À Stockholm, des manifestants anti-Israël remplacent « Arbeit Macht Frei » par « Gaza »
La mise en scène, qui représentait aussi Benjamin Netanyahu ensanglanté s'en prenant à des bébés gazaouis, a suscité l’indignation de responsables israéliens et de la communauté juive
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Des activistes pro-Palestiniens et anti-Israël ont reproduit, le 11 juillet dernier à Stockholm, la tristement célèbre porte d’entrée du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, remplaçant la fameuse inscription « Arbeit Macht Frei » (« Le travail rend libre ») par le mot « Gaza », selon un article de Ynet.
Ils ont également mis en scène des bébés gazaouis persécutés par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, recouvert de sang, sous cette réplique de la porte d’entrée d’Auschwitz, avant d’agiter des liasses de billets.
Des activistes brandissaient par ailleurs des pancartes où l’on pouvait lire : « Les médecins ne sont pas des cibles. Arrêtez de tuer nos médecins. »
Le rassemblement visait notamment à réclamer la libération du Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de la bande de Gaza, détenu par Israël depuis décembre 2024.
Les autorités israéliennes affirment, « sur la base de renseignements concrets », qu’Abu Safiya « dirigeait l’hôpital Kamal Adwan et le faisait fonctionner comme un centre terroriste du Hamas ». Selon elles, il aurait utilisé ses fonctions pour détourner des ressources humanitaires destinées aux civils à des fins terroristes et aurait facilité des activités du Hamas contre les forces israéliennes lors des opérations de Tsahal dans la bande de Gaza, constituant ainsi « une menace directe pour la sécurité d’Israël ».
Sa détention ainsi que son état de santé ont récemment fait l’objet d’une attention accrue après qu’une commission d’enquête des Nations unies et plusieurs experts indépendants des droits humains de l’ONU ont exprimé cette semaine leurs préoccupations concernant sa situation.
(À gauche) Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, sur une capture d’écran non datée tirée d’une vidéo de Democracy Now publiée sur YouTube, le 14 janvier 2025. (Crédit : Capture d’écran/Democracy Now/YouTube) ; (à droite) Abu Safiya portant un uniforme du Hamas aux côtés d’autres officiers supérieurs du groupe terroriste, en 2016. (Crédit : Services médicaux-Bande de Gaza)
Israël affirme que la « détention légale » d’Abu Safiya « fait l’objet d’un examen administratif régulier et d’un contrôle judiciaire ». La Cour suprême est d’ailleurs intervenue dans ce dossier, le mois dernier. La déclaration faite par Israël a précisé également qu’ « aucun élément n’a été trouvé pour étayer les allégations concernant son état ». Abu Safiya a été examiné à plusieurs reprises par des professionnels de santé, précise le communiqué. « Il reste sous surveillance médicale constante et reçoit un traitement conforme aux recommandations professionnelles du personnel médical », ajoute le communiqué.
Les manifestants réclamaient aussi la libération de Marwan Barghouti, condamné pour terrorisme et incarcéré dans une prison israélienne depuis 2002. Barghouti – qui avait été la figure de proue du Fatah pendant la deuxième Intifada – a été reconnu coupable par un tribunal israélien de cinq chefs d’accusation de meurtre et a été condamné à plusieurs peines de prison à perpétuité pour son rôle dans des attentats terroristes qui avaient entraîné la mort de plusieurs civils israéliens. Il est considéré par de nombreux Palestiniens comme un successeur potentiel du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
La manifestation a suscité de vives réactions de la part de responsables israéliens et de représentants de la communauté juive, qui ont déploré l’utilisation de l’imagerie de la Shoah pour illustrer la guerre à Gaza, ce qui banalise la Shoah et relève de l’antisémitisme.
L’ambassadeur d’Israël en Suède, Ziv Nevo Kulman, a notamment dénoncé « une déformation de l’histoire de la Shoah » « qui [le] laisse stupéfait ». « Le schéma est profondément préoccupant », a-t-il ajouté. « Combien de fois devrons-nous encore condamner la même haine ? », a-t-il poursuivi. « Quand les responsables comprendront-ils que l’absence de réaction face à l’incitation à la haine ne fait qu’encourager ceux qui propagent cette haine ? »
Le Conseil officiel des communautés juives de Suède a lui aussi dénoncé la manifestation. « Banaliser la Shoah de la manière dont cela a été fait lors de cette manifestation à Stockholm est profondément offensant et profondément répugnant », a déclaré son président, Aaron Verständig.
Daniel Schatz, chercheur juif suédois, a pour sa part souligné que la manifestation s’était déroulée ouvertement sous les yeux des forces de l’ordre. « Il est particulièrement frappant que cela se produise ouvertement dans les rues de Suède, sous les yeux de la police, sans intervention visible », a-t-il déclaré dans des propos relayés par le Combat Antisemitism Movement, une organisation internationale de lutte contre l’antisémitisme. « Combien de temps encore ces dérives vont-elles être normalisées avant que les autorités et les responsables politiques ne tirent le signal d’alarme ? »
La Suède a adopté la définition de travail de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), qui cite notamment comme exemple potentiel d’antisémitisme le fait d’établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle de l’Allemagne nazie. La réplique de la porte d’Auschwitz entrait dans ce cadre, selon les critiques.
la Communauté du Times of Israël !







