Coupures d’électricité à Téhéran sous frappes israéliennes en plein pourparlers
Le courant est partiellement rétabli et le réseau stabilisé ; le Pakistan se propose d’accueillir des pourparlers USA-Iran, dont la tenue reste incertaine ; Téhéran avance une proposition de paix
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des coupures d’électricité ont touché dimanche soir certaines parties de Téhéran et de la province d’Alborz, voisine de la capitale iranienne, à la suite d’attaques qui ont été lancées contre des infrastructures électriques dans la région, ont rapporté les médias d’État, citant le ministère iranien de l’Énergie, alors que l’armée israélienne annonçait une nouvelle vague de frappes aériennes sur Téhéran.
Des éclats d’obus ont endommagé une partie du réseau électrique à Alborz, provoquant des coupures de courant dans plusieurs quartiers de Téhéran et dans la ville de Karaj, ont rapporté les médias d’État. L’électricité a été rétablie plus tard dans la nuit dans certaines zones touchées, et les autorités s’efforçaient de rétablir l’électricité dans toutes les zones concernées, ont indiqué les médias d’État, ajoutant que « le réseau électrique est stable ».
Cette attaque est survenue alors que des pourparlers sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran- une guerre qui a été déclenchée le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements contre la république islamique d’Iran, dans le but de déstabiliser le régime et de détruire ses programmes de missiles balistiques et d’armes nucléaires. L’Iran a riposté par des frappes aux missiles et aux drones en Israël et dans toute la région.
Le président américain Donald Trump avait auparavant menacé de frapper des centrales électriques iraniennes si l’Iran ne cessait pas de bloquer le détroit d’Ormuz, une voie d’approvisionnement pétrolier mondiale essentielle. Cependant, il avait repoussé la date limite fixée à l’Iran pour rouvrir le détroit au 6 avril, afin de laisser le temps de négocier une proposition américaine visant à mettre fin aux combats.
L’Iran aurait répondu par sa propre proposition, appelant à la fin des attaques, à des réparations et à un contrôle iranien du détroit d’Ormuz.
Dimanche, le Pakistan a déclaré qu’il se préparait à organiser rapidement des « pourparlers constructifs » pour mettre fin au conflit. Il est toutefois difficile de dire si l’Iran ou les États-Unis ont accepté d’y participer. Un haut responsable iranien a par ailleurs accusé les États-Unis de promouvoir publiquement les négociations tout en planifiant secrètement une intervention au sol.
Peu après les premières informations faisant état de coupures de courant dimanche soir, l’armée israélienne a déclaré qu’elle frappait des cibles du régime à Téhéran, sans fournir plus de détails.
⭕️24 HOUR RECAP: 150+ fighter jets have used 120+ munitions in strikes on infrastructure sites in Tehran
Targets included:
• A site for the development of critical components for ballistic missiles
• A site used by the IRGC’s military industries for the research and… pic.twitter.com/Q9wPhJjWLN— Israel Defense Forces (@IDF) March 29, 2026
Lors d’une première vague de frappes sur Téhéran, dimanche matin, des avions de l’armée de l’air israélienne ont largué plus de 120 bombes sur des sites de production d’armes, ainsi que sur des systèmes de défense aérienne et des sites de stockage et de lancement de missiles balistiques, a indiqué Tsahal.
Selon l’armée, les sites de fabrication visés comprenaient une installation où étaient développés des composants « essentiels » pour les missiles balistiques ; un complexe appartenant au Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, complexe qui était utilisé pour la recherche et le développement de missiles balistiques et de lanceurs de satellites ; ainsi qu’un site de recherche, de développement et de production d’armes de l’armée iranienne.
Par ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré que l’usine de production d’eau lourde de Khondab, en Iran, qui aurait été attaquée vendredi, a subi de graves dommages. Elle n’est plus opérationnelle, a précisé l’agence.
L’installation ne contenait aucune matière nucléaire déclarée, a ajouté le groupe de veille nucléaire de l’ONU dans des messages qui ont été postés sur le réseau social X.
Le Pakistan « honoré » d’accueillir des pourparlers alors que l’Iran aurait présenté une proposition
Les efforts visant à mettre un terme au conflit ont reçu le soutien de pays de toute la région. Les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de l’Égypte ont participé à une réunion qui a été convoquée par le Pakistan afin d’examiner les progrès accomplis pour amener les États-Unis et l’Iran à la table des négociations en vue de mettre fin à la guerre, a déclaré dimanche le ministère pakistanais des Affaires étrangères, sans fournir plus de détails.
Islamabad s’est imposé comme médiateur, grâce à ses relations relativement bonnes avec Washington et Téhéran, après des « semaines de diplomatie discrète », ont indiqué les responsables pakistanais.
À l’issue de la réunion avec ses homologues régionaux, dimanche, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a déclaré : « Le Pakistan se réjouit que l’Iran et les États-Unis aient tous les deux exprimé leur confiance dans le Pakistan pour faciliter les pourparlers. Le Pakistan sera honoré d’accueillir et de faciliter des pourparlers constructifs entre les deux parties dans les jours à venir. »
Le Pakistan a ensuite indiqué que les ministres des Affaires étrangères étaient repartis dans leurs pays respectifs. Les pourparlers devaient initialement se poursuivre lundi.
Washington ou Téhéran n’ont pas réagi – et il est difficile de dire si les discussions sur cette guerre qui dure depuis un mois seront directes ou indirectes. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères n’a pas répondu aux questions et la mission iranienne auprès des Nations unies a refusé de commenter.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré que les réunions au Pakistan visaient à ouvrir un « dialogue direct » entre les États-Unis et l’Iran, qui ont jusqu’à présent principalement communiqué par l’intermédiaire de médiateurs.
Les responsables iraniens ont rejeté la « liste d’actions » de quinze points des États-Unis comme cadre d’un éventuel accord de paix et ils ont publiquement écarté l’idée de négocier sous la pression.
Cependant, la chaîne publique iranienne a rapporté que Téhéran avait rédigé sa propre proposition en cinq points, qui appellerait à la cessation des assassinats de responsables iraniens, à des garanties contre de futures attaques, à des réparations et à « l’exercice de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz ».
Samedi soir, l’Iran a assoupli certaines restrictions imposées aux navires commerciaux dans le détroit, acceptant d’autoriser le passage de vingt navires supplémentaires battant pavillon pakistanais. « Cela envoie un signal clair indiquant que l’Iran reste ouvert au commerce avec le monde, à condition que les États-Unis renoncent à la coercition », a déclaré Asif Durrani, ancien ambassadeur du Pakistan en Iran.
De son côté, Anwar Gargash, conseiller des Émirats arabes unis, a appelé à ce que tout règlement de la guerre inclut des « garanties claires » que les attaques iraniennes contre ses voisins ne se reproduiront pas. Il a déclaré que le gouvernement iranien était devenu « la principale menace » pour la sécurité du golfe Persique et il a réclamé des compensations pour les attaques contre les infrastructures civiles.
Le CGRI déclare que les domiciles des responsables israéliens et américains sont désormais des cibles légitimes
Dimanche, le porte-parole du commandement militaire conjoint iranien, Ebrahim Zolfaghari, a déclaré que les résidences privées des responsables américains et israéliens étaient désormais des cibles légitimes pour l’Iran.
Zolfaghari a précisé que cette décision avait été prise après que les États-Unis et Israël avaient pris pour cible des habitations d’Iraniens dans diverses villes du pays.
Cette menace visait les responsables militaires et politiques américains et israéliens vivant au Moyen-Orient, y compris en Israël.
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