Belgique : Émotion après le renvoi de l’IHRA de l’historien Joël Kotek
Le limogeage de Joël Kotek de l'International Holocaust Remembrance Alliance, à l'origine d'une définition très usitée de l'antisémitisme, suscite la controverse dans un pays secoué par l'antisémitisme
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Après plus de quinze années de participation, le professeur et historien Joël Kotek a été écarté de la délégation belge auprès de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA). Cette mise à l’écart, signifiée par courrier, suscite l’indignation de plusieurs figures politiques et associatives.
Les États membres de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA) ont adopté en 2016 une définition opérationnelle de ce qui constitue un acte antisémite – définition contestée par certains acteurs pour lesquels l’inclusion de certaines formes de critiques d’Israël risque de restreindre un débat politique légitime.
Selon le média belge 21 News, mercredi, l’Institut Jonathas, défavorable à la seule prise en compte des formes « anciennes » ou consensuelles de l’antisémitisme au détriment de ses manifestations actuelles, a publié un communiqué faisant part de sa « consternation » et rendant hommage au parcours de Joël Kotek, « historien reconnu internationalement » et impliqué depuis longtemps dans les questions de transmission de la mémoire de la Shoah et de la lutte contre les discours de haine.
Selon la sénatrice belge Viviane Teitelbaum, cofondatrice avec Joël Kotek de l’Institut Jonathas, interrogée par i24NEWS, la décision est « choquante » et « très préoccupante ». Le point de bascule aurait eu lieu lors d’une récente session plénière de l’IHRA organisée à Jérusalem.
Joël Kotek y aurait présenté un rapport détaillé sur la très forte augmentation des actes antisémites en Belgique depuis le pogrom du 7 octobre 2023. Lors de sa présentation à l’IHRA, l’universitaire avait listé de manière factuelle des incidents survenus tant en Flandre que dans la Fédération de Wallonie-Bruxelles.
« Tant qu’il s’agit de l’antisémitisme d’extrême droite, il n’y a pas de problème à le nommer », a déclaré Viviane Teitelbaum au micro d’i24NEWS.
« Il faut nommer les choses comme elles sont », a-t-elle conclu, déplorant une situation qu’elle juge « très préoccupante ».
Viviane Teitelbaum formule en outre des critiques à l’égard de l’évolution fonctionnelle de la représentation de la Belgique à l’IHRA, dont elle regrette l’orientation désormais plus technique et administrative, jugeant qu’elle s’éloigne de sa mission première de lutte active contre l’antisémitisme.
La Licra a fait part de son « soutien ». « Cette décision, qui semble sanctionner son courage à dénoncer l’antisémitisme contemporain en Belgique, est profondément choquante. La Licra dénonce une atteinte à la liberté intellectuelle et à la vigilance démocratique, essentielles pour combattre toutes les formes de haine. Elle réaffirme l’importance de protéger les experts qui alertent sur les réalités préoccupantes et souligne que cette éviction affaiblit la lutte contre l’antisémitisme, » lit-on sur le réseau social X.
Au-delà des chiffres alarmants de l’antisémitisme en Belgique, documentés par le rapport 2025 de l’organisation Antisemitisme.be, qui a conclu à une hausse de 80 % des actes antisémites par rapport à 2024 – un record depuis la création de la plateforme, l’European Jewsih Association a envoyé, fin mai, une lettre aux autorités belges et européennes les pressant d’intervenir suite à des poursuites engagées par les tribunaux d’Anvers contre des mohalim, estimant que « les Juifs ne sont plus les bienvenus en Belgique ».
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