Archevêque catholique de Washington : La guerre contre l’Iran n’est pas « moralement légitime »
Le cardinal Robert W. McElroy estime que cette guerre ne répondait pas à trois des six critères utilisés par l'Église catholique pour déterminer la moralité d'un conflit armé
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Mardi, l’archevêque catholique de Washington a indiqué que la campagne américaine contre la République islamique d’Iran ne répondait pas aux critères d’une guerre juste.
« Le régime de Khamenei est un gouvernement brutal et répressif depuis des décennies, qui a propagé le terrorisme à travers le monde et qui devrait être remplacé », a déclaré le cardinal Robert W. McElroy dans une interview accordée au Catholic Standard, la revue du diocèse de Washington, dont la version papier paraîtra le 12 mars.
Il a toutefois souligné que la guerre ne répondait pas à trois des six critères utilisés par l’Église catholique pour déterminer la moralité d’un conflit armé.
McElroy a affirmé que la guerre ne répondait pas au critère de cause juste, car « notre pays ne répond pas à une attaque existante ou imminente et objectivement vérifiable de la part de l’Iran », et qu’il s’agissait donc d’une guerre préventive.
Il a également soutenu que la guerre ne répondait pas au critère de l’intention juste, car ses objectifs n’étaient pas clairs : « Vous ne pouvez pas satisfaire au critère de l’intention juste, dans la tradition de la guerre juste, si vous n’avez pas d’intention claire. »
Enfin, l’archevêque a affirmé qu’il n’était pas certain que les avantages potentiels de la guerre l’emportent sur les dommages causés.
« La guerre a déjà eu des conséquences imprévues. La décision moralement condamnable de l’Iran de prendre pour cible ses voisins dans la région a élargi l’étendue des destructions », a-t-il indiqué.
Selon Mgr McElroy, les États-Unis ont, au contraire, « été victimes d’une logique guerrière ces dernières années, notamment au Moyen-Orient », avec un « risque immense » de « pertes humaines considérables de part et d’autre ».
« Le Liban pourrait sombrer dans la guerre civile. L’approvisionnement mondial en pétrole est soumis à une pression considérable. La désintégration potentielle de l’Iran pourrait engendrer de nouvelles réalités dangereuses. Et le risque de pertes humaines massives est élevé de tous les côtés. »
« Pour toutes ces raisons, l’enseignement catholique en arrive à la conclusion que notre entrée dans cette guerre n’était pas moralement légitime », a-t-il estimé.
Samedi, un autre cardinal américain de premier plan, Blase Cupich, a qualifié « d’écœurant » et « de terrifiant » un montage vidéo de la Maison Blanche mêlant des extraits de films hollywoodiens à des images réelles de frappes sur l’Iran.
Ces deux prises de position tranchent avec la retenue affichée par le pape Léon XIV, qui n’a pas condamné directement les frappes menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique depuis le 28 février.
Ces dernières semaines, le premier pape américain a choisi de déléguer à la hiérarchie de l’Église catholique les réactions les plus fortes face aux tensions aux États-Unis et à la politique de Donald Trump.
Le Saint-Siège maintient traditionnellement une neutralité diplomatique. Mais son numéro deux, le cardinal italien Pietro Parolin, a dénoncé la semaine dernière le concept de « guerre préventive », qui risque « d’embraser le monde entier ».
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