Décès d’Edna Arbel, grande figure de la justice et de la Cour suprême d’Israël
Ancienne procureure générale engagée contre la corruption et pour l'État de droit, elle a marqué l'histoire judiciaire du pays. Elle s'est éteinte à l'âge de 82 ans
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L’ancienne juge de la Cour suprême et procureure générale de l’État, Edna Arbel, est décédée mercredi à l’âge de 82 ans.
Mme Arbel a occupé les fonctions de procureure générale de l’État de 1996 à 2004, après quoi elle a siégé à la Cour suprême jusqu’en 2014.
Elle était née à Jérusalem en 1944, fille de Yitzhak, né en République tchèque, et de Tova, née en Hongrie.
Admise au barreau en 1969, Edna Arbel a travaillé pendant quelques années au sein du cabinet d’avocats Hayak, à Tel-Aviv, avant d’intégrer les services du procureur de l’État du district du Centre, en 1972, et de devenir procureure de district en 1984.
Lors de son passage au sein de ce service, elle a été sollicitée pour siéger dans plusieurs commissions ad hoc, notamment celle qui a enquêté en 1984 sur l’affaire du Bus 300 — le détournement d’un bus reliant Tel-Aviv à Ashkelon par des terroristes palestiniens, suivi de leur exécution par des agents du Shin Bet et de la dissimulation des faits.
Edna Arbel a également fait partie de la commission Kahan, commission d’enquête d’État chargée de faire la lumière sur le massacre de 1982 dans les camps de réfugiés de Sabra et Shatila, à Beyrouth.
En 1988, elle est juge au tribunal de district de Tel-Aviv, où elle préside des affaires civiles et pénales, suite à quoi, en 1996, elle est nommée procureure générale de l’État, un poste qu’elle occupe pendant huit ans.
En 2004, elle est nommée à la Cour suprême, où elle siègera jusqu’à l’âge de la retraite, en 2014, à l’âge de 70 ans.
Parmi les arrêts marquants de sa carrière figurent l’invalidation d’une loi visant à créer une prison privée en 2009 mais aussi son soutien à la destitution de maires condamnés pour des délits en 2013.
Lors de son discours d’adieu, Edna Arbel a déclaré que « la corruption était un fléau malin qui nuit gravement à notre société » et que cette question avait toujours été au cœur de ses préoccupations.
Elle a également souligné l’importance de préserver « l’image démocratique de notre pays, l’égalité des droits des minorités qui vivent parmi nous, les droits de l’homme, et d’œuvrer pour instaurer un engagement fort envers l’État de droit — afin que nous puissions nous prévaloir d’une société meilleure et plus juste. »
En 2023, Mme Arbel s’est jointe à la quasi-totalité des anciens procureurs généraux et procureurs de l’État en fonction depuis 1975 pour signer la lettre dénonçant le projet de refonte judiciaire du gouvernement, au motif qu’il « menaçait de détruire le système judiciaire ».
Le président Isaac Herzog a salué sur X la mémoire de cette figure majeure du droit, affirmant qu’Edna Arbel avait fait son devoir, « guidée par un sens profond du devoir, de la responsabilité et de l’engagement envers l’État d’Israël et l’État de droit ».
Edna Arbel laisse dans le deuil ses trois filles, Sagit, Zohar et Keren, qu’elle a eues avec son défunt mari, Ori.
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