pas souhaité donner son patronyme.

De son côté, la librairie fustige des agissements pouvant relever d’une « police politique » et estime que cette perquisition s’inscrit « dans un contexte plus large d’attaques répétées (…) visant les librairies indépendantes ».

« Cet été, la librairie Violette and Co a été ciblée par la droite de Mme Dati. Puis elle a été vandalisée. Puis la droite a voulu supprimer les aides dont elle bénéficie. Maintenant, elle est perquisitionnée. Prochaine étape ? », a interrogé sur X le sénateur communiste Ian Brossat.

« Ça suffit ! La librairie Violette and co a été perquisitionnée. Et la plainte qu’elle a déposée face aux menaces dont elle est la cible a disparu », a posté l’adjoint écologiste David Belliard.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.