Bono et U2 condamnent fermement l’action militaire israélienne à Gaza
Le célèbre groupe de rock accuse Israël de faire de la faim de civils innocents une arme de guerre et de créer une « crise humanitaire » dans sa guerre contre le Hamas
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Bono et d’autres membres du légendaire groupe de rock irlandais U2 ont publié une critique acerbe de la guerre d’Israël contre le Hamas à Gaza et condamné ce qu’ils qualifient de crise humanitaire doublée d’une campagne militaire israélienne disproportionnée et brutale dénuée de toute vision politique.
Le groupe est loin d’être le premier à prendre position contre les actions militaires israéliennes : des centaines d’artistes israéliens à avoir signé une pétition la semaine dernière.
La publication de U2, publiée sur le site Internet du groupe irlandais ainsi que sur ses comptes de réseaux sociaux reprenant les déclarations des quatre membres du groupe (Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Jr.), commence par quelques réflexions sur les atrocités commises par le Hamas le jour où il a lancé sa guerre contre Israël le 7 octobre 2023 – ce que Bono a, à plusiers reprises, qualifié de « mauvaises choses » – avant de condamner Israël en raison de la crise humanitaire induite à Gaza.
« Le blocage de l’aide humanitaire et, aujourd’hui, les projets de prise de contrôle militaire de la ville de Gaza conduisent ce conflit vers l’inconnu », explique le groupe dans son communiqué commun. « Nous ne sommes pas experts dans la politique de la région, mais nous voulons que notre public sache ce que nous pensons. »
Selon Bono, leader du groupe et militant humanitaire de longue date, les images des enfants affamés dans la bande de Gaza lui rappellent l’Ethiopie, pays dans lequel il s’était rendu en compagnie de son épouse Ali suite à la participation de U2 à Live Aid, en 1985.
« Une autre famine causée par l’homme », a écrit Bono.
Bono a rappelé le choc ressenti lorsqu’il a entendu parler du pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023.
Lors d’un concert à Las Vegas, le lendemain, « je n’ai pas pu m’empêcher d’exprimer la douleur que tout le monde dans la salle ressentait et ressent toujours, musiciens comme fans », confie Bono dans le communiqué.
Lors de ce concert, Bono avait dédié le célèbre morceau du groupe « Pride (In the Name of Love) » à « ces beaux enfants de ce festival musical », en en changeant les paroles pour dire « Tôt le matin, le 7 octobre / Le soleil se lève dans le ciel du désert / Étoiles de David, ils ont pris votre vie / Ils ne pouvaient pas prendre votre fierté. »
Aujourd’hui, Bono considère que la réaction du gouvernement de Netanyahu est « disproportionnée » et brutale.
« Nous savons que le Hamas utilise la faim comme une arme de guerre, c’est maintenant au tour d’Israël de le faire. Cette situation totalement immorale me révolte », a écrit Bono. « Le monde n’en a-t-il pas fini avec l’extrême-droite ? Nous savons où cela mène… à la guerre mondiale… au millénarisme… Je crois depuis longtemps au droit d’Israël à exister en tant que nation et suis en faveur d’une solution à deux États et j’invite aujourd’hui tous ceux que touche notre prise de position envers les actions immorales de Netanyahu à se joindre à ceux qui appellent de leurs vœux la cessation des hostilités de part et d’autre. »
Bono s’est engagé à faire un don à l’ONG Medical Aid For Palestinians et a précisé que son groupe était « solidaire du peuple palestinien désireux d’aller vers la paix et la coexistence avec Israël, et de sa demande légitime de disposer d’un État ».
Bono a noté qu’il avait jusque là fait en sorte de rester en dehors de la politique du Moyen-Orient, en raison de sa complexité, même s’il a parlé de la guerre de Gaza à plusieurs reprises ces derniers mois.
En mai dernier, à l’occasion de la remise d’un prix à Londres, il a souhaité qu’Israël soit « libéré » du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de ses alliés d’extrême droite.
« Hamas, libérez les otages. Arrêtez la guerre. Israël, libérez-vous de Benjamin Netanyahu et des fondamentalistes d’extrême droite qui déforment vos textes sacrés », a-t-il déclaré lors de la cérémonie des prix Ivor Novello.
Il a également abordé la question de Gaza dans de récents articles parus dans The Observer et The Atlantic, a-t-il rappelé.
Extracto del speech de Bono hablando de Hamas e Israel para acabar tocando ‘Sunday Bloody Sunday’ en los Ivor Novello Awards 2025 con #U2 incluyendo a Larry Mullen Jr#U2 #TheIvors
Vía Miguel d’Oliveira pic.twitter.com/QlLH3rVg02— U2Valencia (@U2Valencia) May 23, 2025
Les autres membres du groupe se sont montrés moins mesurés dans leur critique d’Israël.
Le guitariste The Edge, de son vrai nom David Howell Evans, a accusé Israël de « s’en prendre volontairement à une population civile » et de faire « honte pour des générations » à cexu qui en sont responsables.
Pour le bassiste Adam Clayton, la crise à Gaza est une sorte de « punition infligée à des civils » et toute tentative de s’emparer et peupler d’implantations la bande de Gaza mettra « fin aux perspectives de paix durable ».
Enfin, le batteur Larry Mullen Jr. a reconnu la nature « atroce » de l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre tout en disant son refus absolu des « bombardements aveugles » sur des maisons et des hôpitaux doublés d’une « faim imposée à des civils innocents, une arme de guerre proprement inhumaine et criminelle ».
« Où est l’indignation ? » a demandé Mullen Jr. « Le silence ne sert les intérêts de personne. »
Dimanche, Netanyahu a présenté les plans d’Israël pour la poursuite de la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, affirmant qu’il voulait mettre fin à la guerre à Gaza au plus vite mais que l’extension du conflit et la prise de la ville de Gaza était les seuls moyens d’obtenir la libération des 50 otages toujours séquestrés dans la bande de Gaza.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes dirigés par le Hamas le 7 octobre 2023 ainsi que les corps d’au moins otages 28 morts, selon des chiffres confirmés par l’armée israélienne. Vingt d’entre eux seraient encore en vie, deux d’entre eux dans des conditions qui suscitent les plus vives inquiétudes, ont déclaré les autorités israéliennes. Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat israélien tué à Gaza en 2014.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes lors des combats dans la bande de Gaza, sans que ce bilan puisse être vérifié et étant précisé qu’il ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés.
En janvier dernier, Israël a revendiqué la mort de 20 000 hommes armés lors des combats et de 1 600 terroristes sur le sol israélien lors du pogrom du 7 octobre.
Israël assure faire son possible pour limiter les pertes civiles et assure que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en livrant des combas depuis des zones civiles – maisons, hôpitaux, écoles, mosquées.
la Communauté du Times of Israël !







