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Après un an de silence, l’ex-otage Shlomi Ziv raconte son sauvetage par Tsahal

Lançant une série de conférences dimanche soir, l'ex-otage du Hamas enlevé au festival Supernova le 7 octobre raconte son calvaire et l'opération menée par Tsahal pour le libérer

L'ancien otage du Hamas Shlomi Ziv raconte son calvaire et son sauvetage audacieux sur le site historique de la Vallée de Jezreel, le 27 juillet 2025. (Crédit : Shaul Rachamim)
L'ancien otage du Hamas Shlomi Ziv raconte son calvaire et son sauvetage audacieux sur le site historique de la Vallée de Jezreel, le 27 juillet 2025. (Crédit : Shaul Rachamim)

Lorsque les portes se sont ouvertes dimanche soir, à 19h30, sur le site historique de la ligne ferroviaire de la Vallée de Jezréel, à Kfar Yehoshua, la chaleur étouffante de cette journée parmi les plus chaudes de l’été n’a pas découragé les quelque 300 personnes venues écouter l’ancien otage Shlomi Ziv raconter son histoire, dans le cadre d’une série de conférences.

Ziv, 42 ans, est l’un des quatre otages libérés le 8 juin 2024 lors d’une opération audacieuse menée par le Shin Bet, l’armée israélienne et l’unité antiterroriste d’élite Yamam de la police des frontières. C’est au cours de cette opération, ensuite baptisée en son honneur, qu’Arnon Zamora, officier et chef d’équipe de Yamam, a perdu la vie.

Les participants sont venus de toute la vallée de Jezréel et au-delà, pour assister au premier d’une série d’événements publics organisés par Ziv, plus d’un an après son sauvetage spectaculaire.

« Nous devons à Shlomi de venir l’écouter », a déclaré une femme venue du kibboutz Yifat, en Galilée. « Nous sommes venus pour être témoins. »

Des rangées de chaises avaient été installées devant les bâtiments historiques du site, qui abritaient autrefois la billetterie de la légendaire ligne de chemin de fer reliant Haïfa à la péninsule arabique. À la tombée de la nuit, l’ancienne gare était baignée d’une lumière tamisée, donnant à la soirée une ambiance solennelle et propice à la réflexion.

Discrètement mais avec assurance, Ziv a pris place sur l’estrade.

Il a parlé pendant plus d’une heure, commençant par évoquer un incident traumatisant survenu pendant son service militaire, qui lui a laissé un grave syndrome de stress post-traumatique. Ce qui, a-t-il indiqué, l’avait ironiquement préparé, d’une certaine manière, à ce qu’il allait traverser après avoir été pris en otage par des terroristes du Hamas le 7 octobre. Ce jour-là, il travaillait au sein de l’équipe de sécurité du festival de musique Supernova, près du kibboutz Reim.

C’est dans le plus grand silence que le public a écouté Ziv décrire ses 246 jours de captivité aux côtés de ses compagnons d’infortune, Almog Meir Jan et Andrey Kozlov.

Les 4 otages sauvés lors d’une opération de sauvetage dans la bande de Gaza le 8 juin : Shlomi Ziv (en haut à gauche), Andrey Kozlov (en haut à droite), Almog Meïr Jan (en bas à gauche) et Noa Argamani. (Crédit : Autorisation)

Ziv a raconté le moment où il a été capturé et emmené à Gaza. « J’ai prié pour qu’un missile ou un hélicoptère de combat frappe la voiture. À ce moment-là, j’aurais préféré mourir. »

Il a parlé de la cruauté, ajoutant : « Je n’entrerai pas dans les détails plus que nécessaire », de la faim : « Une pita par jour », et des violences psychologiques : « Ils nous montraient uniquement des images d’attaques contre Israël et les soldats de l’armée israélienne. Tout était fait pour nous briser. »

En juin 2024, Ziv, Jan et Kozlov ont été extraits de la septième maison où ils étaient retenus captifs. Noa Argamani, libérée dans le cadre d’une mission parallèle, est devenue la quatrième otage à être secourue ce jour-là.

Ziv a décrit le chaos lors de la fuite : la course effrénée sous les tirs incessants alors qu’ils étaient conduits vers le véhicule de secours, le moment où ce dernier s’est enlisé dans le sable, et les 12 chars qui ont formé un cercle de protection autour d’eux jusqu’à ce qu’ils puissent être transférés en lieu sûr.

« À 11 heures, j’étais encore otage à Gaza. À 13 heures, j’étais libre », s’est-il souvenu.

