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Cisjordanie: Tsahal déclare une « zone militaire fermée » après une attaque d’extrémistes juifs

Les soldats ont utilisé des moyens anti-émeutes après avoir reçu des informations faisant état de jets de pierres entre Palestiniens et pro-implantations ; le Croissant-Rouge déplore 10 Palestiniens blessés, dont un par balle

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des extrémistes juifs et des  Palestiniens s'affrontent près de Bethléem, le 29 novembre 2025. (Capture d'écran)
Des extrémistes juifs et des Palestiniens s'affrontent près de Bethléem, le 29 novembre 2025. (Capture d'écran)

L’armée israélienne a déclaré « zone militaire fermée » un secteur situé aux abords de la ville de Bethléem, en Cisjordanie, dans le sillage d’une attaque commise par des partisans du mouvement pro-implantations. Il y a eu des blessés du côté palestinien, et le Croissant-Rouge palestinien a précisé qu’une personne avait été touchée par une balle.

Des soldats et des policiers ont été déployés dans une zone située à la périphérie de Bethléem après avoir reçu des informations faisant état d’une « violente confrontation » entre Israéliens et Palestiniens, a annoncé l’armée.

L’armée a également dit qu’elle avait reçu des informations faisant état de jets de pierres entre des Israéliens et des Palestiniens, ainsi que des informations portant sur des coups de feu en direction des Palestiniens.

Tsahal a noté que les soldats avaient utilisé des moyens de dispersion des émeutes et que de surcroît, ils avaient déclaré les environs « zone militaire fermée » – une mesure qui est susceptible de restreindre les déplacements des Palestiniens qui vivent dans la région.

Le Croissant-Rouge palestinien, pour sa part, a signalé que dix Palestiniens avaient été blessés lors de l’attaque lancée contre le village de Khalayel al-Loz. Une personne a notamment été touchée par une balle.

Plusieurs Israéliens ont également été blessés, mais ils « ont refusé tout soin médical », a noté l’armée israélienne.

Abdelrahman Farhan, qui est membre du conseil municipal de Khalayel al-Loz, a affirmé, selon les médias arabes, que les partisans du mouvement pro-implantations israéliens avaient frappé les Palestiniens du village pendant environ 45 minutes samedi à midi, ouvrant le feu en leur direction. Ils ne se sont arrêtés que lorsque l’armée est intervenue, les repoussant. Fahran a fait valoir que la région était victime d’attaques répétées, notamment de destructions de biens.

Des images qui ont été diffusées samedi par les médias palestiniens ont montré des partisans du mouvement pro-implantations, vêtus de chemises blanches et de kippas, l’un d’entre eux armé d’un fusil semi-automatique, en train de jeter des pierres depuis une colline surplombant le village situé au sud de Bethléem.

Sur d’autres vidéos, des Palestiniens et des extrémistes juifs s’affrontent dans un champ. Des coups de feu sont audibles – apparemment tirés par un partisan du mouvement pro-implantations aperçu un peu avant dans la séquence, qui pointe son arme vers le haut et qui, après les coups de feu, semble diriger son arme vers un Palestinien tout en criant : « Retourne d’où tu viens ».

L’incident fait l’objet d’une enquête de la police israélienne.

Les attaques de partisans du mouvement pro-implantations ont augmenté en Cisjordanie. L’armée israélienne a en effet enregistré 752 incidents de crimes nationalistes juifs et de violences commises par des extrémistes juifs depuis le début de l’année 2025, contre 675 pour toute l’année 2024.

Les violences étaient déjà élevées en Cisjordanie dans le contexte de la guerre à Gaza – un conflit qui avait été déclenchée par le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par les forces israéliennes ou par des partisans du mouvement pro-implantations depuis le début de la guerre. L’armée israélienne affirme que la grande majorité d’entre eux étaient des hommes armés qui ont perdu la vie lors d’échanges de tirs, qu’il s’agissait d’émeutiers qui affrontaient les soldats ou de terroristes qui ont mené des attaques.

Au cours de la même période, 63 civils et membres des forces de sécurité israéliennes ont été tués dans des attentats terroristes en Israël et en Cisjordanie. Huit autres membres des forces de sécurité ont perdu la vie dans des heurts survenus pendant des raids dans des villes palestiniennes de Cisjordanie.

Noam Lehmann a contribué à cet article.

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