Des missiles iraniens visent la Jordanie ; des explosions dues à des interceptions retentissent au-dessus d’Eilat
Les Jordaniens ont affirmé avoir abattu 4 missiles et 4 drones ; les États-Unis ont mené une nouvelle nuit de frappes contre l’Iran ; pour Rubio, une prise de contrôle iranienne du détroit d'Orrmuz établirait "un dangereux précédent"
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L’Iran a tiré, dans la journée de mercredi, des missiles et des drones en direction de la Jordanie, notamment vers le port d’Aqaba, sur la mer Rouge. Amman a annoncé qu’ils avaient été interceptés.
Les explosions provoquées par certains de ces tirs ont été entendues dans la ville d’Eilat, au sud d’Israël.
Ces événements sont survenus alors que les États-Unis et l’Iran ont continué à échanger des attaques à travers le Moyen-Orient, tandis que les responsables des deux pays remettent en question les efforts diplomatiques en cours qui visent à mettre un terme à la guerre – au moment où le conflit menace à nouveau de dégénérer.
Les États-Unis ont lancé, cette nuit, leur onzième série de frappes aériennes à l’encontre de la république islamique, touchant des cibles à travers tout le pays alors que les systèmes de défense antiaérienne ouvraient le feu au-dessus de la capitale, Téhéran. Le Corps des gardiens de la révolution islamique, la force paramilitaire iranienne, a promis que ses ripostes se poursuivraient.
Et l’Iran, en représailles, a tiré des missiles et des drones qui ont pris pour cible la ville portuaire jordanienne d’Aqaba, se livrant une nouvelle fois à des agressions aux portes mêmes d’Israël. Les États-Unis utilisent le principal aéroport international israélien, Ben Gurion, ainsi que d’autres bases militaires pour stationner leurs avions ravitailleurs et ils ont déployé des avions de chasse dans des bases du pays – mais l’Iran s’est jusqu’à présent montré réticent à s’en prendre à Israël, craignant de ramener l’armée israélienne dans le conflit.
Les sirènes d’alerte aux missiles ont retenti à Aqaba, et l’armée jordanienne a annoncé qu’elle a intercepté quatre projectiles lors de l’attaque qui a été lancée par la république islamique tandis que deux autres sont retombés dans des zones inhabitées.
Sur des vidéos qui ont été filmées par des habitants de la ville portuaire israélienne voisine d’Eilat, où des explosions ont été entendues lors des interceptions, des panaches de fumée étaient visibles au dessus d’Aqaba.
La Jordanie a noté qu’elle avait également intercepté quatre drones iraniens.
Aucun blessé n’a été signalé suite à ces frappes, qui n’auraient pas non plus entraîné de dégâts.
Smoke plumes rising from Aqaba, Jordan, were visible from Eilat in southern Israel after ballistic missiles were launched toward the city’s airport, which hosts several U.S. military aircraft. pic.twitter.com/zJQzhSHltw
— Egypt's Intel Observer (@EGYOSINT) July 22, 2026
L’Iran a pris la Jordanie pour cible à plusieurs reprises ces derniers jours, dans un contexte d’escalade du conflit avec les États-Unis. Dimanche, Israël a lancé des missiles intercepteurs lorsque des fragments de projectiles iraniens, qui avaient été tirés en direction d’Aqaba, ont potentiellement menacé Eilat.
L’armée américaine a indiqué, ce matin, qu’elle avait mené sa onzième nuit consécutive de frappes contre l’Iran. L’agence de presse officielle IRNA a signalé que des explosions avaient secoué les provinces de Bushehr, de l’Azerbaïdjan-Oriental, de Hamadan, d’Hormozgan, d’Ilam, du Khuzestan et du Sistan-et-Baloutchistan. Les États-Unis ont précisé que leurs cibles ont compris des hangars d’avions et des sites de stockage de drones.
Un précédent très dangereux
Le Commandement central américain (CENTCOM) a expliqué avoir lancé ces frappes dans le but d’affaiblir davantage « les capacités de la république islamique à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz ».
« Au cours des trois derniers mois, l’Iran a attaqué plus de 30 navires commerciaux qui transitaient par cette voie navigable internationale vitale pour le commerce régional et mondial », a indiqué le CENTCOM dans un communiqué. « Ces attaques injustifiées ont mis en danger des centaines de marins innocents et elles ont porté atteinte à la liberté de navigation ».
