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Alors que les anémones tapissent le sud, Darom BaLev revient pour la 2e année

Le festival annuel retrouve une forme de semi-normalité, même si les organisateurs ne se résolvent pas encore à le rebaptiser Darom Adom

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Des champs d’anémones rouges dans la forêt de Shokeda, le 20 février 2026 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Des champs d’anémones rouges dans la forêt de Shokeda, le 20 février 2026 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Les anémones rouges ont de nouveau recouvert les champs du sud d’Israël, offrant leur spectacle hivernal familier le long de la frontière de Gaza. Mais si les fleurs sont revenues, le festival qui les célèbre avance encore avec prudence.

Les 27 et 28 février marqueront les derniers jours de Darom BaLev – « Le Sud dans le cœur » – nom provisoire donné à l’événement qui était autrefois connu sous le nom de Darom Adom (« Sud rouge »).

Chaque mois de février, la région célébrait Darom Adom, lorsque champs et forêts se paraient d’écarlate. Depuis le pogrom meurtrier du 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été assassinées et 251 ont été enlevées et emmenées en otages dans la bande de Gaza, toutes issues des communautés voisines, ce nom a pris une résonance douloureuse.

« Nous savons tous que c’est Darom Adom, même si nous lui avons donné un autre nom », explique Doron Ashtan Nachmani, directrice générale de l’association touristique Shikma-Bsor, organisatrice de l’événement.

« L’année prochaine, nous espérons reprendre ce nom. Cette année, c’était encore un peu trop tôt. »

Le festival avait été annulé en 2024. En 2025, il avait fait son retour sous l’appellation Darom BaLev, dans un format plus sobre.

À la place des visites guidées, des promenades, des marchés, des événements culinaires et des courses cyclistes habituels, l’édition précédente avait été marquée par une course en hommage aux otages encore détenus à Gaza et par une marche commémorative pour les victimes.

Un camion de glaces circule dans la forêt de Shokeda le 20 février 2026 (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Cette année, alors que tous les otages, vivants comme morts, ont été libérés ou restitués, et alors qu’un fragile cessez-le-feu est également en place, les organisateurs, parmi lesquels les co-sponsors Bank Hapoalim et Keren Kayemet LeIsrael – Jewish National Fund, ont choisi de renouer avec un programme plus proche de la normale.

« La dépouille de Ran Gvili a été rapatriée la veille du début du festival, ce qui a semblé très symbolique », souligne Ashtan Nachmani, évoquant le policier tombé au combat, dernier otage à avoir été restitué.

Depuis le 30 janvier, musées et sites patrimoniaux ont rouvert leurs portes. Des montgolfières ont été préparées, des ateliers, cueillettes de fruits et balades à cheval ont été organisés ainsi que la traditionnelle Anemone Race.

Au kibboutz Beeri, Yaki Sagi et sa boulangerie Lalush ont renoué avec les paniers de pique-niques emblématiques du festival : nappes à carreaux rouges et blancs, quiches, salades et sauces, plateau de fromages de la laiterie Beeri, strudels aux pommes et babkas au chocolat.

Le panier de pique-nique festif préparé par la boulangerie Lalush du kibboutz Beeri pour Darom BaLev 2026 (Crédit : Autorisation)

« C’était très émouvant de participer cette année », confie Sagi. « J’ai le sentiment que les gens sont plus légers. Les otages sont rentrés chez eux. C’est le moment de relever la tête, de regarder vers l’avenir et d’espérer des jours meilleurs. »

Des visiteurs sont venus de tout le pays, créant un sentiment d’unité et de solidarité envers les habitants du sud.

Il est difficile d’estimer avec précision le nombre de visiteurs dans la région depuis un mois, compte tenu de sa taille, mais Ashtan Nachmani estime que quelque 200 000 personnes se seraient rendues sur place au cours des quatre dernières semaines, contre environ 300 000 les années précédentes lors du Darom Adom.

« Au cours des deux dernières années, nous avons fait tout ce que nous pouvions faire pour maintenir tout le monde uni », a-t-elle déclaré. « Cette année, en revanche, nous faisons tout notre possible pour profiter des fleurs, après avoir travaillé d’arrache-pied sur Darom BaLev sans savoir ce qui allait se passer, ni si les gens viendraient, et après les fortes pluies de janvier qui ont permis aux anémones de fleurir pleinement cette fois-ci. »

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