Accord de 25 Mds de $ entre Téhéran et Moscou pour la construction de centrales nucléaires en Iran
Le ministre iranien des Affaires étrangères déclare que l'accord de coopération avec les inspecteurs de l'AIEA sera nul si les sanctions prévues dans le JCPOA sont réimposées, comme prévu, samedi soir
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L’Iran et la Russie ont signé un accord de 25 milliards de dollars pour la construction de centrales nucléaires dans la République islamique, ont rapporté vendredi les médias d’État iraniens.
« Un accord portant sur la construction de quatre centrales nucléaires d’une valeur de 25 milliards de dollars à Sirik, dans la province d’Hormozgan, a été signé entre la société Iran Hormoz et Rosatom », a déclaré la télévision d’État.
L’Iran dispose actuellement d’une centrale nucléaire opérationnelle, à Bushehr, dans le sud du pays, d’une capacité de 1 000 mégawatts, ce qui ne représente qu’une faible part des besoins énergétiques du pays.
Selon l’agence de presse officielle IRNA, chaque centrale aura une capacité de 1 255 mégawatts, mais aucun détail n’a été fourni concernant le calendrier.
L’Iran avait précédemment signé un accord sur l’énergie nucléaire avec la Russie en 1993, autorisant la construction de la centrale de Bushehr, après que l’Allemagne eut abandonné le projet à la suite de la révolution islamique de 1979.
Cette dernière mesure intervient alors que les sanctions dites « snapback », déclenchées par les parties européennes à l’accord nucléaire historique conclu avec l’Iran en 2015 – connu sous l’acronyme JCPOA -, devraient être rétablies d’ici la fin de la journée de samedi.
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont déclenché le « snapback », un mécanisme qui ouvre un processus de trente jours permettant de réimposer une série de sanctions suspendues il y a dix ans, le mois dernier, accusant l’Iran de ne pas respecter ses engagements au titre du JCPOA.
La Chine et la Russie proposent de prolonger les négociations, mais les chances de succès sont minces
Lors d’une session du Conseil de sécurité vendredi, la Chine et la Russie ont présenté un projet de résolution visant à accorder six mois supplémentaires pour les négociations, mais il est peu probable qu’il recueille suffisamment de soutien pour être adopté.
L’Iran a toujours démenti vouloir se doter de l’arme nucléaire, mais il a également enrichi de l’uranium à des niveaux sans aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et a développé ses capacités en matière de missiles balistiques. Israël a également déclaré que, peu avant la guerre de juin, l’Iran avait pris des mesures en vue de se doter de l’arme nucléaire.
En 2018, les États-Unis se sont retirés unilatéralement de l’accord nucléaire conclu avec l’Iran sous l’administration Obama, après quoi Téhéran a commencé à revenir sur ses engagements.
Des discussions en vue de conclure un nouvel accord étaient en cours entre Washington et Téhéran, mais elles ont pris fin lorsque l’Opération « Rising Lion » a été lancée par Israël en juin, déclenchant la guerre de douze jours à laquelle les États-Unis ont brièvement participé en frappant trois sites nucléaires souterrains, avant de négocier un cessez-le-feu.
Israël affirme que son opération de grande envergure contre les principaux dirigeants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était nécessaire pour empêcher la République islamique, qui a juré de détruire l’État juif, de se rapprocher de la fabrication d’armes atomiques.
La République islamique a riposté aux attaques israéliennes en lançant plus de 550 missiles balistiques et environ 1 100 drones sur Israël. Selon les autorités sanitaires et les hôpitaux, ces attaques ont fait 31 morts et plus de 3 000 blessés en Israël.
Téhéran : la coopération avec l’AIEA prendra fin si les sanctions sont rétablies
Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que Téhéran annulerait l’accord autorisant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à inspecter ses sites nucléaires si les puissances occidentales rétablissaient les sanctions samedi.
Dans un message publié sur Telegram, Araghchi a déclaré qu’un accord signé en Égypte ce mois-ci « restera valable tant qu’aucune mesure hostile ne sera prise à l’encontre de l’Iran, y compris le rétablissement des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui ont été annulées ».
« Dans le cas contraire, la République islamique d’Iran considérera que ses engagements pratiques sont résiliés », a-t-il ajouté.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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