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Columbia n’a pas renvoyé l’étudiant qui avait dit : « Les sionistes ne méritent pas de vivre »

Khymani James, leader des manifestations qui avait proféré aussi des menaces, sera autorisé à se réinscrire à l'université à l'automne, affirmant toutefois dans des documents avoir "dans les faits" été expulsé

Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Khymani James, l'un des leaders des manifestations anti-israéliennes à l'université de Columbia, dans une vidéo de janvier 2024 dans laquelle il déclare que "les sionistes ne méritent pas de vivre". (Capture d'écran/vidéo)
Khymani James, l'un des leaders des manifestations anti-israéliennes à l'université de Columbia, dans une vidéo de janvier 2024 dans laquelle il déclare que "les sionistes ne méritent pas de vivre". (Capture d'écran/vidéo)

NEW YORK — L’université Columbia de New York a refusé un nouveau dossier d’inscription déposé par l’un des responsables des manifestations antisionistes sur son campus, mais sans l’expulser officiellement, selon des documents qui ont été mis à la disposition d’un tribunal new-yorkais, cette semaine. L’homme avait provoqué un tollé en déclarant que « les sionistes ne méritent pas de vivre ».

Khymani James avait entraîné un scandale majeur au sein de l’université au mois d’avril 2024, alors qu’un mouvement de protestation anti-israélien secouait le campus, lorsqu’il avait diffusé une vidéo où il appelait à la violence à l’encontre des « sionistes ».

« Je me sens très à l’aise — très à l’aise — d’appeler à la mort de ce genre d’individus », affirmait-il dans la séquence. « Soyez heureux, soyez reconnaissants que je ne sorte pas simplement pour assassiner des sionistes ».

Des propos qui avaient été condamnés avec ferveur par certains membres du Congrès et par la Maison Blanche de Biden, et qui avaient attiré l’attention sur la manière dont l’université allait réagir.

James était l’un des leaders de la coalition militante antisioniste du campus, Columbia University Apartheid Divest, qui s’était formée dans le sillage du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7-Octobre, qui avait déclenché la guerre à Gaza. Le groupe n’est plus reconnu aujourd’hui par l’université.

Columbia avait interdit à James d’accéder au campus après que ses propos ont été rendus publics. L’étudiant avait alors poursuivi en justice l’université pour discrimination et rupture de contrat au mois de septembre 2024.

Les documents qui ont été soumis au tribunal, cette semaine, ont mis en lumière la manière dont l’université a pris en charge l’affaire en coulisses.

Au mois d’août 2024, les administrateurs de Columbia avaient écrit une lettre à James, lui indiquant qu’il avait enfreint les règles mises en place par l’université en matière de discrimination et de comportements perturbateurs.

Le courrier s’était appuyé sur des incidents survenus au mois d’avril 2024. James avait ainsi diffusé, sur les réseaux sociaux, des images d’étudiants juifs qui étaient accompagnées du commentaire : « Les sionistes viennent d’essayer de nous harceler et d’apposer leur drapeau terroriste — nous leur avons dit de dégager ! ».

Le lendemain, au campement de protestation anti-Israël de Columbia, lorsque trois étudiants juifs avaient tenté d’entrer dans le secteur, James avait immédiatement appelé à former une « chaîne humaine » pour les repousser. « Des sionistes sont entrés dans le camp », avait-il alors annoncé aux autres manifestants.

La lettre avait fait également remarquer que James était suspendu de Columbia et qu’il pourrait revenir à l’automne 2025.

Un an plus tard, au mois d’août 2025, Columbia a finalement fait savoir que la demande de réinscription de James avait été refusée parce qu’il n’avait pas suffisamment « réfléchi ».

« Vos observations écrites ne montrent pas que vous avez clairement compris l’impact de votre comportement », a indiqué la missive, écrite par un doyen de Columbia. Certains noms figurant dans les documents ont été floutés.

Un groupe de manifestants pro-palestiniens s’éloigne de l’université Columbia le 21 mai 2025, à New York. (Crédit : Heather Khalifa/AP)

La lettre a aussi noté qu’après sa suspension, James avait continué à écrire des propos incendiaires sur internet, notamment en justifiant ses écrits laissant entendre que les sionistes ne méritaient pas de vivre. « Tout ce que j’ai dit, je le pensais », a-t-il posté sur les réseaux sociaux, faisant référence à une chanson de rap qu’il avait diffusée et dans laquelle il défendait également ses affirmations passées.

