Des voix politiques s’élèvent en Israël contre la montée du terrorisme juif en Cisjordanie
Des attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie sont perpétrées depuis des années, souvent dans l'indifférence
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Les violences de résidents d’implantations contre des Palestiniens en Cisjordanie, qualifiées de terrorisme juif par des hommes politiques et d’ex-responsables sécuritaires en Israël, atteignent un pic depuis le début de la guerre en Iran.
Et leurs auteurs continuent d’agir en toute impunité, selon des institutions et ONG.
Des attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie sont perpétrées depuis des années, souvent dans l’indifférence.
Mais leur brutale augmentation a entraîné les critiques d’influents rabbins, de dirigeants d’implantations, et jusqu’au chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir qui les a qualifiées de « moralement et éthiquement inacceptables ».
Fin mars, l’association Commandants pour la sécurité d’Israël, regroupant 550 officiers supérieurs et généraux en retraite ainsi que d’anciens hauts responsables des services de sécurité, ont publié une lettre ouverte interpellant le général Zamir sur le « danger stratégique » pour la sécurité du pays que représente pour eux le « terrorisme juif ».
Le chef de l’opposition Yaïr Lapid, a lui aussi enjoint récemment le gouvernement à « combattre le terrorisme juif par tous les moyens » en Cisjordanie.
Pour Réem Cohen, chercheur à l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv, « il y a une augmentation des actes de terrorisme juif depuis le début de la guerre avec l’Iran » le 28 février, ainsi que de « la gravité des actes ».
Dans un entretien à l’AFP, cet auteur d’un rapport sur le sujet dénonce l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes.
« Le gouvernement israélien et les forces de sécurité (…) ne réagissent pas de manière déterminée », dit M. Cohen. Il rappelle qu’une des premières mesures du ministre de la Défense, Israel Katz, à sa prise de fonctions en 2024, a été d’annuler la détention administrative (sorte de garde à vue quasi-illimitée) pour les suspects israéliens en Cisjordanie.
Au moins six Palestiniens ont été tués dans ce territoire depuis début mars dans des violences imputées à des extrémistes. Pour toute l’année 2024, l’ONU en a recensé cinq.
« D’événements marginaux et locaux », c’est devenu « un phénomène étendu, lié à la lutte pour le contrôle du territoire et à l’effort pour déloger la population palestinienne », écrit le chercheur.
Hormis Jérusalem-Est, plus de 500 000 Israéliens y vivent aujourd’hui dans des implantations jugées illégales par l’ONU, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.
L’expansion de la présence israélienne en Cisjordanie s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s’est nettement accélérée depuis l’accession de l’extrême droite au pouvoir fin 2022, à la faveur d’une alliance avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et plus encore après le pogrom du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre contre les terroristes palestiniens de Gaza.
Dans les années 2000, après le début de la Seconde Intifada (soulèvement palestinien), les « jeunes des collines », radicaux en rupture de ban, pratiquaient ce qu’ils appelaient la politique du « prix à payer », en s’en prenant à des Palestiniens au hasard après chaque attentat anti-israélien.
Depuis le 7-Octobre, ces violences sont devenues quasi-quotidiennes, « avec le soutien implicite de certains membres du gouvernement », note M. Cohen dans une référence claire aux ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir (Sécurité nationale) et Bezalel Smotrich (Finances).
En pleine guerre avec l’Iran, le gouvernement « soutient le terrorisme juif » et nuit à la sécurité d’Israël en forçant l’armée à devoir « éteindre des feux » qu’il a lui-même allumés en Cisjordanie, a accusé en mars Yaïr Golan, chef de l’alliance de gauche Les Démocrates.
« Barbares des collines »
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, parfois par les auteurs des exactions eux-mêmes, montrent des centaines de jeunes hommes, souvent cagoulés, armés de bâtons mais aussi d’armes automatiques, entrer dans des villages palestiniens pour y semer la terreur.
Des maisons sont incendiées, des oliviers coupés, des moutons tués et les tirs à balles réelles se multiplient.
Dans une récente enquête sur ces groupes actifs principalement autour de Naplouse (nord) et Hébron (sud), le quotidien Yediot Aharonot les qualifie de « barbares des collines ».
Depuis le 7-Octobre, plus de 175 fermes et avant-postes illégaux ont été créés en Cisjordanie, relève l’ONG israélienne anti-colonisation La Paix Maintenant.
Bien que non reconnus par la loi israélienne, ils reçoivent selon elle le soutien des autorités et la protection de l’armée.
Rejetant toute autorité et porteur d’une vision théocratique, le noyau dur des « jeunes des collines » a pour priorité d’imposer la souveraineté juive sur la Cisjordanie par tous les moyens.
Selon plusieurs médias israéliens, M. Netanyahu aurait exigé des forces de sécurité et de l’armée qu’elles agissent contre les radicaux après le mécontentement manifesté publiquement par Washington le 27 mars.
Pour l’INSS, « 90 % des affaires de violences de colons en Cisjordanie sont classées sans inculpation » et des soldats y participent parfois.
la Communauté du Times of Israël !