Le CENTCOM a insisté sur le fait que le détroit d’Ormuz restait ouvert à la navigation commerciale malgré ces agressions, mettant en avant le nombre de navires et de barils de pétrole qui ont emprunté cette voie navigable stratégique depuis le début du mois de mai.
Le détroit d’Ormuz est l’embouchure étroite du golfe Persique par laquelle transitait, en temps de paix, un cinquième de l’ensemble du pétrole et du gaz naturel commercialisés. Les attaques iraniennes contre la navigation dans cette voie maritime ont déclenché la récente série d’attaques, et les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, menacent désormais également les pétroliers saoudiens en mer Rouge.
En réponse aux attaques iraniennes, les États-Unis ont rétabli un blocus des ports de la république islamique, faisant faire demi-tour aux navires qui transportent du pétrole iranien.
S’exprimant lors d’un sommet régional qui était organisé aux Philippines, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a dénoncé les agissements de l’Iran dans le détroit.
« Si nous créons un précédent au Moyen-Orient – avec un État-nation qui est dorénavant en mesure de prendre le contrôle d’une voie navigable internationale, de percevoir un péage et, si vous ne payez pas, de faire exploser vos navires – nous allons créer un précédent très dangereux qui se reproduira dans d’autres parties du monde, y compris dans cette région », a-t-il dit.
Rubio a précisé que les États-Unis faisaient preuve d’ouverture d’esprit concernant le conflit au Moyen-Orient et qu’ils étaient disposés à dialoguer, à négocier et à régler leurs différends avec l’Iran, mais que Téhéran ne prenait pas les pourparlers au sérieux.
« S’ils sont sérieux, nous le sommes aussi. S’ils ne le sont pas, alors nous ferons le nécessaire pour protéger nos intérêts, ainsi que les intérêts de nos alliés, » a ajouté Rubio, s’exprimant devant ses homologues d’Asie du Sud-Est à Manille. Ces derniers ont fait part de leur profonde inquiétude face à la reprise des hostilités.
Par ailleurs, le haut commandement militaire interarmées iranien a annoncé qu’il s’en prendrait aux intérêts des États-Unis et de leurs alliés si les États-Unis visaient des sites nucléaires iraniens, ont rapporté les médias d’État iraniens.
Le communiqué qui a été émis par le quartier-général central iranien « Khatem al-Anbiya » a suivi les propos tenus par le président américain Donald Trump, qui a annoncé que les États-Unis frapperaient la région de la montagne de la pioche « très bientôt ».
La montagne de la pioche est un site nucléaire iranien souterrain qui a connu des activités, ces derniers mois, mais qui a été épargné par les frappes.
Identification d’un soldat
Les États-Unis ont également révélé l’identité du troisième soldat qui a perdu la vie lors d’une attaque iranienne qui avait été lancée contre une base en Jordanie, la semaine dernière.
Il s’agit du sergent Angel S. Rampersad. Agé de 28 ans, il était originaire d’Ozone Park, dans l’État de New York.
Une confirmation qui a porté à 18 le nombre de militaires américains tués depuis le début de la guerre.
Lundi, le Pentagone avait annoncé l’identité des deux autres soldats : Tyler James Feehan, 25 ans, originaire d’Ewa Beach, à Hawaï, et Isabella Gonzales, 19 ans, originaire de Carrollton, au Texas.
U.S. Central Command has identified the soldier it had previously reported as missing as Sgt. Angel S. Rampersad, 28, of Ozone Park, New York, who is now believed to have been killed in action on July 17, 2026, during an Iranian attack at Muwaffaq Salti Air Base, Jordan.
Sgt.… pic.twitter.com/akpE3QlJXN
— OSINTdefender (@sentdefender) July 22, 2026
Ils avaient perdu la vie suite à des tirs de missiles et de drones iraniens. Ils étaient déployés pour soutenir une mission américaine contre le groupe État islamique, a indiqué un communiqué du Commandement central américain.
Le président américain Donald Trump assistera mercredi à la cérémonie d’inhumation des militaires américains tués lors des attaques iraniennes au Moyen-Orient, selon son agenda officiel publié par la Maison Blanche.
La cérémonie aura lieu à la base aérienne de Dover, dans le Delaware, à 11 heures, heure locale, a précisé la Maison Blanche.
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