La lettre a souligné qu’il pourrait présenter une nouvelle demande d’admission à l’université à l’automne 2026, sans préciser s’il serait bien admis s’il devait à nouveau postuler.

Une déclaration qui a semblé contredire une affirmation faite par la représentante américaine Virginia Foxx, qui avait exercé de fortes pressions sur les universités lorsqu’elle était présidente de la commission parlementaire sur l’Éducation. Foxx avait déclaré que les responsables de Columbia lui avaient assuré que James serait bel et bien renvoyé. En réponse aux propos tenus par Foxx, Columbia avait fait savoir, sur le réseau social X, que James « avait été banni du campus de Columbia » et qu’il n’y était plus inscrit.

Une source proche de la procédure a confié que James s’était vu refuser sa réinscription pour 2025, que l’université devait suivre un protocole interne et que tous les étudiants avaient droit à une procédure digne de ce nom.

Ses avocats ont indiqué que James avait été victime d’un « environnement hostile », en violation de la loi new-yorkaise sur les droits de l’Homme.

La semaine dernière, James a fait une déclaration sous serment dans laquelle il accuse l’université d’avoir procédé à un « interrogatoire maccarthyste » et de l’avoir définitivement renvoyé dans les faits suite à des pressions politiques, et ce « sous couvert d’une suspension indéfinie. »

Il a exhorté le tribunal à se prononcer contre Columbia afin qu’il puisse bénéficier d’une « justice compensatoire ».

« Je suis convaincu que Columbia n’a aucune intention de me permettre de me réinscrire et que, quelle que soit mon degré de maturité et ma réflexion, ils seront toujours sensibles aux pressions politiques extérieures », a-t-il écrit. « Le traitement qui m’a été réservé par Columbia a non seulement été incroyablement injuste, mais aussi traumatisant, voire dévastateur ».

Dans une lettre non-datée déposée devant la Cour, la semaine dernière, James a écrit au doyen de Columbia, Josef Sorett, et au Centre pour la réussite et l’intervention des étudiants de l’université, leur disant que Columbia « recevait ses ordres de l’administration fasciste de Trump ».

« Je savais que vous n’aviez aucune intention de me permettre de me réinscrire », a-t-il écrit, accusant Columbia de discrimination. Il a affirmé qu’il ne s’attendait pas à être réadmis à l’université lorsqu’il a été autorisé à présenter une nouvelle demande, à l’automne dernier.

« Est-ce que je ne mérite pas une seconde chance ? », a-t-il interrogé.

Pendant sa suspension, James a continué à écrire des contenus incendiaires sur les réseaux sociaux, notamment en apportant son soutien à « l’Intifada et à la résistance » et en applaudissant l’assassinat de Charlie Kirk.

Manifestations anti-Israël devant l’université de Columbia, à New York, le 3 septembre 2024. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)

Columbia a déposé une motion en faveur d’un classement sans suite de l’affaire au début du mois.

Un porte-parole de Columbia a fait savoir au Times of Israel que l’université ne pouvait pas commenter un litige en cours.

James avait dit que « les sionistes ne méritent pas de vivre » au mois de janvier 2024 dans une vidéo qu’il avait postée sur les réseaux sociaux et qui avait refait surface quelques mois plus tard, provoquant la controverse.

« Les sionistes, ce sont des nazis. Ce sont des nazis. Ce sont des fascistes. Ce sont des partisans du génocide. Pourquoi est-ce que nous voudrions que des partisans du génocide vivent ? », avait-il interrogé. « Les sionistes, tout comme les suprémacistes blancs, ne devraient pas exister, car ils tuent et ils font du mal à des personnes vulnérables. Ils empêchent le monde de progresser ».

Columbia University Apartheid Divest avait, dans un premier temps, diffusé des excuses au nom de James pour ces paroles – mais lui-même était ensuite revenu sur cette déclaration en appelant explicitement à la violence.

Un groupe de travail sur l’antisémitisme à Columbia a signalé qu’il y a eu des discriminations anti-juives généralisées au sein de l’université après le début de la guerre à Gaza – mais le campus est resté relativement calme, ces derniers temps.

Cette semaine, Columbia a annoncé la nomination de sa prochaine présidente, Jennifer Mnookin, la quatrième depuis le début de la guerre.

Cette semaine également, l’université a annoncé que Jonathan Dekel-Chen, le père de l’ancien otage israélien Sagui Dekel-Chen, allait intégrer son corps professoral.

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