Bruxelles riposte après sa mise en cause par l’avocat de Yariv Levin
L'avocat du ministre de la Justice, Yoram Sheftel, avait qualifié le bloc "d'hostile", l'accusant également de tenter de renverser Levin et de tenter de renverser le gouvernement lors d'une audience devant la Haute Cour, aujourd'hui
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L’Union européenne a riposté jeudi à l’avocat du ministre de la Justice Yariv Levin, Yoram Sheftel, après que ce dernier a qualifié le bloc « d’hostile », l’accusant également de tenter de renverser Levin et de renverser le gouvernement lors d’une audience qui a eu lieu devant la Haute Cour, ce jeudi. Les juges examinaient alors des recours liés à la conduite de Levin qui avaient été déposées par l’Institut Zulat, une ONG israélienne qui reçoit des fonds de l’Union européenne (UE).
Au cours de l’audience, Sheftel a dit que « l’Union européenne est hostile. L’Italie, la France et l’Espagne ont imposé un embargo afin de nous empêcher de remporter la victoire dans une guerre pour notre survie », notant que l’Institut Zulat avait reçu « des centaines de milliers de shekels » de financement au cours des trois dernières années de la part de l’UE – ce qui, selon lui, reflétait les efforts déployés par le bloc pour évincer Levin, et ce qui prouvait que Bruxelles « agissait pour renverser un gouvernement dûment élu ».
En réponse, un porte-parole de l’UE a affirmé que les affirmations de Sheftel « sont totalement fausses, offensantes et inacceptables ».
« L’UE n’a jamais tenté et elle ne tentera jamais de renverser un gouvernement démocratiquement élu. Nous attendons que ces propos soient immédiatement retirés », a dit un communiqué. « Nous sommes fiers du soutien que nous apportons aux organisations de la société civile à travers le monde et dans la région, y compris à celles qui promeuvent les valeurs démocratiques qui sont au cœur des relations de l’UE avec l’État d’Israël, comme le sont la liberté d’expression et la liberté de manifester », a conclu le porte-parole.
L’Institut Zulat a été fondé par l’ancienne dirigeante du Meretz, Zehava Galon, et il se concentre sur les questions liées à la gouvernance, aux libertés civiles et aux droits des minorités par le biais de la recherche, de la sensibilisation et de l’action en justice.
L’audience de ce jeudi portait sur des recours qui appelaient le tribunal à ordonner à Levin de coopérer avec le président de la Cour suprême, Isaac Amit, afin de procéder à des nominations judiciaires indispensables, alléguant que les raisons invoquées par Levin pour ne pas le faire étaient injustifiées, violant ses obligations de service public.
La Haute Cour de justice a émis une ordonnance conditionnelle enjoignant au ministre de la Justice de motiver son refus de procéder à la nomination de magistrats, pourtant urgemment nécessaire, qui n’est possible qu’avec l’accord du ministre et du président de la Cour suprême.
L’ordonnance du tribunal stipule que Levin doit notamment motiver son refus de nommer deux présidents de tribunal de district ainsi que plusieurs vice-présidents de tribunal de district ; des juges associés appelés à alléger la charge de travail des tribunaux ; des greffiers ; et des juges pour les commissions des libérations conditionnelles.
La Cour a donné à Levin jusqu’au 15 mars pour faire connaître sa réponse à l’ordonnance conditionnelle, ajoutant qu’une audience se tiendrait au cours de la première quinzaine d’avril.
« C’est le droit formel qui prime. C’est la jurisprudence de la Haute Cour qui prime. Tout le reste n’est que du verbiage sans valeur », a affirmé le juge Alex Stein à propos des arguments de Sheftel.
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