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Des activistes radicaux insultent Aharon Barak et bloquent sa voiture dans un parking

Lors d'un événement, l'ex-président de la Cour suprême venait de déplorer le "mépris du gouvernement pour le pouvoir judiciaire" et avait affirmé que la Déclaration d'indépendance d'Israël "n'exprime plus nos valeurs communes"

L'activiste d'extrême droite Mordechaï David et d'autres agitateurs bloquant le véhicule de l'ancien président de la Cour suprême Aharon Barak, à l'extérieur d'un événement organisé par l'ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité,  à Tel Aviv, le 28 janvier 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
L'activiste d'extrême droite Mordechaï David et d'autres agitateurs bloquant le véhicule de l'ancien président de la Cour suprême Aharon Barak, à l'extérieur d'un événement organisé par l'ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Tel Aviv, le 28 janvier 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Mercredi, l’ancien président de la Cour suprême Aharon Barak a vu sa voiture bloquée par des militants de droite radicale alors qu’il quittait un événement au cours duquel il avait déclaré que la Déclaration d’indépendance d’Israël ne reflétait plus les valeurs du pays.

Dans son discours enflammé prononcé lors du « Premier congrès libéral », organisé par l’ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité (MQG), Barak a fustigé le gouvernement et ses ministres pour ce qu’il a qualifié de campagne de délégitimation contre le pouvoir judiciaire, pour leur incapacité à lutter contre la violence criminelle et les meurtres dans la communauté arabe, pour leur incapacité à mettre en place une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et pour avoir conclu un « accord politique » visant à inscrire dans la loi les exemptions du service militaire accordées aux ultra-orthodoxes.

Ses déclarations sont la dernière attaque en date contre le gouvernement, après avoir déclaré aux manifestants anti-gouvernement à Tel Aviv au début du mois qu’Israël n’était plus une démocratie libérale.

« Les ministres du gouvernement affichent leur mépris pour le pouvoir judiciaire et son président, le juge Isaac Amit. On assiste à des appels à ne pas se conformer aux décisions de justice, à des attaques contre les juges et à une délégitimation continue du pouvoir judiciaire », a déclaré Barak dans son discours de mercredi. Barak est souvent accusé par la droite d’avoir renforcé l’emprise du pouvoir judiciaire en Israël pendant son mandat entre 1995 et 2006.

L’ancien président de la Cour suprême a affirmé que la campagne de délégitimation contre le pouvoir judiciaire avait été déclenchée par « le refus de faire ce qui s’impose, à savoir créer une commission d’enquête nationale à la suite des événements du 7-Octobre ».

En tant que président de la Cour suprême, Amit nommerait les membres d’une telle commission, si le gouvernement en créait une. Ses détracteurs ont affirmé que les attaques dont il fait l’objet visaient à justifier le refus du gouvernement de créer une telle commission.

L’ancien président de la Cour suprême Aharon Barak assistant à une conférence organisée par l’ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Tel Aviv, le 28 janvier 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Le pacte social qui sous-tendait l’État depuis sa création a été rompu… Les dirigeants agissent en faveur d’intérêts sectoriels », a poursuivi Barak.

« La Déclaration d’indépendance n’exprime plus nos valeurs communes. »

« Nos citoyens arabes, qui, en vertu de la Déclaration d’indépendance, ont droit à une pleine et égale citoyenneté, sont victimes de discriminations et sont exposés à des violences que la police, pour une raison quelconque, ne parvient pas à éradiquer », a-t-il déclaré.

Il a déploré la législation controversée proposée par le gouvernement visant à consacrer les exemptions de service militaire pour les hommes ultra-orthodoxes.

« L’égalité dans le partage du fardeau a été remplacée par un accord politique », a-t-il déclaré.

Après l’événement, des militants de droite ont empêché Barak de quitter le parking en voiture. Le militant radical Mordechaï David, accompagné d’autres agitateurs de droite, a empêché la voiture de Barak de partir, le traitant de « dictateur » et de « criminel », avant que le juge à la retraite de 89 ans ne puisse partir.

La police aurait ouvert sur David et plusieurs autres personnes ayant empêché Barak de quitter le parking.

Les forces de l’ordre cherchent à déterminer si David et les autres militants ont commis d’autres infractions mercredi soir, selon Ynet.

La police n’a pas encore répondu à notre demande de confirmation de l’ouverture de l’enquête.

Dans un message vidéo diffusé lors de la manifestation au début du mois, Barak s’est adressé aux manifestants anti-gouvernement rassemblés sur la Place Habima, à Tel Aviv : « J’ai travaillé toute ma vie dans la fonction publique. Je ne suis pas un homme qui prononce des discours sur la place publique. Je m’adresse à vous ce soir parce que l’œuvre de notre vie, la démocratie libérale, est en train de s’effondrer. »

« Sommes-nous encore une démocratie libérale ? Ma réponse : plus maintenant », a déclaré Barak.

Selon lui, le recul de la démocratie en Israël « ne s’est pas produit lors d’un événement dramatique unique ».

« Il s’agit d’un processus au cours duquel des aspects essentiels de la démocratie sont violemment attaqués, et la démocratie est mise à mal. »

Barak a fait remarquer que dans le système gouvernemental israélien, le Premier ministre contrôle effectivement les pouvoirs exécutif et législatif.

« Le seul organe qui contrôle le gouvernement est la Cour », a-t-il affirmé.

« La Cour ne peut pas empêcher notre recul pendant longtemps. Seul le peuple, au cœur de la démocratie libérale, peut y mettre fin et nous ramener à ce que nous étions et espérions rester. »

Barak figurait également parmi les signataires d’une lettre adressée ce mois-ci au Premier ministre Benjamin Netanyahu par d’anciens hauts responsables judiciaires, qui l’exhortaient à mettre un terme aux attaques virulentes de membres de la coalition contre le pouvoir judiciaire, la Cour suprême et son actuel président.

Parmi les signataires figuraient quatre anciens présidents de la Cour suprême, ainsi que plus d’une centaine d’autres juges à la retraite. Ces juges, qui ont pris leur retraite de la Cour suprême et des tribunaux inférieurs, ont déclaré que les attaques « effrénées » de ces derniers jours utilisaient un langage pouvant être interprété comme une incitation à la violence. Ils ont également affirmé que la diffamation du pouvoir judiciaire risquait de porter immédiatement atteinte au système juridique israélien, ce qui porterait atteinte à la démocratie israélienne et au sionisme lui-même.

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