Des élus veulent mettre fin aux hospitalisations des détenus terroristes
Ils proposent de soigner les prisonniers sécuritaires dans des installations pénitentiaires séparées, suscitant un débat éthique et médical sur la qualité des soins à leur accorder
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Des députés font pression pour mettre fin à la pratique consistant à autoriser les prisonniers palestiniens détenus pour des motifs sécuritaires à recevoir des soins dans les hôpitaux israéliens, proposant à la place de les maintenir dans des installations médicales gérées par le Service pénitentiaire israélien (IPS), afin d’éviter tout contact avec les patients civils.
S’adressant lundi à la commission de Sécurité nationale de la Knesset, la députée Yulia Malinovsky (Yisrael Beytenu), à l’origine du débat, a affirmé que la présence de détenus accusés ou condamnés pour des actes terroristes dans des hôpitaux civils représentait un danger pour les patients et une source de difficultés inattendues pour les médecins et les infirmières.
« Ce qui s’est passé ne peut pas continuer », a-t-elle déclaré lors de la réunion, évoquant des cas où des hôpitaux avaient admis des prisonniers sans être informés de leur statut sécuritaire.
« Nous voulons que les terroristes emprisonnés qui ont besoin de soins médicaux les reçoivent dans l’enceinte de la prison, afin qu’ils ne soient pas amenés dans un environnement civil », a déclaré le président de la commission, le député Zvika Fogel (Otzma Yehudit).
La question avait brièvement suscité la colère du public l’an dernier, lorsqu’un père endeuillé, victime d’un attentat terroriste, avait été filmé en train de crier sur le personnel de l’hôpital Hadassah du mont Scopus, exigeant qu’ils expulsent un détenu sécuritaire dont le nom n’avait pas été divulgué.
Ce prisonnier avait ensuite été transféré au centre de détention de Sde Teiman, où sont désormais regroupés des Gazaouis soupçonnés d’activités terroristes ou capturés depuis le début de la guerre.
L’indignation du public s’est aussi exprimée à plusieurs reprises lorsque des auteurs présumés d’attentats ont été transportés à l’hôpital juste après leur attaque, parfois soignés dans le même établissement que leurs victimes.
Mais les autorités rappellent que la question est souvent compliquée par le chaos qui suit une attaque, au cours duquel il est parfois difficile de distinguer les terroristes des victimes innocentes.
Aucun projet de loi n’a encore été formulé sur la question, les parlementaires invoquant le manque de données du Service pénitentiaire et du ministère de la Santé sur le nombre annuel de prisonniers sécuritaires hospitalisés.
La proposition de priver les détenus terroristes de soins hospitaliers civils a reçu un large soutien parmi les députés de droite présents. Cependant, les responsables pénitentiaires ont relativisé l’ampleur du phénomène, le décrivant comme relativement marginal, affirmant que ces détenus ne sont amenés dans des hôpitaux civils qu’en dernier recours.
Il y a actuellement 9 272 détenus pour raisons de sécurité dans le système pénitentiaire israélien, mais un seul d’entre eux était hospitalisé lundi, a indiqué Eylon Raz, haut responsable de l’IPS.
Raz a précisé que les prisonniers sécuritaires transférés à l’extérieur pour des soins restaient systématiquement menottés et sous la surveillance d’au moins trois gardiens de prison.
« Je n’ai jamais entendu parler d’attaques contre des civils ou contre le personnel hospitalier, car le Service pénitentiaire fait son travail de manière scrupuleuse, voire excessive, à mon avis », a déclaré Yosef Walfisch, président du comité d’éthique de l’Association médicale israélienne. « Chaque fois qu’un détenu sécuritaire est amené à l’hôpital, il est surveillé par trois gardiens et menotté aux mains et aux pieds. »
Shai Glickman, représentant du groupe militant de droite Btsalmo, a soutenu qu’autoriser les terroristes à se faire soigner dans des hôpitaux civils pouvait être source d’angoisse pour les autres patients, citant des cas où agresseurs et victimes s’étaient retrouvés dans la même salle.
« À mes yeux, cela cause du tort aux patients », a-t-il affirmé.
Les responsables politiques et pénitentiaires s’accordent sur la nécessité d’étendre les services médicaux dans les prisons. Cependant, Malinovsky a insisté tout au long de la réunion sur le fait que les soins prodigués aux détenus terroristes, dans les établissements pénitentiaires, ne devraient pas nécessairement être du même niveau que ceux offerts aux citoyens israéliens dans le système public.
« Malheureusement, l’État est tenu de fournir des soins aux prisonniers, parce qu’il en a l’obligation légale », a-t-elle déclaré. « La question est de savoir quel type de soins. »
Elle a affirmé que ces détenus devaient recevoir les soins minimaux nécessaires pour les maintenir en vie, sans pour autant bénéficier d’une « bonne qualité de vie », allant jusqu’à suggérer que les médecins amputent leurs membres plutôt que de consacrer du temps et des efforts supplémentaires pour leur sauver la vie et leur permettre de conserver leurs extrémités intactes.
Une telle approche violerait le droit international et les principes d’éthique médicale, qui imposent aux médecins d’assurer le même niveau de soins indépendamment des actes passés d’un patient, a rappelé Walfisch, exprimant de profondes réserves face aux déclarations de Malinovsky.
Il a également mis en garde contre les effets d’un transfert massif de moyens médicaux vers les établissements pénitentiaires, estimant qu’il risquerait d’aggraver la pénurie de médecins dans le pays.
« Des efforts importants sont actuellement déployés pour augmenter le nombre de médecins », a-t-il souligné, notant qu’Israël reste en dessous de la moyenne de l’OCDE pour le ratio médecins/habitants. « Ce que j’entends ici, et c’est assez surprenant, c’est que vous voulez que les médecins que nous formons aillent soigner des prisonniers plutôt que mon père ou le vôtre », a-t-il conclu.
la Communauté du Times of Israël !







