Assassinat de Samuel Paty : Qui sont les 4 accusés qui seront rejugés ?
Sur les 8 personnes condamnées en première instance pour le meurtre du professeur en octobre 2020, 4 ont fait appel et seront rejugées par la cour d'assises d'appel spéciale de Paris
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Sur les huit personnes condamnées en première instance pour l’assassinat du professeur Samuel Paty en octobre 2020, quatre ont fait appel et seront rejugées à partir de lundi par la cour d’assises d’appel spéciale de Paris.
À l’issue du premier procès, deux d’entre elles avaient été reconnues coupables de complicité d’assassinat terroriste et deux autres d’association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Brahim Chnina
De nationalité marocaine, Brahim Chnina, 54 ans, est le père de la collégienne à l’origine de la polémique sur des cours dispensés par Samuel Paty et sa présentation de caricatures de Mahomet.
Co-fondateur de l’association Aide-Moi, qui vient en aide aux personnes à mobilité réduite pour se rendre notamment en pèlerinage à La Mecque, il est accusé d’avoir lancé, avec Abdelhakim Sefrioui, une vaste campagne de cyberharcèlement contre le professeur.
Les 7 et 8 octobre 2020, il a publié des vidéos visant à stigmatiser Samuel Paty et à le désigner comme une cible, ainsi que des informations précises sur son identité et son lieu de travail.
Entre le 9 et le 13 octobre, Brahim Chnina a eu neuf contacts téléphoniques avec Abdoullakh Anzorov, l’assassin abattu par la police juste après avoir commis son crime, le 16 octobre 2020.
En première instance, il a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste.
Les magistrats ont retenu « le rôle central » qu’il avait joué « dans l’enchaînement causal » ayant conduit à l’assassinat du professeur. Sa défense assure qu’il n’a « jamais participé à la moindre entreprise terroriste ».
Abdelhakim Sefrioui
Abdelhakim Sefrioui, Franco-Marocain de 66 ans ans, est un activiste islamiste radical, fondateur du collectif pro-Hamas Cheikh Yassine, dissous le 21 octobre 2020 et ennemi de l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi.
Il est accusé d’avoir participé, avec Brahim Chnina, à l’élaboration et à la diffusion de vidéos présentant des informations fausses ou déformées destinées à susciter un sentiment de haine à l’égard de Samuel Paty.
Comme Brahim Chnina, il a été condamné en première instance pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, et a écopé de 15 ans de réclusion criminelle.
Ses avocats dénoncent ce qu’ils appellent une « anomalie absolue », et soulignent qu’Abdelhakim Sefrioui et Abdoullakh Anzorov ne se connaissaient pas.
Naïm Boudaoud
Ce Français de 24 ans est l’un des deux accusés, avec Azim Epsirkhanov, condamnés en première instance à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat terroriste.
La veille de l’attentat, il a véhiculé Abdoullakh Anzorov, en compagnie de son co-accusé, dans une coutellerie de Rouen afin qu’il achète un couteau correspondant à celui retrouvé à proximité du corps. Le jour de l’assassinat, il a accompagné Anzorov dans un magasin de Cergy (Val-d’Oise) pour acheter des pistolets à billes et des billes d’acier.
Pour les juges de première instance, il a apporté « un soutien effectif » à l’assassin, alors qu’il était « parfaitement conscient » de sa dangerosité et de sa radicalisation.
Azim Epsirkhanov
Ce Russe d’origine tchétchène de 25 ans est arrivé en France en décembre 2010.
Ami d’enfance d’Anzorov, qu’il a rencontré au collège en 2013, il « n’a pas hésité à lui apporter son aide dans les jours précédant immédiatement le passage à l’acte, en recherchant une arme de poing, en participant à l’achat d’une arme blanche retrouvée sur les lieux des faits et en s’occupant activement des démarches destinées à acheminer Anzorov à Conflans-Sainte-Honorine le jour des faits », ont développé les juges de première instance dans leurs motivations.
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