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Cinéma : Canal+ confirme boycotter les professionnels portant préjudice à son groupe

Après une tribune dénonçant "l'emprise de l'extrême droite" dans le 7e art, qui visait le conservateur Vincent Bolloré, Maxime Saada avait dit que son groupe ne souhaitait plus financer les films de ses signataires

Maxime Saada, président de la chaîne de télévision privée française Canal+, posant avant la 46ᵉ cérémonie des César, à Paris, le 12 mars 2021. (Crédit : Thomas Samson/Pool via AP)
Maxime Saada, président de la chaîne de télévision privée française Canal+, posant avant la 46ᵉ cérémonie des César, à Paris, le 12 mars 2021. (Crédit : Thomas Samson/Pool via AP)

Maxime Saada, le patron de Canal+, premier financeur du cinéma français, a répété mardi qu’il ne financerait pas à l’avenir de films dont les initiateurs portent « préjudice à l’image » de son groupe, au lendemain d’un accord d’une durée de cinq ans avec le secteur.

Cet accord, qui prévoit que son entreprise investisse 980 millions d’euros entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen, a été conclu quelques semaines après une vive polémique ayant émaillé le Festival de Cannes en mai.

Après une tribune dénonçant « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le 7e art, qui visait le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+, M. Saada avait affirmé que son groupe ne souhaitait plus financer les films de ses signataires.

Face à l’émoi suscité par ses déclarations en plein festival, il s’était ensuite défendu de vouloir dresser une « liste noire ».

Mais le dirigeant, interrogé mardi par l’AFP en marge des résultats de son groupe, a assuré qu’il « n’oublie rien ».

« C’est 1% des gens qui ont signé cette pétition. Je reste sur ma position qui est que, si des gens portent préjudice à l’image de Canal+, on ne financera pas leur film », a martelé M. Saada. « C’est quelque chose qui va être pris en considération et cela paraît naturel », a-t-il relevé, tout en précisant qu' »on n’a, en revanche, jamais changé notre politique, et on ne la changera pas, de diversité du cinéma français ».

Dans l’accord de financement présenté lundi, « on a insisté sur la diversité, les premiers films, les nouveaux films, les nouveaux talents, les films d’animation », a souligné le dirigeant.

Il « permettra à Canal+ de continuer à proposer à ses abonnés les plus grands films français, européens et internationaux dès six mois après leur sortie en salles », a indiqué lundi la société.

« Il y a une pression importante des acteurs qui souhaitent avancer dans la chronologie » de la diffusion mais « je ne souhaitais pas avancer davantage parce que je pensais que ça pouvait commencer à être un problème pour les salles » de cinéma, a-t-il souligné auprès de l’AFP.

Cette chronologie est devenue un enjeu majeur, à l’heure de la multiplication des plateformes comme Netflix ou Disney+. Les investissements de Canal+ dans le cinéma français et européen s’élèveront à 190 millions d’euros de 2028 à 2030, puis à 205 millions en 2031 et 2032.

La tribune visant Vincent Bolloré, publiée en durant le festival de Cannes, comportait initialement 600 signataires, rejoints par près de 3 000 autres, selon le collectif Zapper Bolloré, dont quelques stars internationales (Javier Bardem, Ken Loach…) mais très peu de figures de premier plan du cinéma français.

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