Deux militants de la flottille pour Gaza transférés pour être interrogés en Israël
Selon le ministère des Affaires étrangères, l'un des organisateurs, Saif Abu Keshek, est "soupçonné d'appartenir à une organisation terroriste" et l'autre, Thiago Ávila, est accusé "d'activités illégales"
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Selon les autorités israéliennes, deux militants responsables d’une flottille humanitaire à destination de Gaza ont été transférés en Israël vendredi en tant que suspects, après que leur flottille a été interceptée cette semaine par les forces israéliennes au large de la Crète, dans les eaux internationales.
Les autres militants présents à bord des navires, soit quelque 175 personnes, ont été arrêtés lorsqu’Israël a intercepté leurs embarcations. Ils ont été débarqués vendredi sur l’île grecque.
Escortés par les garde-côtes grecs, les militants, dont la majorité sont des ressortissants de pays européens, ont été emmenés à bord de quatre bus à destination du port d’Atherinolakkos, dans le sud-est de l’île, a rapporté un journaliste de l’AFP.
Alors qu’ils approchaient du port, les militants scandaient « Free Palestine », a fait savoir l’AFP.
Le ministère des Affaires étrangères a confirmé la libération des militants détenus, à l’exception des deux personnes emmenées en Israël.
« Saif Abu Keshek, soupçonné d’appartenance à une organisation terroriste, et Thiago Ávila, suspecté d’activités illégales, seront conduits en Israël pour y être interrogés », a indiqué le ministère dans un tweet, sans fournir aucune preuve.
Abu Keshek, un citoyen palestino-espagnol, et Ávila, un ressortissant brésilien, sont tous deux membres du comité directeur de la Global Sumud Flotilla, qui est à l’origine des tentatives répétées de briser le blocus naval israélien imposé à Gaza et d’acheminer de l’aide humanitaire dans l’enclave côtière.
La marine israélienne a intercepté plusieurs navires de cette flottille de 58 embarcations dans la nuit de mercredi à jeudi, au large des côtes de la Crète, à des centaines de milles marins d’Israël.
Jeudi matin, le ministère des Affaires étrangères a annoncé avoir arrêté quelque 175 militants et intercepté 21 bateaux.
Les précédentes tentatives visant à briser le blocus naval avaient vu la marine israélienne intercepter les navires beaucoup plus près des côtes de Gaza, où la flottille devait arriver ce week-end.
Le ministère des Affaires étrangères a expliqué que « le grand nombre de navires qui participaient à la flottille, le risque d’escalade et la nécessité d’empêcher la violation d’un blocus conforme à la loi ont justifié une action précoce, conformément au droit international ».
La marine a appelé les militants restants à faire demi-tour ou, s’ils transportaient de l’aide humanitaire, à se diriger vers Ashdod, afin de permettre l’inspection de cette aide avant son entrée à Gaza. Elle a averti qu’ils seraient eux aussi arrêtés s’ils tentaient de poursuivre leur route.
Selon les organisateurs, 31 des navires restants ont poursuivi leur chemin, avec l’intention de « briser le siège illégal de Gaza ».
La flottille a pris la mer au début du mois à Barcelone, en Espagne. Plus de 70 bateaux et 1 000 personnes venues du monde entier devaient y participer, ont fait savoir les organisateurs. D’autres embarcations devaient s’ajouter aux bateaux initiaux au fur et à mesure que la flottille naviguait vers l’est à travers la Méditerranée.
Le ministère grec des Affaires étrangères a indiqué jeudi avoir demandé à Israël de retirer ses navires de la zone concernée et avoir proposé ses « bons offices » en vue de permettre aux militants de débarquer en Grèce et d’être rapatriés.
Des manifestations de solidarité avec la flottille ont éclaté dans plusieurs capitales, notamment à Rome, Athènes et Istanbul.
Après l’annonce par Israël du transfert d’Abu Keshek et d’Ávila vers Israël, la flottille Global Sumud a lancé un appel à la communauté internationale.
« Nous exhortons les gouvernements du monde entier à faire pression sur le régime israélien pour qu’il libère toutes les personnes illégalement enlevées », a déclaré le groupe vendredi.
Si l’Espagne et le Brésil n’ont pas encore commenté l’arrestation et le transfert vers Israël d’Abu Keshek et d’Ávila, ils ont toutefois souligné jeudi soir, dans une déclaration commune avec plusieurs autres nations, que l’interception de la flottille par Israël et l’arrestation des militants dans les eaux internationales « constituent des violations flagrantes du droit international et du droit international humanitaire ».
Les États-Unis ont pour leur part apporté leur soutien aux autorités israéliennes, décrivant la flottille comme une « mise en scène » et indiquant qu’ils attendaient de leurs alliés qu’ils refusent le droit d’accoster, de mouiller, de partir et de se ravitailler aux navires participant à la flottille.
Un porte-parole du Département d’État a ajouté que Washington envisageait de prendre des « mesures » à l’encontre de ceux qui appuient la flottille.
La guerre à Gaza, déclenchée par les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, a provoqué de graves pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant.
Au cours de l’été et de l’automne 2025, une première expédition de la flottille Global Sumud à travers la Méditerranée en direction de Gaza a attiré l’attention du monde entier.
Cette dernière tentative de rejoindre Gaza intervient moins d’un an après que les autorités israéliennes ont fait échouer la précédente initiative du mouvement. À l’époque, l’expédition avait mobilisé une cinquantaine d’embarcations à bord desquelles voyageaient près de 500 personnes, dont la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, le petit-fils de Nelson Mandela, Mandla Mandela, et plusieurs parlementaires.
Israël a arrêté, placé en détention puis expulsé les membres de l’expédition, notamment Ávila, qui a accusé les autorités israéliennes de les avoir maltraités pendant leur détention. Les autorités israéliennes ont nié ces accusations.
Israël et l’Égypte ont imposé des blocus d’intensité variable sur Gaza depuis que le groupe terroriste du Hamas a pris le pouvoir en 2007, à la suite d’un violent coup d’État contre les autorités palestiniennes rivales en 2007.
Israël a justifié cette mesure par la nécessité de restreindre la capacité du Hamas à faire passer des armes en contrebande, une position qu’il a réaffirmée depuis le pogrom du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre de Gaza. Pour les opposants au blocus, celui-ci s’apparente à une punition collective infligée aux quelque 2 millions de Palestiniens de la bande de Gaza.
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