Shlomi Ziv embrassant un soldat alors qu’il atterrit en Israël après avoir été sauvé de 246 jours de captivité au mains du Hamas, le 8 juin 2024. (Crédit : Unité du porte-parole de l’armée israélienne)

Témoigner pour guérir

C’est grâce à une initiative lancée en début d’année par la Society for Preservation of Israel Heritage Sites (SPIHS) intitulée « Stories that Bind Us » (Les histoires qui nous unissent) que Ziv a pu faire ses premiers pas dans l’art de l’éloquence. Cette initiative invite d’anciens otages, des survivants du festival de musique électronique Nova, des parents endeuillés et d’autres personnes touchées par les atrocités commises par le Hamas le 7 octobre 2023 à partager leurs histoires lors de réunions intimes, organisées dans des sites patrimoniaux à travers le pays.

Quelque 1 200 personnes ont été massacrées et 251 autres enlevées dans le sud d’Israël par des milliers de terroristes du Hamas, qui ont commis des actes ignobles d’agression sexuelle, de torture, de mutilation et de démembrement. Parmi elles, 378 personnes ont été tuées lors du festival de musique électronique Supernova et des dizaines d’autres ont été prises en otage.

« Ce site est un témoin vivant des histoires qui ont façonné cette terre. Ce soir, avec l’histoire de Shlomi, nous ajoutons un nouveau maillon à la chaîne des voix qui résonnent ici depuis plus de 100 ans », a déclaré Dikla Liani, responsable du site de la Vallée de Jezréel. « ‘Stories that Bind Us’, c’est exactement cela : le moment où une personne, un souvenir et un héritage se rencontrent. »

Le public réuni pour écouter Shlomi Ziv, ancien otage du Hamas, raconter son calvaire, sur le site historique de la Vallée de Jezréel, le 27 juillet 2025. (Crédit : Shaul Rachamim)

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du programme sur la résilience de SPIHS, qui propose notamment des ateliers, des activités éducatives et des rassemblements communautaires. Soutenu par le Jewish National Fund – USA, ce programme s’appuie sur le personnel éducatif qualifié du SPIHS et sur son réseau de plus de 200 sites patrimoniaux à travers Israël. Il utilise ces espaces mémoriels historique pour aider les communautés à surmonter leurs traumatismes et à renforcer leur résilience.

La soirée d’hier a été organisée en partenariat avec le Conseil régional de la Vallée de Jezreel et le ministère du Patrimoine, marquant le début d’une série de conférences que Ziv présentera sous le titre « Homeward Bound » (Retour aux sources).

Avant que Ziv ne monte sur scène, un groupe a joué quelques morceaux qu’il avait choisis. Ces titres intimistes, émouvants et parfois même entraînants, ont donné le ton d’une soirée profondément personnelle et chargée d’émotion, ponctuée de commentaires ironiques pour détendre l’atmosphère.

Un groupe joue une sélection de chansons choisies par Shlomi Ziv, ancien otage du Hamas, lors d’une conférence sur son calvaire au site historique de la Vallée de Jezréel, le 27 juillet 2025. (Crédit : Shaul Rachamim)

L’un des moments les plus forts de la soirée s’est produit pendant la séance de questions-réponses organisée à la suite du récit de Ziv. Un homme s’est levé et s’est présenté comme étant le père d’un soldat qui se trouvait dans le premier char à avoir atteint le véhicule de secours.

« Mon fils vous envoie son amour », à dit l’homme d’une voix tremblante.

Ziv, qui était resté impassible toute la soirée, a semblé visiblement ému pour la première fois.

Plus tard, une femme a posé une question qui préoccupe aussi de nombreuses personnes : « Comment devons-nous traiter les otages qui reviennent ? Que pouvons-nous faire pour vous aider à guérir ? »

Ziv lui a répondu sans la moindre hésitation.

« Vous faites déjà tout ce qu’il faut », a-t-il confié. « La population a été formidable. Nous nous sentons acceptés. Nous nous sentons aimés. »

L’ancien otage du Hamas Shlomi Ziv s’entretient avec des membres du public après avoir raconté son calvaire sur le site historique de la Vallée de Jezréel, le 27 juillet 2025. (Crédit : Shaul Rachamim)

Il a marqué une pause, puis ajouté : « Merci de m’avoir donné l’occasion de raconter mon histoire. C’est comme ça que je réussirai à guérir. »

Après la conférence, les parents du soldat ont rejoint Ziv au pied de la scène. Ils lui ont montré une courte vidéo de leur fils, filmée juste après la mission de sauvetage : couvert de poussière, rayonnant, il criait : « Je suis tellement heureux ! »

Ziv est resté silencieux un moment, submergé par l’émotion. « Transmettez-lui toute mon affection », a-t-il finalement articulé. « Remerciez-le de ma part. »

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