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De crainte d’être arrêté pour « crimes de guerre », le chef de l’Agence juive n’ira pas en Afrique du Sud

L'Agence affirme que la décision de Doron Almog, ex-général de Tsahal, s'explique par les accusations portées par Pretoria, qui accuse Israël de "génocide" à Gaza

Le président de l'Agence juive, Doron Almog, lors d'une conférence du conseil d'administration à l'hôtel Orient à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de l'Agence juive, Doron Almog, lors d'une conférence du conseil d'administration à l'hôtel Orient à Jérusalem, le 10 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président de l’Agence juive, le général de division Doron Almog, aujourd’hui à la retraite, a annulé son déplacement en Afrique du Sud de crainte que les autorités de ce pays ne l’interpellent, a annoncé l’agence dans la journée de dimanche.

Une décision qui a été prise par mesure de précaution, afin d’éviter tout risque de problèmes juridiques et diplomatiques susceptibles de survenir pendant le séjour, a ajouté l’agence.

Depuis que le Hamas a lancé sa guerre à l’encontre d’Israël le 7 octobre 2023, l’Afrique du Sud fait partie des pays les plus hostiles à l’égard de l’État juif. En décembre 2023, le gouvernement sud-africain a traduit Israël devant la Cour internationale de justice, accusant le pays de commettre un génocide dans le cadre de sa campagne militaire à Gaza.

En novembre 2024, l’Afrique du Sud a applaudi la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’émettre des mandats d’arrêt à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, la qualifiant « d’étape importante vers la justice pour les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis en Palestine ».

Pretoria a également menacé d’arrêter les soldats israéliens et responsables israéliens qui se trouveraient sur son territoire. Si aucune arrestation de ce type n’a été effectuée à ce jour, cette menace pèse lourdement sur la communauté juive locale.

D’autres pays, comme l’Australie, ont annulé les visas de diplomates israéliens et de personnalités pro-israéliennes influentes en visite – créant des tensions dans les relations diplomatiques. L’Agence juive a apparemment voulu prévenir la possibilité de telles complications.

Si Almog a pris sa retraite de l’armée israélienne en 2003 et qu’il n’a aucunement été impliqué dans la guerre à Gaza, il y a, par le passé, lui aussi fait l’objet de menaces voire d’émission de mandats d’arrêt internationaux.

Almog s’était enrôlé au sein de Tsahal en 1969 – il avait servi dans la compagnie de reconnaissance des parachutistes, notamment lors du célèbre raid d’Entebbe en 1976. Il avait gravi les échelons au sein de l’armée au cours des trois décennies et demie suivantes jusqu’à devenir le chef du Commandement du sud.

Il avait pris sa retraite en 2003.

Almog avait fait l’objet d’une controverse au niveau international, en 2005, lorsque des militants palestiniens du Royaume-Uni avaient obtenu d’un tribunal l’émission d’un mandat d’arrêt à son encontre en raison de son rôle dans la démolition d’une habitation palestinienne de la bande de Gaza. La notion de crime de guerre avait été invoquée.

Almog avait été informé de l’existence de ce mandat d’arrêt une fois arrivé au Royaume-Uni en compagnie de son épouse. Soucieux d’éviter tout incident, il était resté à bord de l’avion et était immédiatement reparti en Israël. Le mandat d’arrêt avait ensuite été annulé et le ministre britannique des Affaires étrangères avait présenté des excuses.

Almog préside l’Agence juive depuis 2022.

Il est un parent de Chen Goldstein Almog, enlevée en même temps que trois de ses enfants lors du pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Son mari Nadav et sa fille aînée Yam ont été assassinés ce jour-là, tandis qu’elle et ses enfants – Agam, Gal et Tal -ont été remis en liberté lors d’une trêve d’une semaine, en novembre 2023.

Malgré l’annulation du déplacement d’Almog en Afrique du Sud, les activités de l’Agence juive auprès des communautés juives de 66 pays se poursuivent sans heurts, a indiqué l’organisation qui œuvre dans le monde entier pour renforcer l’identité juive, encourager l’immigration vers Israël et favorise l’intégration et le développement communautaire.

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