Ben Gurion parmi les aéroports les plus perturbés au monde après une grève sauvage
Le débrayage, provoqué par une pénurie de personnel, a entraîné annulations et retards et il a coûté quelque 30 M de shekels ; un responsable du Likud dénonce une manœuvre politique
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Près de 24 heures après une grève sauvage qui a provoqué de nombreuses annulations, le trafic restait fortement perturbé vendredi matin à l’aéroport Ben Gurion, où les vols au départ accusaient des retards de 70 à 90 minutes en moyenne, les plus importants enregistrés dans le monde.
Tous vols confondus, au départ comme à l’arrivée, Ben Gurion se classait au 10ᵉ rang des aéroports les plus perturbés au monde, selon les données de Flightradar24.
L’aéroport devrait retrouver un fonctionnement normal au cours du week-end, même si les employés ont déjà repris le travail dès jeudi en milieu d’après-midi.
Cette « grève surprise », que le syndicat Histadrout a nié avoir organisée, a fait suite aux plaintes des employés concernant une pénurie de personnel face à l’afflux de passagers pendant la période très chargée des vacances d’août. Les employés ont déserté les comptoirs d’enregistrement et les vols à l’arrivée ont été suspendus, entraînant d’importants retards.
Le ministère des Finances a estimé le coût de la grève à environ 30 millions de shekels, selon les médias israéliens.
Yiftach Ron-Tal, directeur de l’Autorité des aéroports, a déclaré jeudi au site d’information Ynet qu’il était « heureux d’annoncer que l’aéroport reprend son fonctionnement normal, et même au-delà. Nous augmentons progressivement le nombre de vols au départ et allons le doubler dans les prochaines heures ».
« J’ai bon espoir que d’ici demain matin, nous aurons atteint un stade où l’aéroport fonctionnera normalement », a-t-il ajouté.
Une compagnie aérienne israélienne, qui a souhaité rester anonyme, a déclaré jeudi soir à Kan qu’il faudrait environ 24 heures pour que la situation revienne à la normale à l’aéroport.
Jeudi devait être la journée la plus chargée des douze derniers mois, avec quelque 107 000 passagers attendus à l’aéroport et plus de 600 décollages et atterrissages prévus.
À la suite de cette grève sauvage, le Likud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a exclu de ses rangs Pinchas Idan, dirigeant syndical des employés de l’aéroport.
Des sources au sein du Likud ont affirmé au site d’information Ynet que la grève visait à nuire au Premier ministre et à la ministre des Transports, Miri Regev, qui s’étaient tous deux rendus à l’aéroport mercredi et avaient fait l’éloge de ses employés.
« Aucun conflit social n’avait été déclaré », a affirmé un haut responsable du parti. « Il n’y a eu ni menaces ni mesures préliminaires qui auraient pu laisser présager une grève d’une telle ampleur. Il s’agissait donc clairement d’une tentative de nuire à Regev et, indirectement, à Netanyahu », a-t-il affirmé.
La chaîne N12 a toutefois rapporté jeudi que la grève était en réalité initialement prévue pour mercredi, mais qu’elle avait été reportée en raison de la visite des deux responsables. À l’issue de cette visite, Regev s’est envolée pour le Maroc pour un voyage « privé » de sept jours en compagnie de hauts responsables de son ministère.
Idan a imputé la grève à une pénurie chronique de main-d’œuvre et a déclaré avoir écrit à Regev en juin pour l’avertir que « le problème tient avant tout à une grave pénurie de personnel ». Il avait notamment souligné que l’Autorité des aéroports avait décidé de licencier 250 travailleurs temporaires alors que les équipes, même au complet, étaient déjà débordées.
Keren Turner, ancienne directrice générale du ministère des Transports et du ministère des Finances, et candidate sur la liste du parti BeYahad aux prochaines élections nationales, a écrit jeudi sur X « qu’en général, la population israélienne ne se rend pas compte à quel point elle souffre de la médiocrité des services publics. Aujourd’hui, elle en a un exemple concret ».
« À tous ceux qui sont actuellement bloqués à Ben Gurion, pris dans un embouteillage ou qui attendent depuis des heures un bus qui n’arrive pas : sachez que les choses ne doivent pas se passer ainsi. On nous a habitués à un gouvernement qui normalise l’idée qu’il ne peut rien résoudre, mais bientôt, les choses seront différentes », a-t-elle écrit.
Le chef du parti BeYahad, Naftali Bennett, a rejoint Turner à l’aéroport et il a déclaré aux médias que « Ben Gurion est en plein chaos à cause de ce gouvernement chaotique. La situation que vous voyez ici est extrêmement pénible, et elle n’est pas le résultat d’une catastrophe naturelle, mais d’un gouvernement qui est lui-même une catastrophe. »
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