Ben Gvir doit autoriser la promotion d’un officier malgré leur désaccord politique
Au ministre qui bloque la promotion de Ruti Hauslich en raison d'un désaccord politique, Gil Limon dit qu'il n'est pas le "super commissaire" de la police
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Le bureau de la procureure générale a envoyé dimanche une lettre au ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, dans laquelle il exhorte le ministre d’extrême droite à ne plus se comporter comme le « super commissaire » de la police et à cesser de bloquer la promotion d’un officier de haut rang qui aurait ouvertement exprimé son désaccord avec lui lors de réunions.
Dans ce courrier, Gil Limon, adjoint de la procureure générale Gali Baharav-Miara et auteur de la missive, faisait référence à des informations selon lesquelles Ben Gvir ferait obstacle à la promotion du commissaire principal Ruti Hauslich, une détective chevronnée.
Hauslich, selon le quotidien Haaretz, a exprimé à plusieurs reprises des positions contraires à celles de Ben Gvir lors de différentes discussions avec le ministre, notamment quant à la gestion par les forces de l’ordre des infractions d’incitation à la haine.
« Vous n’êtes pas censé endosser le rôle de ‘super commissaire’, et vous n’êtes pas le commandant des policiers », peut-on lire dans la lettre, selon Ynet.
« Vous n’êtes pas autorisé à ‘punir’ des agents pour leur travail simplement parce qu’il ne vous convient pas », ajoute-t-elle.
« Votre comportement soulève de sérieuses inquiétudes », poursuit la lettre de Limon, « dans la mesure où il affecte la capacité à maintenir l’indépendance de la police israélienne, ainsi que son caractère d’organisme étatique et apolitique ».
Ben Gvir, dans une publication sur le réseau social X, a balayé le contenu de la lettre : « Je t’ai entendue, Gali. Je n’accepte pas ton conseil. Nous continuons à avancer, avec toute l’énergie dont nous disposons. »
Ce refus de Ben Gvir d’approuver la promotion d’un officier de police, pour des raisons apparemment personnelles, n’est pas le premier. Depuis l’année dernière, il refuse de promouvoir la surintendante de police Rinat Saban, de la division des enquêtes et des renseignements, qui a témoigné contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans son procès pour corruption.
C’est traditionnellement le ministre en charge de la police qui approuve les promotions des officiers. Une signature qui était toutefois considérée comme une simple formalité jusqu’à la nomination de Ben Gvir.
Le chef de la police Danny Levy, qui cherchait à promouvoir la surintendante, a fait valoir en novembre, dans un document judiciaire, que le refus de Ben Gvir d’apposer sa signature finale « pourrait semer la peur parmi les policiers qui témoignent dans le cadre d’enquêtes criminelles ».
Baharav-Miara, en juillet, a accusé Ben Gvir d’avoir pris en compte des considérations politiques dans sa décision de bloquer la promotion de Saban, qualifiant alors le comportement du ministre de « très inhabituel et sans précédent par rapport aux promotions policières passées ».
Dans une lettre adressée au ministre d’extrême droite, elle l’a mis en garde contre le fait que son comportement était « non seulement inapproprié, mais également constitutif d’abus de pouvoir », l’enjoignant à signer immédiatement la promotion de Saban, sa signature n’étant qu’une simple formalité et ne lui conférant aucun pouvoir réel sur le processus de promotion.
La Haute Cour de justice procède actuellement à l’examen de requêtes demandant à Netanyahu de limoger Ben Gvir de son poste de ministre de la Sécurité intérieure.
Baharav-Miara a apporté son soutien à cette demande, exhortant la cour, début janvier, à contraindre le Premier ministre « à expliquer les raisons pour lesquelles il ne démettait pas le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir de ses fonctions ».
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