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Accord entre Israël et le Hamas : réactions politiques au sein de l’État hébreu

Si beaucoup d'élus et de responsables se réjouissent de la libération imminente des otages, la plupart rappellent le coût très élevé de cet arrangement

Des manifestants déployant une banderole exhortant le président Donald Trump à « être notre sauveur » en obtenant la libération des otages détenus par le Hamas à Gaza, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 20 septembre 2025. (Crédit : Lior Rotstein/Forum des familles des otages et disparus)
Des manifestants déployant une banderole exhortant le président Donald Trump à « être notre sauveur » en obtenant la libération des otages détenus par le Hamas à Gaza, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 20 septembre 2025. (Crédit : Lior Rotstein/Forum des familles des otages et disparus)

« Ils reviendront du pays de l’ennemi… et les enfants reviendront dans leurs propres frontières », a déclaré le président Isaac Herzog, citant un verset du livre biblique de Jérémie, en référence aux otages bientôt relâchés par les groupes terroristes palestiniens de Gaza à la suite de l’accord conclu entre l’État hébreu et le Hamas en Égypte.

Quant au Premier ministre Benjamin Netanyahu, son bureau a rapporté dans la nuit une conversation « très émouvante et chaleureuse » avec le président américain Donald Trump. Le bureau a aussi indiqué que le chef de l’État allait convoquer « le gouvernement pour approuver l’accord et ramener tous nos chers otages à la maison ».

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a remercié Trump, déclarant qu’Israël « attendait nos enfants avec impatience ». « Il n’y a rien de plus approprié, de plus symbolique, de plus émouvant qu’un discours du président Trump sur la Place des Otages, avec le retour de nos otages. Ce serait un moment historique. Je félicite les familles pour cette initiative », a ajouté Lapid sur le réseau social X, soutenant ainsi une demande du Forum des familles d’otages et des disparus.

« Personne ne mérite davantage le prix Nobel de la paix ni plus encore la gratitude éternelle du peuple israélien. Je félicite son équipe : Steve Witkoff, Jared Kushner, Marco Rubio et Tony Blair. Je félicite également le Premier ministre Netanyahu, les commandants et les soldats de l’armée israélienne, et surtout les familles des otages – ces lions et lionnes qui n’ont pas laissé le monde les oublier, ne serait-ce qu’un instant », a déclaré Lapid dans une vidéo.

Herzog a déclaré qu’il n’y avait « aucun doute que [Trump] mérite le prix Nobel de la paix pour cet accomplissement ».

Trump a exprimé à plusieurs reprises son souhait d’obtenir cette distinction, dont le lauréat doit être annoncé demain. Certains observateurs estiment que cette ambition a pu motiver plusieurs de ses initiatives de paix à travers le monde. Toutefois le jury a déjà choisi le lauréat lundi dernier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tenant une casquette sur laquelle on peut lire « Trump avait raison sur tout ! », sur une photo publiée par la Maison Blanche le 8 juillet 2025, après la rencontre entre Netanyahu et le président américain Donald Trump. (Crédit : X)

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a salué l’accord de cessez-le-feu à Gaza, félicitant Israël d’avoir passé « un test moral et éthique » grâce à son engagement à libérer les otages, et a déclaré qu’il se réjouissait de voter en faveur de l’accord plus tard dans la journée de jeudi.

Outre ses succès militaires au cours des deux dernières années de guerre, « Israël a également passé avec succès le test moral et éthique de son engagement à libérer ses otages », a écrit Saar en hébreu sur X. « Je ne pense pas qu’il existe une autre nation qui aurait pu passer un tel test. Cet engagement s’est traduit par des efforts persistants pour libérer les otages et par la manière dont la guerre elle-même a été menée », a-t-il poursuivi. « Aujourd’hui, lors de la réunion du gouvernement, j’aurai le privilège de voter pour la troisième fois (après novembre 2023 et janvier 2025) en faveur d’un accord-cadre pour la libération des otages », a-t-il souligné.

