Au G7, Marco Rubio prié de clarifier la stratégie américaine sur l’Iran
Les inquiétudes grandissent en particulier sur les conséquences de la quasi paralysie du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole
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Les alliés du G7 pressaient vendredi le secrétaire d’État américain Marco Rubio de clarifier la stratégie de la Maison Blanche sur l’Iran, près d’un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient qui affecte durement l’économie mondiale.
Les inquiétudes grandissent en particulier sur les conséquences de la quasi paralysie du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole, et qui a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures.
Après avoir manqué le premier jour de la réunion du G7, Marco Rubio est arrivé vendredi matin à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, un ancien monastère transformé en complexe hôtelier luxueux à une cinquantaine de kilomètres de Paris, pour des discussions marathons avec ses homologues des principales démocraties industrialisées.
Avant même le début des entretiens, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a demandé aux États-Unis d’éclaircir leur position sur ce conflit débuté le 28 février par des frappes aériennes américano-israéliennes, dans lesquelles ont péri de nombreux responsables de la République islamique iranienne dont le guide suprême Ali Khamenei.
« Notre collègue Rubio pourra peut-être aujourd’hui nous expliquer plus précisément » ce qu’il en est, a ainsi déclaré Johann Wadephul à la radio Deutschlandfunk, exhortant les alliés à trouver une « position commune » avec les États-Unis.
Si le président américain Donald Trump a répété à plusieurs reprises que des discussions étaient en cours avec Téhéran, les détails restent flous.
Jusqu’ici, les alliés du G7 de Washington ont clairement signalé qu’ils ne souhaitaient pas être entraînés dans ce conflit régional.
Et la ministre britannique Yvette Cooper a de nouveau défendu « l’approche défensive ».
Jeudi, Donald Trump a dit repousser au 6 avril son ultimatum concernant des frappes sur les installations énergétiques iraniennes après l’avoir déjà repoussé de quelques jours.
Du côté iranien, la confusion règne également sur la réalité de négociations avec les Etats-Unis.
Si tous les pays du G7 sont des alliés proches des États-Unis, aucun n’a clairement apporté son soutien à l’offensive contre l’Iran, une posture qui irrite le président américain.
Marco Rubio n’a ainsi pas manqué de marquer la déception de Washington avant son départ pour la France.
« Pour le monde »
La ministre britannique des Affaires étrangères a appelé vendredi à « une résolution rapide » pour rétablir la stabilité régionale, relayant les inquiétudes concernant le blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui a fait grimper les prix mondiaux du pétrole.
Des centaines de navires sont actuellement bloqués.
« Franchement, l’Iran ne devrait pas pouvoir prendre en otage l’économie mondiale au moyen d’un détroit par lequel passent les routes maritimes internationales », a tancé Yvette Cooper.
Marco Rubio avait lui souligné jeudi qu’il était « dans l’intérêt » de tous les pays du G7 de pousser à la réouverture du détroit d’Ormuz.
A propos des discussions avec l’Iran, il y a, selon lui, « des pays intermédiaires qui font passer des messages, et des progrès ont été réalisés ».
Il s’agit du premier déplacement à l’étranger du secrétaire d’Etat américain depuis que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre.
Marco Rubio a aussi justifié cette guerre, arguant que le président américain ne rendait « pas seulement service aux États-Unis et à notre peuple ». « C’est pour le monde ».
Contrairement au protocole habituel, et signe de la divergence de vues entre Washington et leurs alliés, il n’y aura pas de communiqué conjoint à l’issue de la réunion vendredi.
A la place, la présidence du G7, assurée cette année par la France, publiera une déclaration, a indiqué une source diplomatique.
Outre le Moyen-Orient, les ministres européens et canadien ont renouvelé leur soutien appuyé à l’Ukraine en présence du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha.
La France souhaite élargir le périmètre du club élitiste du G7 — dont les origines remontent au premier sommet du G6 tenu tout près de l’Abbaye, au château de Rambouillet, en 1975 — et qui réunit aujourd’hui le Canada, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Outre le chef de la diplomatie ukrainienne, elle a ainsi invité les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l’Inde, ainsi que de l’Arabie saoudite et de la Corée du Sud.
Cette réunion prépare enfin un sommet du G7 prévu en juin à Evian, sous la présidence d’Emmanuel Macron.
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