Des œuvres des artistes Rubin et Gutman bientôt mises aux enchères pour 300 000 $
La maison Tiroche vise haut avec la vente de pièces de qualité muséale, issues de collections privées étrangères, de retour sur un marché local étonnamment haussier
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Lorsque, comme chaque année, la maison Tiroche organisera sa vente aux enchères le 28 juin prochain, elle présentera les collines ondulantes d’Ein Kerem, de Nahum Gutman, et le portrait d’une jeune femme jérusalémite de Reuven Rubin, ainsi que d’autres œuvres très attendues de grands artistes israéliens issues de plusieurs collections majeures.
« Ces ventes ont toujours été fascinantes », explique Amitai Hazan, PDG de la maison de ventes, « mais elles le sont encore plus avec ces collections sur lesquelles nous travaillons depuis des années et qui sont enfin là. »
Au-delà de Gutman et Rubin, la vente aux enchères Tiroche présentera des œuvres d’artistes du début du XXe siècle tels que Yehezkel Streichman, Mordecai Ardon et Menachem Shemi, mais aussi des pièces contemporaines signées entre autres par Michal Rovner, Israel Hershberg, Fatima Abu Rumi et Lea Nikel.
Trois de ces œuvres d’art sont estimées à 1 million de NIS chacune, un prix considéré comme très élevé pour des oeuvres israéliennes. Celles-ci comprennent deux toiles de Rubin représentant Jérusalem dans les années 1920 et 1930 — de loin sa meilleure période, de l’avis des spécialistes — et une peinture de 1972 d’Ardon.
Les tableaux proviennent de trois collections étrangères d’art israélien : celle de Joseph et Gerda Brender de Sydney ; celle de Rubin et Peggy Zimmerman, qui ont bâti leur collection dans les années 1960 et 1970 ; et enfin celle de Nathan Kaplan, militant sioniste de Chicago.
« Ce n’est pas seulement le choix des peintures, mais aussi leur qualité », ajoute Hazan. « Ce sont des collections de qualité muséale. »
D’autres œuvres aux enchères devraient se vendre plusieurs milliers de dollars, précise Hazan, les oeuvres les plus chères étant le reflet d’un marché plus solide que prévu après la pandémie de coronavirus et plus trois ans de guerre contre le Hamas, le Hezbollah et l’Iran.
« J’avais entendu dire que les prix du marché de l’art israélien allaient probablement baisser un peu, que les collectionneurs achetaient des œuvres plus modernes, en particulier les jeunes acheteurs de la tech », rappelle-t-il.
Depuis le pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, les collectionneurs d’art israélien se tournent vers des œuvres plus anciennes, dans une sorte de quête nostalgique du passé à travers la peinture et la sculpture après l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire d’Israël.
« Le marché s’est réveillé, qui a donné un sorte de signal à ces collections – le signal qu’il était temps de vendre », ajoute Hazan.
Il compare ce phénomène aux récents concerts de reformation de « The 16th Sheep », avec dans ses rangs les musiciens préférés des Israéliens, ou les retrouvailles de la troupe comique Zehu Ze.
« Les gens veulent revenir aux sources, aux choses qui font du bien », affirme Hazan.
La maison de ventes était en contact avec la famille Brender depuis plusieurs années, mais les discussions avaient été suspendues après le 7-octobre. Les Zimmerman se sont ajoutés plus récemment, lorsque la famille a constaté la tendance haussière du marché et qu’elle a décidé de se lancer dans la vente de sa collection.
« Ils possèdent des pièces que l’on ne voit normalement que dans les musées », souligne Hazan en rappelant leur intérêt pour quatre artistes — Rubin, Gutman, Ardon et Moshe Castel — tous collectionnés dans les années 1960 et 1970.
« Si l’on compare cela aux investissements technologiques, c’est comme s’ils avaient investi dans Apple et Facebook aux tout débuts », ajoute-t-il. « Ils ont eu l’œil très sûr. »
Ces deux années et demie ont été instables pour Tiroche, comme pour toutes les autres entreprises israéliennes. La veille d’une vente aux enchères prévue le 14 avril 2024, l’armée iranienne a lancé sa toute première attaque directe contre le territoire israélien.
« J’ai envisagé de reporter, mais dès le lendemain matin, tout le monde était de super humeur en voyant ce que l’armée de l’air israélienne avait accompli — il y avait de l’optimisme dans l’air », raconte-t-il.
Les conseillers de Hazan lui ont conseillé de profiter de l’occasion et de maintenir la vente.
« C’est notre pays, nous vivons de sommet en sommet », poursuit-il.
L’an dernier, une vente aux enchères prévue à la mi-juin a dû être reportée en raison de la guerre de 12 jours avec l’Iran.
« C’est difficile de faire des affaires comme ça en Israël : on prépare des choses pendant des mois et presque rien ne se passe comme prévu », conclut Hazan.
Lors de la prochaine vente aux enchères, le 28 juin, la plupart des 2 000 enchérisseurs attendus participeront virtuellement.
Les œuvres de Rubin et d’Ardon se disputeront l’attention des collectionneurs, bien qu’elles appartiennent à des époques bien différentes : Ardon a connu ses plus grands succès aux États-Unis dans les années 1960 et 1970, tandis que les œuvres de Rubin datent des années 1920.
« Ces œuvres ont maintenant 100 ans », fait remarquer Hazan.
Dans l’ensemble, Hazan se dit satisfait que ces œuvres israéliennes majeures, « les bonnes pièces », finissent par revenir à la maison.
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