Il a ajouté qu’il « le ferait avec fierté », sans pour autant « minimiser les coûts liés à la libération de terroristes odieux » figurant parmi les prisonniers palestiniens qui seront libérés en échange des otages. Le ministre des Affaires étrangères a d’abord salué le leadership du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, puis celui du président américain, Donald Trump, pour leur travail en vue de parvenir à cet accord. Il a toutefois prévenu que « les défis auxquels Israël est confronté ne sont pas terminés ».

« Israël n’a renoncé à aucun des objectifs de la guerre, tels que définis par le cabinet de sécurité. Ils sont tous, dans la pratique, inclus dans le plan Trump », a-t-il insisté, ajoutant : « Nous n’avons pas renoncé à mettre fin au règne du Hamas à Gaza, ni à éliminer la menace qu’il représente pour Israël et ses citoyens. »

Le ministre de la Justice Yariv Levin s’est déclaré favorable à l’accord sur Gaza, tout en rappelant qu’il impliquait « des coûts élevés ». « Libérer des terroristes est un prix très élevé à payer. Nous continuerons à agir pour faire en sorte que le Hamas ne possède plus jamais d’armes et ne règne plus jamais sur la bande de Gaza. Il n’y aura plus d’avant-poste terroriste juste à nos frontières », a-t-il déclaré, ajoutant que « tout le peuple israélien s’est réveillé ce [jeudi] matin dans une atmosphère de grande liesse » car « les chers otages rentrent à la maison ».

De son côté, le ministre du Tourisme et du Logement, Haïm Katz, a
déclaré : « Nous devons désormais veiller à ce que les terroristes de Gaza ne constituent plus une menace pour les citoyens israéliens à l’avenir. »

« Je félicite notre Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump pour l’accord visant à ramener tous nos proches à la maison, tout en insistant fermement et sans relâche sur la réalisation de tous les objectifs de la guerre pour la victoire d’Israël », a écrit le ministre des Communications, Shlomo Karhi, sur X.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, montrant une carte de la Cisjordanie lors d’une conférence de presse, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 3 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Smotrich avait précédemment qualifié le plan Trump « d’échec diplomatique retentissant » et avait défini les « lignes rouges » de son parti concernant cet accord.

Jeudi, Smotrich a déclaré jeudi que son parti ultra-nationaliste, HaTzionout HaDatit, ne voterait pas en faveur de l’accord de cessez-le-feu à Gaza qui prévoit la libération des otages en échange de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, ainsi que l’arrêt des combats contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Smotrich a exprimé des « sentiments mitigés », déclarant que, bien qu’il ressente une « immense joie » à l’idée du retour imminent des otages, il éprouve aussi une « peur immense des conséquences de la libération de prisonniers palestiniens, qui pourraient devenir la prochaine génération de chefs terroristes et continuer à faire couler des rivières de sang juif, Dieu nous en préserve ».

À ce titre, il a déclaré : « Nous ne pouvons pas nous joindre à ces célébrations précipitées ni voter en faveur de l’accord. »

« Il est de notre responsabilité de veiller à ce que cet accord ne soit pas, Dieu nous en préserve, un accord de ‘libération des otages en échange de l’arrêt de la guerre’, comme le pense et le revendique le Hamas », a souligné Smotrich, ajoutant qu’immédiatement après le retour des otages, Israël devrait « continuer à lutter de toutes ses forces pour éradiquer le Hamas et démilitariser Gaza, afin qu’elle ne représente plus une menace pour Israël ».

Il s’est prononcé contre un processus politique visant à la création d’un État palestinien ou au recours à une force internationale pour assurer la sécurité de Gaza, deux étapes du plan américain en 20 points pour Gaza.

« C’est une lourde responsabilité que de ne pas revenir à la voie d’Oslo, Dieu nous en préserve, et de ne pas abandonner notre sécurité à des étrangers », a-t-il ajouté, se félicitant que son opposition aux accords précédents « ait conduit à des avancées dans l’occupation de Gaza et à une pression militaire qui a mis le Hamas à genoux ».

