Décès de Matti Caspi, chanteur et compositeur très apprécié en Israël
Celui qui a interprété et composé certaines des mélodies les plus mémorables du pays, est mort d'un cancer ; Isaac Herzog rend hommage à "l'un des plus grands de notre génération"
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Matti Caspi, compositeur, chanteur et parolier qui a produit près d’un millier de chansons, dont plusieurs des mélodies les plus appréciées en Israël, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Il était âgé de 76 ans et souffrait d’un cancer depuis plusieurs années.
Parmi ses œuvres les plus célèbres, on peut citer « Brit Olam » (Alliance éternelle), « Ekh Ze SheKochav » (Comment se fait-il qu’une étoile), « Hine Hine » (Ici, ici), « Lo Yadati SheTelchi Mimeni » (Je ne savais pas que tu me quitterais) et « Shir HaYonah » (Le chant de la colombe).
En tant que musicien et Israélien, Caspi était profondément attaché à son public local.
Lorsqu’il avait développé des métastases cancéreuses en mai dernier, il en avait informé ses abonnés sur les réseaux sociaux, leur annonçant qu’il annulait ses prochains concerts pour se concentrer sur sa santé.
Il avait lancé et mené à bien une campagne de financement participatif et médiatique d’un montant de 1,5 million de dollars pour collecter des fonds destinés à financer des traitements qui ne sont pas pris en charge par le Bituah Leumi – l’Institut national d’assurance.
« Je me battrai par tous les moyens possibles, je serai obstiné jusqu’au bout », avait déclaré Caspi en juillet, lorsque sa maladie l’avait empêché de jouer du piano ou de la guitare.
Sa famille a annoncé son décès dans un communiqué publié dimanche matin.
« C’est le cœur lourd et avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de notre mari et père bien-aimé ; la lumière de nos vies s’est éteinte », a déclaré sa famille.
« Son amour et l’œuvre créative qu’il a laissée derrière lui feront à jamais partie de nous. »
Il laisse derrière lui son épouse Raquel et ses quatre enfants.
Au cours de ses décennies de carrière, Caspi a sorti des dizaines d’albums, souvent en tant que musicien et producteur, et a développé une capacité unique à composer des harmonies et des paroles faciles à chanter.
Il était connu pour ses collaborations avec Leonard Cohen, Ehud Manor, Yehudit Ravitz, Shlomo Gronich, Shalom Hanoch, Hava Alberstein, Netanela, Nurit Galron, Danny Robas, Gali Atari, Arik Sinaï, Meïr Banaï, Erez Halevi, Shoshana Damari, et bien d’autres encore.
Caspi est né en 1949 dans le kibboutz Hanita, dans le nord d’Israël. Pendant son service militaire obligatoire au sein du Commandement du Sud, Caspi a formé son premier groupe musical, un trio avec deux amis, Gadi Oron et Yaakov Noy, appelé The Three Fat Men, et a sorti son premier grand succès, « Ani Met » (Je meurs).
Sa carrière professionnelle a débuté quelques jours après sa démobilisation, lorsqu’il a reçu un appel d’Arik Einstein, pionnier de la musique rock israélienne. C’est au cours d’un après-midi passé à jouer de la musique chez Einstein qu’il a réalisé qu’il savait également chanter.
En 1973, lorsque le chanteur canadien Leonard Cohen est arrivé en Israël pendant la Guerre de Kippour, Caspi l’a accompagné à la guitare et s’est produit devant les troupes à travers la péninsule du Sinaï. Il se souvient avoir joué avec Cohen à côté d’une piste d’atterrissage du Sinaï alors que des avions C-130 Hercules atterrissaient. Alors que les pelotons débarquaient et se dirigeaient vers le canal de Suez, Cohen leur a chanté sa chanson « Like a Bird on a Wire » (Comme un oiseau sur un fil), accompagné par Caspi, et a répété cette performance pour chaque unité de soldats arrivant.
À la fin de cette journée, Cohen et Caspi ont rejoint l’un des camions pour aider à transporter les soldats blessés vers les hélicoptères, les mêmes soldats pour lesquels ils avaient joué plus tôt.
Ce fut le début de plusieurs décennies prolifiques pour Caspi, qui travailla en étroite collaboration avec des musiciens tels que le chanteur et parolier Ehud Manor et sortit certaines de ses chansons les plus populaires.
Plus d’un critique a noté que Caspi était un homme de la Renaissance musicale, un grand harmoniste qui vénérait les traditions folkloriques israéliennes et avait le talent de créer des compositions musicales complexes ancrées dans l’expérience culturelle israélienne.
