Des sanctions envisagées par les US contre les alliés de l’OTAN qui ont refusé de s’impliquer en Iran
Une note interne a évoqué une suspension de l'Espagne - sans préciser comment - et un réexamen de la position sur la revendication britannique concernant les Malouines ; Trump a suggéré un départ des Américains de l'alliance
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

WASHINGTON (Reuters) – Selon un responsable américain qui a été interrogé par Reuters, le Pentagone a envoyé un e-mail interne dans lequel il a présenté les options dont disposent les États-Unis pour sanctionner leurs alliés de l’OTAN qui, selon eux, ont failli à soutenir les opérations américaines lors de la guerre contre l’Iran. Parmi ces options, la suspension de l’Espagne de l’alliance transatlantique et la réévaluation de la position américaine concernant la revendication britannique sur les îles Malouines.
Ces options sont détaillées dans une note qui fait part du mécontentement de Washington face à la réticence ou au refus apparent de certains alliés d’accorder aux États-Unis des droits d’accès, d’utilisation des bases et de survol, ou droits ABO, dans le cadre de la guerre contre l’Iran, a déclaré ce responsable, qui a souhaité conserver l’anonymat pour décrire le contenu de l’e-mail.
Les droits ABO ne représentent « que le minimum absolu pour l’OTAN », est-il précisé dans l’e-mail, d’après ce responsable, qui a ajouté que les options proposées faisaient l’objet de discussions au plus haut niveau au Pentagone.
L’une des options évoquées dans l’e-mail prévoit de suspendre les pays « problématiques » de leurs fonctions importantes ou prestigieuses au sein de l’OTAN, a indiqué ce responsable.
Le président américain Donald Trump a sévèrement critiqué ses alliés de l’OTAN, leur reprochant de ne pas avoir envoyé leurs marines en renfort pour débloquer le détroit d’Ormuz, fermé à la navigation internationale depuis le début de la guerre américano-israélienne contre la république islamique, le 28 février.
Il a également annoncé qu’il envisageait de retirer les États-Unis de cette puissante alliance créée après la Seconde Guerre mondiale et au début de la guerre froide.
« À ma place, vous ne feriez pas de même ? », a demandé Trump à Reuters dans une interview accordée le 1er avril, en réponse à une question sur la possibilité d’un retrait des États-Unis de l’OTAN.
L’e-mail ne préconise ni un tel retrait des États-Unis, ni une fermeture des bases américaines en Europe, a fait savoir le responsable.
Ce dernier n’a en revanche pas souhaité s’exprimer sur la question de savoir si les options envisagées comprenaient un retrait partiel des forces américaines d’Europe – un scénario largement anticipé.
Interrogé sur cet e-mail, le porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a répondu : « Comme l’a souligné le président Trump, malgré tout ce que les États-Unis ont fait pour nos alliés de l’OTAN, ces derniers ne nous ont pas soutenus. »
« Le département de la Défense mettra tout en œuvre pour que le président bénéficie d’options crédibles, qui permettront de s’assurer que nos alliés ne se contenteront plus d’être des tigres de papier, mais qu’ils assumeront leur part de responsabilités. Nous ne commenterons pas davantage les délibérations internes à ce sujet », a affirmé « Wilson.
La Maison Blanche pointe le « sentiment de droit acquis » des Européens
La guerre américano-israélienne contre l’Iran a soulevé de profondes interrogations quant à l’avenir de cette alliance vieille de 76 ans, et suscité une inquiétude sans précédent quant à la possibilité que les États-Unis ne portent pas secours à leurs alliés européens si ceux-ci venaient à être attaqués, ont déclaré des analystes et des diplomates.
Si la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays considèrent que se joindre au blocus naval américain reviendrait à entrer en guerre, ils se disent néanmoins disposés à contribuer au maintien de l’ouverture du détroit une fois qu’un cessez-le-feu durable aura été conclu, ou que le conflit aura pris fin.
Les responsables de l’administration Trump ont quant à eux souligné que l’OTAN ne pouvait pas fonctionner à sens unique.
Ils ont fait part de leur mécontentement envers l’Espagne, dont le gouvernement socialiste, dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez, a refusé que ses bases ou son espace aérien soient utilisés pour attaquer l’Iran. L’Espagne abrite deux importants sites militaires américains : la base navale de Rota et la base aérienne de Morón.
Les options politiques décrites dans l’e-mail auraient pour objectif d’envoyer un signal fort aux alliés de l’OTAN, dans le but d' »atténuer chez les Européens le sentiment qu’ils ont des droits acquis », a précisé le responsable, reprenant les termes de l’e-mail.
L’option de suspendre l’Espagne de l’alliance n’aurait qu’un effet limité sur les opérations militaires américaines, mais un impact symbolique considérable, est-il affirmé dans l’e-mail.
Le responsable n’a pas précisé de quelle manière les États-Unis comptaient procéder pour suspendre l’Espagne de l’alliance. Reuters n’a pas été en mesure de déterminer pour l’instant si l’OTAN disposait d’un mécanisme prévoyant une telle éventualité.
La note mentionne également la possibilité de réexaminer le soutien diplomatique américain aux « possessions impériales » européennes de longue date, notamment les îles britanniques des Malouines, au large de l’Argentine.
Selon le site web du Département d’État, ces îles, administrées par le Royaume-Uni, font toujours l’objet d’une revendication de la part de l’Argentine dont le président, Javier Milei, est un allié de Trump et d’Israël.
La Grande-Bretagne et l’Argentine se sont brièvement affrontées en 1982 au sujet de ces îles, dont l’Argentine avait tenté sans succès de s’emparer. Quelque 650 soldats argentins et 255 soldats britanniques ont trouvé la mort dans ce conflit, qui s’est achevé par la capitulation de l’Argentine.
Trump a, à plusieurs reprises, insulté le Premier ministre britannique Keir Starmer, le traitant de lâche en raison de son refus de se joindre à la guerre des États-Unis contre l’Iran, ajoutant qu’il n’était « pas Winston Churchill » et qualifiant les porte-avions britanniques de « simples jouets ».
Dans un premier temps, la Grande-Bretagne a rejeté la demande des États-Unis visant à autoriser les avions américains à décoller de deux bases britanniques pour attaquer l’Iran. Elle a toutefois accepté, par la suite, d’autoriser des missions défensives visant à assurer la protection des habitants de la région, notamment des citoyens britanniques, face aux représailles iraniennes.
S’adressant aux journalistes au Pentagone, au début du mois, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que cette guerre avec l’Iran avait « révélé beaucoup de choses », faisant remarquer que, si les missiles à longue portée de l’Iran étaient inefficaces contre les États-Unis, ils avaient en revanche la capacité d’atteindre l’Europe.
« Nous nous heurtons à des interrogations, à des blocages ou à des réticences…Il est difficile de parler d’alliance si certains pays ne sont pas prêts à vous soutenir quand vous en avez besoin », a confié Hegseth.
la Communauté du Times of Israël !