Dans une interview accordée à Ynet, la ministre des Implantations et des Projets nationaux, Orit Strouk, membre du parti de Smotrich, a salué certaines des réalisations de l’accord, mais a ajouté que le parti pourrait quitter le gouvernement pour cette raison.

« Je ne vois pas comment il est moralement possible de rester dans un gouvernement qui met en œuvre Oslo III, envoie des soldats se battre et déclare : nous avons renoncé à ces objectifs », a-t-elle souligné.

Le député HaTzionout HaDatit Ohad Tal assistant à une réunion de commission, à la Knesset, le 6 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le député Ohad Tal (HaTzionout HaDatit), dont le parti a émis des réserves quant à cet accord, a remercié Dieu et les soldats pour la libération des otages, mais a également insisté sur le fait que « nous ne devons pas fermer les yeux sur les graves problèmes que pose cet accord ».

« Il est de notre devoir de veiller à ce que le Hamas soit effectivement démantelé, que Gaza ne représente plus une menace pour l’État d’Israël, et c’est ce que nous ferons », a-t-il écrit sur le réseau social X.

D’autres membres du parti de Smotrich, HaTzionout HaDatit, ont exprimé un soutien prudent, notamment le député Simcha Rothman, qui a déclaré : « C’est le moment de rire et de danser dans l’espoir d’une libération rapide de tous les otages, mais il y a aussi beaucoup de raisons de pleurer. »

Il s’agit « principalement » du « retard pris dans l’application de pressions militaires en raison de diverses négociations d’accords partiels », a-t-il précisé, tout en regrettant qu’Israël n’ait pas légiféré sur la peine de mort pour les terroristes et qu’il ait fait appel au Qatar comme médiateur dans les négociations avec le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Si Dieu le veut, l’accord se concrétisera et sera respecté à la lettre, et si Israël conserve sa liberté d’action pour éliminer toute menace à sa sécurité, notre situation sera meilleure qu’avant l’accord », a-t-il poursuivi, tout en avertissant : « Il reste encore beaucoup à faire » et « il ne faut pas se bercer d’illusions ».

« L’accord a un coût et comporte des risques. »

Le président de la Commission de la Constitution, le député Simcha Rothman lors d’une discussion à la Knesset, le 8 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben Gvir a récemment menacé de quitter le gouvernement si le Hamas « continuait d’exister » une fois la libération des otages obtenue.

Le ministre Yitzhak Wasserlauf, (Otzma Yehudit), qui s’était opposé aux précédents accords de cessez-le-feu ne prévoyant pas le retour de tous les captifs, s’est également réjoui de cet accord, déclarant que « tout le monde rentrera à la maison… sans que personne ne soit abandonné ».

Montage photos (de gauche à droite) : Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, le chef de l’opposition Yaïr Lapid et le chef du parti Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, lors des réunions de leurs factions respectives de la Knesset, à Jérusalem, le 14 juillet 2025. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, l’opposition a promis au Premier ministre Benjamin Netanyahu un « filet de sécurité » politique si nécessaire pour garantir l’approbation de l’accord.

Benny Gantz, le chef du parti d’opposition Kakhol Lavan, a remercié Trump et le Premier ministre Netanyahu pour la libération imminente des otages, louant ce dernier pour « la décision importante et juste d’adopter le plan du président », tout en soulignant que « la tâche n’est pas encore terminée ».

« Parallèlement à l’excitation et à la grande attente suscitées par le retour de tous les otages, Israël doit se préparer militairement à se protéger et à garantir la mise en œuvre intégrale du cadre, y compris le désarmement du Hamas et la démilitarisation de la bande de Gaza. »

« Nos cœurs sont avec les 48 familles. Nous espérons et prions pour la libération de tous : les vivants pour qu’ils puissent retrouver leurs proches, et les morts pour qu’ils puissent être enterrés dignement en terre israélienne », avait écrit Gantz plus tôt.