Caspi aimait son village natal de Hanita, dans l’ouest de la Galilée, un endroit auquel il est resté attaché toute sa vie. Il se décrivait comme un enfant heureux qui passait des heures à taper du pied en rythme et à chanter.
Il a appris à jouer de la flûte à bec dès son plus jeune âge et c’est sa rencontre avec Shmuel Gogol, un musicien israélien d’origine polonaise qui jouait de l’harmonica, qui a éveillé son désir d’apprendre à jouer d’un instrument.
Gogol, qui avait reçu son premier harmonica de Janusz Korczak, le célèbre médecin polonais qui dirigeait un orphelinat pour enfants juifs pendant la Shoah. Il avait survécu à Auschwitz et s’était installé en Israël, où il avait fondé le groupe d’harmonica Ramat Gan et se produisait dans une maison de retraite locale, près du kibboutz de Caspi.
Le célèbre harmoniciste avait dit à Caspi, alors qu’il était encore jeune, qu’il lui offrirait son harmonica s’il apprenait à jouer du piano.
Les parents de Caspi ont insisté auprès du kibboutz pour qu’il prenne des cours, et il a étudié le piano au conservatoire voisin de Nahariya avec un pianiste d’origine roumaine, Raphael Dragan, s’exerçant à l’instrument à la maison de retraite. Le père de Caspi s’asseyait à ses côtés pendant les cours pour traduire le roumain de Dragan en hébreu pour son fils.
Après avoir reçu l’harmonica de Gogol, Caspi l’a ajouté à son répertoire d’instruments et a fini par composer des œuvres pour cet instrument.
Il a écrit son premier arrangement musical à l’adolescence, en compétition avec d’autres jeunes talents, et a été accepté dans la Troupe du Commandement du Sud pendant son service militaire, où il s’est produit en tant que chanteur, compositeur et producteur musical.
Caspi avait précisé qu’il n’écrivait pas de chansons sur commande, mais qu’il cédait ses mélodies s’il pensait qu’elles convenaient mieux à un autre chanteur. Il adorait se produire en direct, affirmant être alors détendu, sans complexe et à l’aise avec le public.
Caspi a épousé Galia Superstein peu après son service militaire, mais ils ont divorcé moins d’un an plus tard.
En 1972, il a rencontré l’actrice (Patty) Doreen Lubetzky, qu’il a épousée et avec qui il a eu deux enfants, Brit (née en 1981) et Bar (né en 1985).
Après sa séparation d’avec Lubetzky, Caspi a rencontré Raquel Wenger en 1990. Ils ont émigré au Canada, se sont mariés en 1994 en Californie et ont eu deux enfants, Suyan (née en 1992) et Sean (né en 1995).
En 1997, Caspi est retourné en Israël.
En 2002, un tribunal de Tel Aviv a déterminé qu’il était toujours légalement marié à Doreen au moment où il avait épousé Raquel en 1994, et l’a reconnu coupable de bigamie. Le tribunal lui a infligé une peine de six mois avec sursis et une petite amende.
L’appel a été rejeté et, en 2004, la peine initiale a été confirmée.
De retour en Israël en 1997, Caspi a été chaleureusement accueilli par le public israélien.
Il a continué à produire des albums et à se produire dans tout le pays. En 2014, pendant l’Opération « Bordure protectrice » à Gaza, Caspi s’est rendu dans le sud du pays pour se produire devant les habitants des kibboutzim, interprétant une série de ses anciens succès et répondant aux demandes du public pour les habitants coincés dans des mamadim – abris antiatomique.
En juillet 2021, dans le contexte des restrictions gouvernementales liées à la pandémie de coronavirus, Caspi avait critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour ce qu’il avait qualifié de mesures « fascistes » et avait annulé une série de concerts en raison du rétablissement des restrictions d’accès aux grands événements.
En décembre 2023, Shalom Hanoch et lui ont dédié un nouvel album à l’ingénieur du son Guy Illouz, pris en otage lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et tué en captivité.
Il a continué à se produire jusqu’en juin 2025, date à laquelle son cancer a provoqué une paralysie de sa main gauche, l’empêchant de jouer de la guitare et du piano.
Caspi était « l’un des plus grands compositeurs israéliens de notre génération », a déclaré le président Isaac Herzog dans un communiqué à l’annonce de son décès.
« Il nous laisse ses œuvres magistrales, ses mélodies qui ont embelli de merveilleux textes et leur ont donné une vie éternelle, ses compositions qui ont façonné la musique israélienne pendant des décennies, ses arrangements dans lesquels sa touche unique était si évidente. »
« Matti Caspi n’est plus, mais sa contribution à la musique israélienne et à nos vies est toujours présente et continuera d’accompagner le monde culturel pendant des générations. »
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