Aurore Bergé veut sanctionner les accusations abusives de génocide visant les Juifs
Face à une explosion de l’antisémitisme, Aurore Bergé alerte sur une inversion des responsabilités et une radicalisation du discours antisémite, notamment dans les milieux étudiants
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Invitée ce mardi 22 juillet sur Franceinfo, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a défendu une proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan. Le texte vise à qualifier l’abus d’accusation de génocide comme une forme de contestation de crime contre l’humanité, et donc passible de sanctions.
Depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la ministre a constaté une explosion des actes et discours antisémites dans les démocraties occidentales, notamment en France. Elle alerte ainsi sur un « risque de ré-enracinement profond » de cette haine, dans un climat de tensions exacerbées.
« L’antisémitisme ne se limite plus à des insultes comme ‘sale juif’. Aujourd’hui, il prend la forme d’une accusation directe : on empêche un étudiant d’entrer dans un amphi en le traitant de génocidaire », a-t-elle expliqué. Selon elle, accuser les Juifs d’être collectivement responsables d’un génocide à Gaza participe d’une nouvelle rhétorique visant à délégitimer leur existence même.
La ministre dit avoir vu monter une forme d’inversion des responsabilités : « C’est comme si, après le 7 octobre, les auteurs devenaient les victimes, et les victimes les bourreaux ». Elle s’inquiète de la banalisation de ces discours, en particulier dans les milieux universitaires et sur les réseaux sociaux, où les mots « apartheid », « colonisation » ou « génocide » sont, selon elle, « instrumentalisés pour justifier l’antisémitisme ».
La proposition de loi, encore à l’étude, entend encadrer ces dérives en élargissant le cadre juridique actuel autour de la négation des crimes contre l’humanité. L’objectif, selon ses défenseurs, est de protéger les victimes d’accusations diffamatoires et de prévenir l’importation des conflits étrangers sur le sol français.
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