Accrochage en mer de Chine méridionale : Pékin et Manille convoquent leurs ambassadeurs
Le secrétaire d'État évoque l'engagement américain "en faveur de la liberté de navigation en Asie du Sud-Est" et réaffirme le parapluie défensif des États-Unis dans la région
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La Chine et les Philippines ont convoqué mardi leurs ambassadeurs respectifs, après l’accrochage survenu près d’un îlot disputé en mer de Chine méridionale, dernier épisode d’un différend maritime ancien entre les deux voisins.
La Chine revendique la quasi-totalité des îlots de cette étendue maritime cruciale pour le commerce mondial. Ces prétentions se heurtent à celles d’autres pays riverains, comme les Philippines ou encore le Vietnam.
Ce nouvel incident s’est déroulé lundi près du récif Second Thomas, dans l’archipel des Spratleys. Des soldats philippins y sont stationnés à bord d’un navire volontairement échoué par Manille en 1999 pour affirmer sa souveraineté.
L’armée philippine accuse les garde-côtes chinois d’avoir blessé un marin philippin.
Le président Ferdinand Marcos a convoqué l’ambassadeur de Chine aux Philippines à ce propos et s’est entretenu avec lui mardi, a indiqué à la presse la porte-parole de la présidence, Claire Castro, qui n’a pas dévoilé le contenu exact de leurs discussions.
Les garde-côtes chinois ont, pour leur part, qualifié la version présentée par les Philippines de « complète inversion de la vérité ». Ils ont publié une vidéo montrant, selon eux, du personnel philippin s’approchant à vive allure dans un canot pneumatique et tentant de frapper des garde-côtes chinois avec ce qui ressemble à des rames.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué mardi avoir convoqué « d’urgence » l’ambassadeur des Philippines « pour lui adresser des protestations solennelles ».
Il affirme dans un communiqué que les Philippins à bord des canots pneumatiques « se sont approchés et ont percuté dangereusement le navire des garde-côtes chinois » et les ont « délibérément harcelés et attaqués », qualifiant ces actions de « méprisables ».
« C’est la partie philippine qui a provoqué en premier, mais elle s’est ensuite posée en victime, a déformé les faits et fait un battage médiatique malveillant sur cette affaire », a indiqué le ministère.
« Déstabilisante »
Alliés des Philippines, les États‑Unis ont dénoncé, par la voix du département d’État, les « actions dangereuses et agressives » attribuées à la Chine.
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a, elle, jugé l’attitude de Pékin « dangereuse et déstabilisante ».
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a atterri mardi matin à Manille dans le cadre d’une réunion de ses homologues de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), qui regroupe 11 pays.
Son entourage n’a pas confirmé publiquement une réunion avec son homologue chinois, Wang Yi, qui sera également présent mercredi et jeudi à Manille. Rubio a dit être ouvert à la possibilité d’une telle rencontre.
Dans une tribune publiée dans la presse philippine, le secrétaire d’État évoque l’engagement américain « en faveur de la liberté de navigation en Asie du Sud-Est » et réaffirme le parapluie défensif des États-Unis dans la région.
« Cette liberté n’est en aucun cas garantie. Si ces eaux tombaient sous le contrôle d’une puissance disposée à utiliser le commerce comme une arme géopolitique, tant les États-Unis que les États de l’ASEAN seraient confrontés à de nouvelles menaces graves pour leur souveraineté, leur sécurité et leur avenir économique », a-t-il écrit, dans une claire allusion à la Chine.
Rubio effectue sa première visite en tant que secrétaire d’État aux Philippines, où il entend réaffirmer le partenariat renforcé des États-Unis.
la Communauté du Times of Israël !







