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Des élus se joignent à Nachala pour une marche à travers une zone militaire interdite jusqu’à Gaza

Tsahal n’a pas tenté d'empêcher les milliers de militants pro-implantations de franchir les checkpoints alors qu’ils marchaient pour le rétablissement des implantations dans l'enclave ; aucune arrestation signalée

Des militants israéliens de droite, partisans d'une présence juive à Gaza, rassemblés à la frontière avec la bande de Gaza alors qu'ils tentent de pénétrer sur le territoire, le 19 juillet 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)
Des militants israéliens de droite, partisans d'une présence juive à Gaza, rassemblés à la frontière avec la bande de Gaza alors qu'ils tentent de pénétrer sur le territoire, le 19 juillet 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

Dimanche, des ministres du gouvernement se sont joints à des milliers de militants du mouvement pro-implantations pour une marche à travers une zone militaire interdite jusqu’à la frontière avec Gaza. Ils ont ainsi fait fi des ordres des officiers de l’armée israélienne présents sur place, afin de manifester leur soutien au rétablissement d’implantations à l’intérieur de la bande de Gaza.

La « Marche des milliers », qui marquait le 21ᵉ anniversaire de l’évacuation unilatérale, en 2005, du bloc d’implantations israéliennes « Gush Katif », situé à l’intérieur de l’enclave, a rassemblé des personnalités politiques de premier plan du camp sioniste religieux, telles que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ainsi que des responsables du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Selon les organisateurs de la Marche des milliers, issus du mouvement pro-implantations Nachala, 28 ministres et députés de la coalition ont participé à l’événement. Une porte-parole a qualifié le soutien apporté par des personnalités de la droite israélienne plus modérées de « très significatif » par rapport aux précédentes tentatives de marche vers la bande de Gaza.

Les militants n’ont toutefois pas semblé parvenir à pénétrer dans l’enclave.

Tsahal avait déclaré l’ensemble de « l’enveloppe de Gaza » – la région connue en hébreu sous le nom d’Otef Azza – « zone militaire interdite » avant la marche, de dimanche à 8 heures à la même heure le lundi.

Malgré cet ordre et la présence de centaines de policiers et de soldats israéliens, les manifestants se sont rassemblés à 17 heures près de la plage de Zikim et ont réussi à franchir le premier barrage routier de l’armée en moins de dix minutes.

Des militants du mouvement pro-implantations tentant de pénétrer en zone palestinienne, photographiés depuis un point situé à la frontière israélienne avec la bande de Gaza, le 19 juillet 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

Lorsque les militants ont commencé à franchir le poste de contrôle, les soldats, visiblement agités, se sont abstenus de procéder à des arrestations et se sont repliés plus loin sur le parcours, où ils ont érigé un autre barrage routier.

Ce scénario s’est répété jusqu’à ce que les militants atteignent la barrière frontalière de Gaza. Selon le Times of Israel, les participants ont contourné au moins quatre barrages routiers mis en place par Tsahal à mesure qu’ils se rapprochaient de la bande de Gaza. Certains d’entre eux se sont même approchés de la frontière dans un cortège anarchique en direction du sud.

Les militants les plus jeunes et les plus agiles ont d’abord gravi les dunes de sable, traversé les broussailles et franchi les barbelés pour atteindre leur destination, tandis que les jeeps et les quads de l’armée bloquaient les routes. Lorsque les forces de sécurité ont relâché leur vigilance, des familles plus nombreuses ont commencé à avancer sur la route goudronnée sans être gênées.

Les militants sionistes religieux ont chanté et scandé des slogans avec joie tout au long du cortège. Beaucoup portaient des autocollants sur lesquels on pouvait lire « Gaza est à nous pour toujours » et brandissaient des drapeaux appelant à la construction d’un Troisième Temple. Certains participants étaient venus seuls, mais la grande majorité était accompagnée de leur famille.

Des militants du mouvement pro-implantations marchant dans le sud d’Israël en direction de la frontière avec Gaza, appelant au rétablissement de la présence juive dans l’enclave, le 19 juillet 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Peu avant le départ de la marche, Nachala a affirmé que les organisateurs avaient conclu un accord avec l’armée leur permettant de se rassembler à l’entrée de la plage de Zikim, alors que plusieurs officiers de Tsahal présents sur place ont insisté sur le fait qu’aucune autorisation de ce type n’avait été accordée pour que la marche puisse avoir lieu.

« Merci aux dizaines de milliers de personnes qui se sont rendues au plus près de notre région de Gaza avec un message clair : nous nous installons à Gaza dès maintenant ! », pouvait-on lire dans un communiqué de Nachala.

Des militants du mouvement pro-implantations gravissant une colline pour tenter d’échapper à l’armée et à la police israéliennes lors d’une marche vers la frontière avec Gaza, en faveur du rétablissement de la présence juive dans l’enclave, le 19 juillet 2026. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Selon les organisateurs, cette marche visait à faire pression sur le gouvernement pour qu’il approuve le rétablissement de trois implantations évacuées dans le nord de Gaza : Elei Sinai, Dugit et Nisanit.

Le point d’arrivée officiel se trouvait au sommet d’une colline d’où l’on pouvait voir ce qui était autrefois Elei Sinaï. De nombreux participants ont atteint le site, où ils ont hissé un drapeau d’Israël. Daniella Weiss, la fondatrice de Nachala, a parcouru la route de long en large, exhortant les participants à accomplir la dernière étape de la marche.

Des militants du mouvement pro-implantations marchant près de la frontière israélienne avec Gaza, dans le sud d’Israël, le 19 juillet 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Ben Gvir, quant à lui, a félicité les participants à la marche et a exprimé son souhait de voir des implantations juives dans toute la bande de Gaza.

« Si l’on avait dit il y a trois ans que nous contrôlerions 70 % du territoire de la bande de Gaza, personne n’y aurait cru », a-t-il déclaré.

« Je le dis d’ici : il y aura une présence juive dans toute la bande de Gaza. Encouragez l’émigration volontaire [des Palestiniens vers d’autres pays], renvoyez ceux qui en ont besoin dans leur pays. Et nous rentrerons chez nous. Gaza est à nous », a-t-il poursuivi.

S’exprimant à environ un kilomètre de la frontière, le ministre des Communications, Shlomo Karhi (Likud), a également exprimé son soutien à la présence juive à Gaza, appelant à « s’implanter dans toutes les régions de terre accordées à nos ancêtres, pour montrer à nos ennemis qu’il ne vaut pas la peine de se frotter à nous, pour offrir une image forte de la victoire ».

Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, saluant un participant à une marche vers la frontière de Gaza en faveur du rétablissement de la présence juive dans l’enclave, le 19 juillet 2026. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Karhi a ensuite exhorté les Israéliens à « s’enraciner profondément dans toutes les terres accordées à nos ancêtres, y compris la région de Gaza ».

Smotrich a été aperçu en serrant la main des militants et en leur offrant son soutien, près du point de départ de la marche.

Des militants du mouvement pro-implantations réunis à la frontière avec la bande de Gaza alors qu’ils tentent de pénétrer dans l’enclave, le 19 juillet 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

« Dieu nous en préserve, mais si la gauche arrive au pouvoir, tout cela pourrait partir en fumée, et nous marcherons à nouveau ici pour empêcher les expulsions et la destruction », a-t-il déclaré.

Des milliers de personnes ont participé à la Marche des milliers, bien que les estimations exactes varient. La police a déclaré au site Ynet qu’environ 5 000 personnes avaient pris part à la manifestation, tandis que les organisateurs affirmaient que ce chiffre était plutôt de l’ordre de 15 000.

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