Naftali Bennett, qui prépare actuellement son retour en politique, a remercié Trump pour son « implication et son dévouement sans précédent », déclarant dans un communiqué que « le cœur de tout le peuple israélien est avec les familles qui vont enfin retrouver leurs proches, vivants ou morts ». Il a également rendu hommage aux soldats et à leurs familles.

Yaïr Golan, qui dirige le parti d’opposition Les Démocrates, a remercié Trump, les soldats, les familles des otages et « les masses d’Israéliens qui sont descendus dans la rue », sans toutefois mentionner Netanyahu.

Il a préféré souligner qu’après le retour des otages, les Israéliens pourraient commencer à « reconstruire un Israël fort, démocratique et juste ».

Avigdor Liberman, le chef du parti Yisrael Beytenu, a également remercié Trump et « toutes les personnes impliquées » dans l’accord, qu’il qualifie de « matinée d’espoir et de grande joie ».

Dans un communiqué, le nouveau parti de Yoaz Hendel, HaMilouimnikim (« Les Réservistes »), a remercié les soldats pour cet accord, mais a souligné que « leur travail n’était pas terminé, car ils devaient désormais sauver le pays et le sortir de l’impasse politique ».

Le député Ayman Odeh assistant à une réunion de la faction Hadash-Taal, à la Knesset à Jérusalem, le 30 juin 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés du parti Hadash-Taal, à majorité arabe, ont salué l’accord de cessez-le-feu annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi comme la fin de ce qu’ils ont appelé un « génocide » à Gaza et ont affirmé qu’il n’y avait « aucune solution militaire » au conflit déclenché par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

« Je suis heureux que les deux parties soient parvenues à un accord sur la première étape de l’accord visant à mettre fin à la guerre. Je suis profondément heureux pour les mères qui pourront serrer leurs fils dans leurs bras, et pour les enfants qui pourront enfin embrasser à nouveau leurs parents », a écrit sur X le chef du parti, Ayman Odeh, sans préciser s’il faisait référence aux otages ou aux prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.

Odeh a été très critiqué lors du dernier accord de libération d’otages conclu au début de l’année, lorsqu’il s’était dit « heureux de la libération des otages et des prisonniers ».

« Aucune guerre n’a prouvé plus que celle-ci qu’il n’existe pas de solution militaire. À partir de là, les deux peuples doivent être libérés du joug de l’occupation. Car nous tous, chacun d’entre nous, sommes nés libres », a-t-il écrit.

Dans un communiqué, la faction Hadash du parti a salué l’accord visant à mettre fin à la « guerre criminelle d’extermination contre le peuple palestinien à Gaza et à libérer les otages et les prisonniers ».

« La fin de la guerre a été rendue possible grâce à la position héroïque et inébranlable du peuple palestinien à Gaza, qui a contrecarré le plan d’expulsion et d’extermination initié par le gouvernement israélien », a déclaré le parti, saluant les « objecteurs de conscience » au sein de l’armée israélienne.

Le député Ahmad Tibi (Hadash-Taal) a déclaré que la guerre à Gaza « doit être la dernière » et que les Israéliens et les Palestiniens doivent être libérés « du fardeau de l’occupation et du blocus ».

« Nous devons empêcher les extrémistes de ce gouvernement, frustrés par l’issue de l’accord, de mettre le feu à la Cisjordanie pour assouvir leurs illusions messianiques », a-t-il ajouté.

La députée Aida Touma-Sliman a insisté sur le fait que la fin de la guerre approche « malgré, et non grâce au gouvernement sanguinaire », et que son parti s’efforcera de le renverser tout en œuvrant pour « la libération du peuple palestinien et pour un avenir de paix et d’égalité pour les deux peuples ».

Ofer Cassif, le seul député juif du parti, a déclaré que « la grande excitation et la joie suscitées par la signature de la première phase de l’accord visant à mettre fin au génocide et à libérer les otages » sont « mêlées à une douleur et une rage terribles face à la perte de dizaines de milliers d’innocents ».

« Nous ne cesserons pas de lutter pour mettre fin à l’occupation et vaincre le fascisme en Israël », a promis Cassif.

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