Araghchi impute à Israël l’annulation de sa venue à Davos en raison des répressions meurtrières
Le ministre iranien des Affaires étrangères publie une vidéo affirmant que les manifestations anti-régime étaient une "opération terroriste" du Mossad ; Isaac Herzog riposte : le régime n'est "pas en mesure de donner des leçons de morale"
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Lundi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a imputé à des « pressions » israéliennes la décision du Forum économique mondial d’annuler sa venue prévue au sommet de Davos, en raison de la répression de la contestation en Iran.
Le Forum avait indiqué lundi qu’il jugeait « inappropriée » la présence de Araghchi, invité à l’automne, au vu « de la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines ».
Le ministre devait prendre la parole mardi à Davos.
Araghchi a imputé cette décision à des « mensonges et des pressions politiques exercés par Israël et ses mandataires […], basés aux États-Unis », sur le réseau social X.
Il a accusé le Forum économique mondial d’appliquer « deux poids, deux mesures » en invitant des représentants israéliens alors que la guerre fait rage dans la bande de Gaza, y voyant une « dépravation morale et une faillite intellectuelle ».
Le président israélien, Isaac Herzog, doit s’exprimer jeudi à Davos, selon le programme du Forum économique mondial.
President @Isaac_Herzog: “The same murderous Iranian regime massacring its own people day after day, executing innocent women and men for daring to call for their freedom, and spreading terror and death across the Middle East is in no position to lecture others on 'morality.'… https://t.co/RMqHJSOpXY
— Office of the President of Israel (@IsraelPresident) January 20, 2026
Dans un communiqué publié par son bureau, Herzog a répondu à Araghchi en ces termes : « Le même régime iranien meurtrier qui massacre son propre peuple jour après jour, exécute des femmes et des hommes innocents pour avoir osé réclamer leur liberté et sème le terrorisme et la mort à travers le Moyen-Orient n’est pas en mesure de donner des leçons de ‘morale’ aux autres. »
« La condamnation internationale du régime iranien n’est pas le résultat d’une pression politique, mais d’une vérité simple et indéniable : le régime iranien est la tête du serpent qui arme, finance et dirige le Hamas, le Hezbollah et d’autres groupes terroristes commettant des crimes contre l’humanité », poursuit le communiqué.
« Alors que le président Herzog représente une démocratie qui défend ses citoyens et le monde libre contre le terrorisme meurtrier, le ministre iranien des Affaires étrangères représente un régime brutal et tyrannique qui tente de masquer ses crimes odieux par une rhétorique creuse. »
Bien que les manifestations aient été déclenchées le 28 décembre par les commerçants du Bazar de Téhéran en raison de l’effondrement du rial, elles ont rapidement pris un caractère clairement anti-régime, et parfois même pro-monarchie.
Le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique, les manifestants ont été réprimés dans le sang, faisant des milliers de morts selon des ONG.
Araghchi a également publié sur X une vidéo dans laquelle il affirme que la mobilisation était une « opération terroriste » orchestrée par l’agence de renseignement du Mossad.
Les autorités iraniennes accusent également les États-Unis d’avoir manipulé le mouvement anti-régime.
Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), citée par l’ONU, au moins 3 428 manifestants ont été tués, mais d’autres estimations font état de plus de 5 000 morts, voire jusqu’à 20 000.
« Le nombre de manifestants tués pourrait dépasser même les estimations médiatiques les plus élevées », a affirmé lundi Mahmood Amiry-Moghaddam, le directeur de l’IHR, dénonçant « l’un des plus grands massacres de manifestants de notre époque ».
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