Australie : Le slogan « Tous les sionistes sont des terroristes » est illégal, dit la justice
Le représentant de la communauté juive de Melbourne est parvenu à convaincre la justice que ce slogan dépasse le cadre du discours politique et incitant à la haine à l'égard des Juifs
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un tribunal de l’état australien de Victoria a statué jeudi que le slogan « Tous les sionistes sont des terroristes » qui avait été scandé lors d’un rassemblement dans le centre de Melbourne constituait une diabolisation raciale et religieuse. Il a estimé que ce slogan visait largement le peuple juif et qu’il ne servait pas d’expression de protestation politique légitime contre la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza, ont rapporté les médias australiens.
Menachem Vorchheimer, l’avocat de la communauté juive de Melbourne, a intenté un procès contre Hash Tayeh, ancien propriétaire de la chaîne de restaurants Burgertory et militant anti-israélien et pro-palestinien de premier plan, qui avait lancé ce slogan lors d’un rassemblement en mai 2024.
« Le fait d’être qualifié de ‘terroriste’, un terme péjoratif, pour quelque chose dont je ne suis pas responsable, et le fait que cela soit considéré comme normal est pour moi quelque chose de déchirant et de destructeur », a dit Vorchheimer, selon des documents du verdict qui ont été émis par le tribunal civil et administratif de Victoria. « Je me suis senti déshumanisé. Je me suis senti au plus bas. Je ne me sens plus en sécurité dans le centre-ville de Melbourne, étant donné qu’on peut tout à fait m’identifier comme juif ».
Tayeh, de son côté, avait affirmé que le slogan visait le gouvernement israélien et ses partisans, et non le peuple juif, et que les chants de protestation sont nécessairement des simplifications provocantes de positionnements politiques.
Une défense qui a toutefois été rejetée par la Cour qui a estimé qu’en vertu de la loi de 2001 sur la tolérance raciale et religieuse et dans la mesure où une grande majorité des Juifs australiens s’identifient comme sionistes, le slogan ne faisait pas de distinction significative entre idéologie politique et identité personnelle, ce qui équivalait à inciter à la haine contre un groupe racial et religieux.
« Il n’y a pas de droit à un slogan de rassemblement accrocheur », a dit le magistrat My Anh Tran dans son jugement, rejetant l’argument avancé par Tayeh qui prétendait que ce slogan faisait partie intégrante d’un discours politique par ailleurs protégé par la loi.
I welcome the decision of Her Honour Vice President Judge Tran that Mr Tayeh’s initiating a chant “All Zionists are terrorists” incited hatred against Jewish people on the ground of race and religious belief
This case affirms that freedom of speech in Australia is not absolute pic.twitter.com/qFnidLR3QP
— Menachem Vorchheimer (@MenachemV) February 26, 2026
Le Jewish Center for Law and Justice, un groupe de veille australien de l’antisémitisme, a salué cette décision, sa directrice-générale, Alessandra Steele, évoquant une décision historique qui « trace une ligne importante ».
Elle a expliqué que pour la majorité des Juifs australiens, le sionisme est un élément central de leur identité, fondé sur des liens culturels, religieux et familiaux qui sont entretenus avec Israël – ajoutant que qualifier tout un groupe de terroristes « revient à inverser les rôles de victime et d’agresseur, incitant à la haine et à la division ».
Une audience préliminaire, qui aura lieu le 25 mars, déterminera quelles mesures, le cas échéant, pourront être imposées. Vorchheimer a demandé au tribunal d’interdire à Tayeh de répéter le slogan, d’ordonner une reconnaissance publique et des excuses, et d’ordonner le versement de 20 000 dollars australiens à une organisation caritative choisie par ses soins.
Tayeh, qui n’était pas présent au tribunal, fait également l’objet de poursuites pénales distinctes en vertu de la loi sur les infractions sommaires pour avoir, semble-t-il, tenu des propos insultants en public lors d’un autre rassemblement deux semaines plus tôt — une affaire dans laquelle ses avocats ont soulevé des questions constitutionnelles concernant la liberté implicite de communication politique. Cette procédure est toujours en cours.
Il a plaidé non coupable.
La communauté juive d’Australie a été l’une des plus touchées par la vague d’antisémitisme qui a déferlé sur le monde depuis que le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, l’attaque sanglante qui a déclenchéla guerre de Gaza.
L’Australie a connu une succession de défilés et de manifestations pro-palestiniennes et anti-israéliennes qui ont été accompagnées de discours antisémites, ainsi que des attaques contre des synagogues, des écoles et des habitations. Il y a notamment eu une attaque terroriste perpétrée à l’occasion d’une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney, qui a fait 15 morts ; un attentat à la bombe incendiaire qui a pris pour cible une synagogue de Melbourne, deux infirmiers qui ont menacé de tuer des patients juifs dans leur hôpital, et la découverte par les forces de l’ordre d’une remorque remplie d’explosifs, qui aurait été destinée à lancer une attaque qui aurait été susceptible de faire de nombreuses victimes dans une synagogue de Sydney.
la Communauté du Times of Israël !







