Des sénateurs démocrates américains demandent la reconnaissance d’un État palestinien
Il est peu probable que cette résolution soit adoptée, mais elle témoigne du changement de cap des législateurs vers davantage de pression sur Israël pour mettre fin à la guerre
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Jeudi, des sénateurs américains ont proposé la toute première résolution du Sénat invitant à la reconnaissance d’un État palestinien, signe d’un changement de position de Washington envers Israël, deux ans après le début de sa guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Il est peu probable que cette motion proposée par les Démocrates soit adoptée par la chambre, dominée par les républicains du président Donald Trump, par 53 sièges contre 47.
Jeudi, Trump a déclaré qu’il n’était pas d’accord avec le Premier ministre britannique, Keir Starmer, au sujet de la reconnaissance d’un État palestinien et qu’aucun Républicain n’a fait état de son soutien à cette motion.
Le démocrate Jeff Merkley, de l’Oregon, à l’origine de ladite motion, a déclaré par voie de communiqué : « L’Amérique a la responsabilité de diriger, et le moment est venu d’agir ».
La résolution exhorte les États-Unis à reconnaître un État palestinien démilitarisé aux côtés d’un Israël sûr, dans le but de redonner l’espoir aux deux parties tout en renforçant les perspectives de paix, a déclaré Merkley.
À la Chambre des Représentants, Ro Khanna, de Californie, a fait circuler une lettre dans le but de rallier des soutiens au principe de reconnaissance de l’État palestinien.
Ces actions, au Sénat, sont le signe d’un changement de cap des législateurs qui tentent désormais de persuader Israël de mettre fin à la guerre et de lutter contre les effets de la crise humanitaire à Gaza alors que le conflit dure depuis bientôt ses deux ans.
Israël a fait savoir que la reconnaissance d’un État palestinien revindrait à récompenser le Hamas et serait perçue par le groupe terroriste – et de nombreux Palestiniens – comme la conséquence directe des atrocités commises le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre à Gaza.
L’ambassade d’Israël à Washington n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaire.
Les autres co-auteurs de la résolution du Sénat sont les démocrates Chris Van Hollen, du Maryland, Tim Kaine, de Virginie, Peter Welch, du Vermont, Tina Smith, du Minnesota, Tammy Baldwin, du Wisconsin et Mazie Hirono, d’Hawaï, ainsi que Bernie Sanders, du Vermont, un indépendant membre du caucus démocrate.
Mercredi, Sanders a été le tout premier sénateur américain à qualifier les événements à Gaza de génocide, ce que récuse formellement Israël.
Une commission d’enquête mandatée par les Nations Unies a affirmé cette semaine qu’Israël avait commis un génocide à Gaza. Israël a déclaré que ces conclusions étaient biaisées et de surcroit fondées sur des preuves non vérifiées.
Certains alliés des États-Unis devraient sous peu reconnaître un État palestinien à quelques jours de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, la semaine prochaine.
Le mois dernier, un sondage d’opinion Reuters/Ipsos avait établi que 58 % des Américains pensaient que tous les pays des Nations Unies devaient reconnaître un Etat palestinien.
Depuis Londres, jeudi, Trump a appelé à la libération de tous les otages immédiatement en ajoutant « Nous voulons que les combats cessent ». Il a déclaré que les États-Unis « faisaient beaucoup sur la question d’Israël et de Gaza et tout ce qui se passe là-bas », et que cela « allait se faire ».
Les États-Unis ont une fois de plus opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant un cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza assorti de la libération des otages, estimant qu’elle ne condamnait pas suffisamment le Hamas.
Les 14 autres membres de l’organe le plus puissant des Nations Unies ont voté en faveur de cette résolution, qui parle d’une situation humanitaire à Gaza « catastrophique » et presse Israël de lever toutes les restrictions concernant l’acheminement de l’aide aux 2,1 millions de Palestiniens de l’enclave.
Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, a fustigé cette nouvelle résolution, dont il estime qu’elle « ne fera pas libérer les otages et n’apportera pas la sécurité dans la région ».
« Israël continuera à combattre le Hamas et protéger ses concitoyens, et ce même si le Conseil de sécurité préfère fermer les yeux sur le terrorisme », a-t-il déclaré jeudi dans un communiqué.
L’armée israélienne a poursuivi son offensive terrestre dans Gaza-City. La dernière opération israélienne, qui a débuté mardi, fait monter d’un cran l’intensité du conflit qui secoue le Moyen-Orient et éloigne la perspective d’un cessez-le-feu et d’un accord de libération des otages.
L’armée israélienne, qui parle de « détruire les infrastructures militaires du Hamas », n’a pas donné de précisons sur la durée de cette offensive, mais on peut légitimement penser que cela pourrait prendre des mois.
La guerre a commencé lorsque des terroristes dirigés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, pour y tuer 1 200 personnes, essentiellement des civils, et faire 251 otages séquestrés à Gaza. Des groupes terroristes détiennent toujours 47 de ces otages à Gaza, dont les corps de 25 d’entre eux, dont la mort a été confirmée par les autorités israéliennes.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 65 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes lors des combats dans la bande de Gaza. Toutefois, ce bilan est invérifiable et ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés.
En août dernier, Israël a revendiqué la mort de plus de 22 000 hommes armés au combat, auxquels s’ajoutent 1 600 terroristes tués en territoire israélien lors du pogrom commis le 7 octobre.
Israël assure faire de son mieux pour limiter les pertes civiles, rappelant de surcroit que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en se battant depuis des zones civiles – maisons, hôpitaux, écoles et mosquées.
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