Annulation d’une conférence de Jean Quatremer, le journaliste dénonce une mise à l’écart politique
Il affirme que l’écosystème insoumis aurait initié une campagne de contestation à son encontre, entraînant une pression indirecte sur l’organisation de la conférence
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Le journaliste Jean Quatremer, qui travaille pour Libération depuis Bruxelles, affirme avoir été « censuré » par une structure de formation rattachée au ministère de la Transition écologique français, après l’annulation de dernière minute d’une conférence qu’il devait donner devant de hauts fonctionnaires. L’intéressé y voit une décision politique liée à une polémique récente autour de publications sur l’antisémitisme et Israël, tandis que l’administration invoque des « raisons techniques ».
Selon des éléments rapportés par le journaliste et publiés sur les réseaux sociaux, l’intervention de Jean Quatremer devait se tenir dans le cadre du Cycle supérieur du développement durable (CSDD), une formation accueillant environ soixante cadres supérieurs de l’État. Le thème prévu portait sur les « résistances internes des institutions communautaires au détricotage du Green Deal », un sujet présenté comme strictement européen et environnemental.
La conférence, programmée depuis la fin avril, aurait été annulée à la veille de l’événement par un courriel non signé, évoquant des « raisons techniques ». D’après le récit du journaliste, ce message aurait été transmis par les responsables de la formation, sans explication détaillée, tout en demandant la confidentialité de la procédure.
Toujours selon Jean Quatremer, une responsable de la session lui aurait indiqué par téléphone que la décision émanait d’une sous-direction de l’administration, craignant que sa présence ne suscite une polémique parmi les participants.
Contacté par le journaliste, le cabinet de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut n’aurait, à ce stade, pas répondu aux sollicitations.
"Canceled" ou si vous préférez "effacé" par le gouvernement français en raison de mon combat contre l'antisémitisme, je ne pensais pas connaitre ça en 2026 !
Je devais faire une conférence ce matin devant une soixantaine de hauts dirigeants qui suivent le "cycle supérieur du… pic.twitter.com/dVSY1ayJoj
— Jean Quatremer (@quatremer) June 9, 2026
L’affaire trouve son origine dans une publication datée du 29 mai sur Facebook. Jean Quatremer y avait relayé une image de l’artiste contemporain AleXsandro Palombo représentant Adolf Hitler avec un keffieh et un brassard portant le mot « hate », une œuvre satirique dénonçant l’antisémitisme dans les cercles pro-Palestine. Cette publication privée a suscité une vive controverse, notamment dans les milieux de la gauche radicale.
Dans un message sur X publié le 9 juin, le journaliste affirme que l’écosystème insoumis aurait ainsi initié une campagne de contestation à son encontre, entraînant une pression indirecte sur l’organisation de la conférence. Le mouvement La France insoumise n’a pas réagi publiquement dans les éléments fournis. Jean Quatremer a dénoncé une forme de « cancel culture » institutionnelle : « Canceled ou si vous préférez effacé par le gouvernement français en raison de mon combat contre l’antisémitisme (…) Autrement dit, le fait que je combatte l’antisémitisme (…) est considéré par le gouvernement comme un problème. »
Il affirme également que la justification officielle transmise aux organisateurs évoque des « raisons techniques », une formulation qu’il interprète comme un écran destiné à masquer une décision politique. Dans son texte, il estime que cette annulation marque un seuil inédit, dans la mesure où elle concerne une formation relevant directement d’un ministère, et non un événement privé ou universitaire.
Dans son message, le journaliste conclut en évoquant « un enchaînement de petites lâchetés » et des mécanismes de pression idéologique qu’il dit rapprocher d’une période historique sans la nommer explicitement.
Aucune confirmation indépendante des circonstances exactes de l’annulation n’a, à ce stade, été rendue publique.
la Communauté du Times of Israël !







