Des lettres rédigées par un médecin d’Auschwitz offrent un aperçu rare des liens familiaux en temps de guerre
Une collection récemment découverte a mis en lumière la correspondance entre Jan Nowak, un médecin non juif originaire de Cracovie, et sa famille restée hors des camps nazis
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Une collection de lettres et de documents ayant appartenu à un médecin polonais emprisonné dans les camps de concentration nazis a récemment été offerte au Musée d’Auschwitz-Birkenau. Elle offre aux historiens un aperçu rare des liens personnels qui ont soutenu les prisonniers pendant la Shoah.
Ces archives, qui ont été offertes par le numismate Marek Trybulski, sont consacrées au Dr. Jan Nowak – un médecin non juif originaire de Cracovie qui avait été déporté à Auschwitz le 26 juin 1941, a indiqué le musée dans la journée de mardi. Elles comprennent notamment une lettre qui avait été envoyée par Nowak depuis le camp, sept lettres de ses proches, des cartes postales, des récépissés de colis et d’autres documents datant de la Seconde Guerre mondiale.
Environ deux millions de Polonais non-juifs avaient été tués par les nazis pendant la Shoah, aux côtés de quelque trois millions de Juifs polonais. Avant la guerre, les Juifs représentaient environ 3,3 millions des 35 millions d’habitants du pays.
Pendant sa détention, Nowak avait travaillé dans les hôpitaux du camp destinés aux prisonniers, principalement au service des maladies infectieuses du bloc 20, où lui et d’autres membres du personnel médical détenus avaient tenté de sauver leurs codétenus de la maladie, de la sélection et de la mort, malgré de sévères restrictions.
Le 18 février 1942, Nowak avait été transféré d’Auschwitz à Majdanek avec trois autres médecins et il avait été chargé d’y organiser les hôpitaux pour prisonniers. Après y avoir passé un long moment, il avait été transféré au camp de concentration de Gross-Rosen, puis dans un sous-camp du camp de concentration de Flossenbürg à Litoměřice.
Il avait finalement été libéré.
Après la guerre, il avait témoigné lors des procès qui avaient été intentés à l’encontre d’anciens médecins SS allemands ainsi qu’à l’encontre d’Erich Muhsfeldt, un officier SS responsable de crimes qui avaient été commis, entre autres, à Majdanek et à Auschwitz.
Cependant, les lettres de Nowak ne révèlent aucun détail cruel de son quotidien. La correspondance entre les prisonniers d’Auschwitz et le monde extérieur était en effet soumise à des restrictions strictes et elle ne pouvait être rédigée qu’en allemand. Les Juifs et les Soviétiques n’avaient pas le droit d’écrire de lettres.
Toutes les lettres étaient contrôlées par la censure, et les SS supprimaient les passages jugés suspects ou trop précis dans la description des conditions de vie dans le camp. Les messages devaient inclure l’assurance que le prisonnier était en bonne santé, même si ce n’était très souvent pas le cas.
Au lieu de cela, la correspondance de Nowak avec sa famille porte sur des sujets moins graves. Une lettre que Nowak avait reçue de sa mère pour Noël comportait, dans le coin supérieur gauche, un sapin de Noël dessiné à la main, orné de boules et d’une bougie.
« Pour un homme emprisonné dans le camp, ce petit sapin de Noël devait sans doute symboliser tous les Noëls qu’il avait passés auparavant avec sa famille », a déclaré Trybulski.
« En regardant cette lettre, on peut essayer d’imaginer ce que représentaient un tel dessin et un message de sa mère pour lui, dans la réalité du camp. »
Trybulski a expliqué avoir acquis cette collection après qu’une femme, qui cherchait initialement à vendre des pièces de monnaie, lui a apporté de manière inattendue plus de 90 documents en lien avec ce médecin. Il les a ensuite offerts au Musée d’Auschwitz-Birkenau, insistant sur le fait qu’il ne pouvait accepter aucune contrepartie financière.
« C’est l’histoire du camp et celle d’une personne en particulier. Des documents comme ceux-ci ne devraient pas faire l’objet d’un commerce », a-t-il déclaré.
Le Musée d’Auschwitz conservera les documents relatifs à l’emprisonnement de Nowak dans ce camp, tandis que ceux qui portent sur ses incarcérations ultérieures dans les camps de Majdanek et de Gross-Rosen seront remis aux musées concernés.
« Les collections de lettres comme celle-ci sont extrêmement rarement données et elles offrent un aperçu unique de la vie intérieure des prisonniers », a déclaré Wojciech Płosa, responsable des archives du musée.
« À la lecture de ces documents, on constate à quel point le lien que les prisonniers tentaient de maintenir avec leurs familles était important, malgré leur emprisonnement dans un camp de concentration », a-t-il ajouté.
« Cela leur donnait l’espoir et la force dont ils avaient besoin pour survivre. »
la Communauté du Times of Israël !








