Des groupes de défense réclament le retour des visites pour les prisonniers palestiniens
HaMoked, l'ACRI et le PCATI ont déposé un recours devant la Haute Cour pour annuler l’interdiction décrétée peu après le pogrom du 7-Octobre
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Des organisations israéliennes de défense des droits de l’homme ont déposé un recours mardi devant la Haute Cour pour rétablir les visites familiales aux prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël. Cette pratique a été interdite au début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.
Le recours, déposé par HaMoked, l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) et le Comité public contre la torture en Israël (PCATI), qualifie cette interdiction de discriminatoire et de punition collective, d’autant que les conditions de détention des prisonniers détenus pour des raisons de sécurité se seraient considérablement détériorées au cours des deux dernières années.
« Depuis le déclenchement de la guerre le 7-Octobre, l’État d’Israël a presque complètement coupé les prisonniers et détenus palestiniens du monde extérieur », a déclaré Me Daniel Shenhar, avocat de HaMoked qui a déposé le recours.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
« Les parents n’ont eu aucun contact avec leurs enfants, les enfants avec leurs parents, ni les frères et sœurs entre eux. Malgré la fin des hostilités actives et un accord visant à faire revenir tous les otages, les autorités ne semblent pas croire qu’il soit nécessaire de modifier cette politique d’isolement », a poursuivi Me Shenhar.
Les visites familiales ont été interdites par le chef des services pénitentiaires, Kobi Yaakobi, dans le cadre d’un arrêté temporaire qui ordonne que toutes les « activités de routine » normalement menées dans les prisons soient « réduites au minimum ou annulées ».
Depuis lors, les détenus palestiniens ne peuvent plus contacter leurs proches, ni par téléphone, ni en personne. Cette ordonnance a été prolongée à plusieurs reprises depuis sa promulgation initiale et doit expirer le 31 juillet 2026.
Les responsables pénitentiaires ont également interdit les visites de la Croix-Rouge et ont cessé de transmettre des informations sur les détenus palestiniens à ce groupe humanitaire.
Selon ces groupes, les visites de leurs avocats, soumises à des restrictions sévères, constituent le seul contact des détenus avec l’extérieur. Parallèlement, les conditions de détention se sont détériorées : les détenus affirment être régulièrement victimes d’humiliations et d’abus, avoir un accès limité aux soins médicaux et être confrontés à une grave surpopulation carcérale.
Le groupe a noté que des dizaines de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël sont morts en détention depuis le 7-Octobre, faisant écho à un rapport de l’association Physicians for Human Rights-Israel, qui a recensé 98 décès de prisonniers depuis le début de la guerre.
Au 2 novembre, l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) détenait 9 206 Palestiniens soupçonnés ou condamnés pour ce qu’Israël qualifie d’infractions à la sécurité, des crimes allant des attentats terroristes à la publication d’incitations à la violence en ligne.
Parmi ces détenus, on compte 3 368 détenus administratifs et 3 389 détenus en attente de jugement, qui n’ont pas encore été condamnés. Selon les groupes de défense des droits humains, 350 enfants et 48 femmes figurent parmi les détenus.
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