Détroit d’Ormuz : L’Iran au cœur des critiques lors de la réunion de l’OMI
"Plus de 18 navires de commerce ont été touchés par des projectiles, des missiles, des drones sous-marins et des mines marines" autour du détroit depuis le début de la guerre, faisant "8 morts et 4 disparus"
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Mercredi, au premier jour d’une réunion de crise de l’agence maritime de l’ONU consacrée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur la navigation, plusieurs pays ont accusé l’Iran de mettre en danger la vie de milliers de marins bloqués autour du détroit d’Ormuz.
« L’activité sournoise de l’Iran est nocive pour le transport maritime international », ont affirmé les Émirats arabes unis, dont le représentant a été le premier à prendre la parole lors de cette réunion de l’Organisation maritime internationale (OMI), l’organe onusien chargé de la sécurité en mer.
En réponse aux frappes israélo-américaines lancées le 28 février, l’Iran a orchestré une quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, un passage crucial entre le Golfe et le golfe d’Oman pour l’exportation des hydrocarbures, ce qui a entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz.
L’OMI estime à 20 000 le nombre de marins actuellement bloqués dans la zone, à bord de 3 200 bateaux.
Selon un document déposé mardi par les Émirats arabes unis auprès de l’OMI, « plus de 18 navires de commerce ont été touchés par des projectiles, des missiles, des drones sous-marins et des mines marines » autour du détroit depuis le début de la guerre, provoquant « huit morts et quatre disparus ».
D’autres pays du Golfe, comme le Qatar et l’Arabie saoudite, ont également condamné les frappes de l’Iran depuis le début de la guerre.
« Ces attaques constituent une grave atteinte à la souveraineté des États, une violation manifeste de la Charte des Nations unies et du droit international, ainsi qu’une menace directe pour la liberté de navigation et la sécurité des routes maritimes », a martelé l’Arabie saoudite.
De son côté, l’Iran, membre de l’OMI mais pas du Conseil, impute la responsabilité de la situation au « recours récent et illégal à la force et à l’agression militaire des États-Unis et du régime israélien » à son encontre.
« On tente de réduire une situation géopolitique extrêmement complexe à une formule simpliste, en faisant peser l’intégralité de la responsabilité sur une seule des parties au conflit, tout en ignorant complètement les actions qui ont précédé l’escalade actuelle », a renchéri la Russie, rare soutien de Téhéran, mercredi.
Tout en exprimant sa préoccupation pour la sécurité maritime, Moscou a également estimé, à l’instar de la Chine, que l’OMI n’était « pas le forum approprié pour condamner des actes de guerre ».
« Corridor maritime sûr »
La réunion pourrait aboutir, jeudi, à l’adoption par le Conseil de l’OMI (son organe exécutif, composé de 40 États membres) de résolutions sur la sécurité des marins, leur réapprovisionnement ou la nécessité de garantir une évacuation sécurisée des bateaux bloqués. Celles-ci ne seraient cependant pas contraignantes.
Plusieurs pays du conseil, dont le Bahreïn, le Japon, le Panama, Singapour et les Émirats arabes unis, et soutenus par les États-Unis, ont proposé la « mise en place d’un corridor maritime sûr pour l’évacuation en toute sécurité des navires marchands depuis cette zone », proposition soutenue par la déléguée américaine.
« Nous appelons nos partenaires du monde entier à soutenir les efforts visant à rouvrir le détroit », a-t-elle souligné, alors que Donald Trump a plusieurs fois demandé aux pays de l’OTAN et à la Chine d’envoyer des moyens militaires pour escorter les navires.
« En vue de protéger les marins innocents et de garantir la sécurité de la navigation et de l’environnement marin, je vous demande avec beaucoup d’insistance de concentrer vos efforts sur des mesures pratiques », a déclaré Arsenio Dominguez, secrétaire général de cette agence de l’ONU, à l’ouverture de la session.
Le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a rappelé aux délégués que le conflit avait déjà coûté la vie à au moins sept marins marchands.
« Ils ne doivent pas devenir les victimes de tensions géopolitiques plus larges », a-t-il déclaré, appelant à une désescalade pour permettre aux marins de quitter le Golfe en toute sécurité.
Les pays de l’OTAN ont également examiné les mesures qui pourraient être prises, a déclaré le secrétaire général Mark Rutte.
La session du Conseil de l’OMI se poursuivra jeudi.
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