Rechercher
Reportage

Des mères de soldats israéliens sur tous les fronts pour arrêter la guerre

"Ceux qui sont morts ces quatre derniers mois ont été victimes soit d'une bombe sur le bord de la route, soit d'un accident opérationnel. Aucun n'est tombé au combat. Il n'y a pas de combats", a déploré la mère d'un soldat

Des soldats de l'armée israélienne portent le cercueil du sergent Yuliy Faktor, 19 ans, tué au combat dans la bande de Gaza, lors des funérailles au cimetière militaire de Rishon LeZion, dans le centre d'Israël, le 16 juillet 2025. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Des soldats de l'armée israélienne portent le cercueil du sergent Yuliy Faktor, 19 ans, tué au combat dans la bande de Gaza, lors des funérailles au cimetière militaire de Rishon LeZion, dans le centre d'Israël, le 16 juillet 2025. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

« Nous, les mères de soldats, nous ne dormons plus depuis deux ans », affirme Ayelet-Hashakhar Saidof, une avocate qui a fondé le mouvement « Mères au front » en Israël pour « défendre nos enfants ».

L’AFP a interviewé trois mères de soldats, dont Mme Saidof, qui militent pour la fin de la guerre à Gaza, inquiètes du sort réservé à leurs enfants.

Présente chaque semaine à la Knesset comme dans les rues d’Israël, cette mère de trois enfants, dont un soldat, raconte ce qui l’a poussée à créer ce mouvement qui regroupe, selon elle, 70 000 mères de militaires, appelés et réservistes.

Son premier objectif : faire en sorte que chacun accomplisse son service militaire, comme le prévoit la loi israélienne.

Des dizaines de milliers de juifs ultra-orthodoxes bénéficient d’exemptions, de plus en plus mal acceptées par la société israélienne, alors que le pays est en guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza depuis l’attaque menée le 7 octobre 2023 sur le sol israélien par le groupe terroriste islamiste palestinien.

Depuis, la colère de Mme Saidof, 48 ans, ne cesse de croître.

Des réservistes de la Brigade de Jérusalem opérant dans le nord de la bande de Gaza, sur une photo diffusée le 15 mai 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« On voit des jeunes de vingt ans complètement perdus, brisés, épuisés, qui vont revenir ici avec des blessures psychologiques que la société ne saura pas gérer, comme des bombes à retardement dans nos rues, sujets à la violence, à des accès de rage, à des explosions de colère », s’indigne-t-elle.

« Les mères n’ont peur de rien »

Selon l’armée, 23 soldats israéliens sont morts dans la bande de Gaza depuis un mois, dans une guerre de plus en plus remise en question au sein de la société israélienne.

Plus de 450 soldats israéliens ont été tués depuis le début de l’offensive terrestre le 27 octobre 2023.

En colère contre le gouvernement, Mme Saidof dit en vouloir également à l’armée.

« Tous ceux qui sont morts ces quatre derniers mois ont été victimes soit d’une bombe sur le bord de la route, soit d’un accident opérationnel. Aucun n’est tombé au combat. Il n’y a pas de combats », déplore-t-elle, se basant sur des informations selon lesquelles la majorité des soldats tués à Gaza l’auraient été dans des accidents ou par des engins explosifs.

« Nos enfants ne rencontrent pas de terroristes — ils rencontrent des bombes, des snipers, ou des erreurs opérationnelles. Alors, où les envoient-ils ? Juste être des cibles dans un stand de tir? », s’insurge encore Mme Saidof.

Des soldats israéliens assistent aux funérailles du réserviste Yedidia Bloch, 31 ans, dans l’implantation Mevo Horon en Cisjordanie, le 30 octobre 2024. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Elle montre fièrement le coffre de sa voiture, rempli d’affiches, de pancartes et de mégaphones destinés aux manifestations.

L’une des affiches arbore le dernier slogan du mouvement: « Les soldats tombent et le gouvernement est debout ».

« Mères au front » n’est pas le seul mouvement de mères à appeler à la fin de la guerre, et cela n’a rien à voir avec un courant politique, assure-t-elle.

« Les mères de 2025 sont fortes, n’ont peur de rien, ni les généraux, ni les rabbins, ni les hommes politiques ne nous font peur », affirme cette femme énergique.

« Pas d’enfants pour une guerre sans but »

Devant le domicile du chef d’Etat-major Eyal Zamir, elles ne sont que quatre ce matin-là, mais leur message est sans équivoque : leurs enfants doivent être mieux protégés.

« Nous sommes ici pour lui demander de préserver la vie de nos fils que nous lui avons confiés, de prendre ses responsabilités », déclare Rotem Sivan-Hoffman, médecin et mère de deux soldats.

Elle est l’une des dirigeantes du mouvement Ima Era (Mère éveillée), qui a pour slogan: « Nous n’avons pas d’enfants pour des guerres sans but ».

« Depuis de nombreux mois déjà, nous avons le sentiment que cette guerre aurait dû se terminer (…) Rien n’a été fait pour mettre fin à la guerre, ramener les otages, retirer l’armée de Gaza, ou parvenir à des accords », dénonce Mme Hoffman.

A ses côtés, Orit Wolkin, elle aussi mère d’un soldat au front, ne cache pas son inquiétude.

« Il y a eu des moments où il revenait du combat, et bien sûr c’est quelque chose que j’attends toujours avec impatience, dont je suis heureuse, mais mon cœur se retient de l’être pleinement — parce que je sais qu’il va repartir », confie-t-elle.

Aux obsèques de Yuli Faktor, un soldat de 19 ans tué la veille dans la bande de Gaza avec deux de ses camarades, sa mère, en sanglots, s’adresse en russe à son fils, devant son cercueil recouvert du drapeau israélien.

La mère (en vert) du sergent de l’armée israélienne Yuliy Faktor, 19 ans, tué au combat dans la bande de Gaza, pleure près du cercueil lors des funérailles au cimetière militaire de Rishon LeZion, dans le centre d’Israël, le 16 juillet 2025. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

« Je veux te serrer dans mes bras, tu me manques. Pardonne-moi, s’il te plaît. Veille sur nous, où que tu sois ».

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.