Devant 150 000 fidèles, le pape appelle à la paix au Liban et dans la région
"Les armes tuent, tandis que la négociation, la médiation et le dialogue construisent. Choisissons tous la paix comme chemin", a déclaré Léon XIV
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Le pape Léon XIV a appelé mardi à faire prévaloir la paix au Moyen-Orient lors d’une messe devant plus de 150 000 fidèles à Beyrouth, moment fort d’une visite marquée par la ferveur et l’émotion.
Avant de s’envoler pour le Vatican, le chef de l’Église catholique a également demandé « l’arrêt des attaques » contre le Liban, soumis à des frappes israéliennes régulières visant le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et qui craint une escalade de la violence.
« Le Moyen-Orient a besoin de nouvelles approches afin de rejeter la mentalité de vengeance et de violence […] et d’ouvrir de nouveaux chapitres au nom de la réconciliation et de la paix », a déclaré le souverain pontife lors d’une messe en plein air sur le front de mer de Beyrouth.
Pendant trois jours, le pape a été accueilli avec ferveur dans ce petit pays, dernière étape de son premier voyage international, qui l’a d’abord conduit en Turquie.
« C’est un signe d’espoir pour le Liban », confie à l’AFP Elias Fadel, 22 ans. « J’espère qu’il n’y aura pas de guerre », ajoute le jeune homme, reflétant l’inquiétude qui prévaut au Liban.
Le pays a vécu une guerre meurtrière entre le Hezbollah et Israël il y a un an et craint une nouvelle escalade malgré le cessez-le-feu.
L’armée israélienne a multiplié ses frappes contre des cibles du Hezbollah, qu’il accuse de violer le cessez-le-feu de novembre 2024, éliminant le chef militaire du groupe terroriste chiite libanais lors d’une frappe à Beyrouth la semaine dernière.
« La paix comme chemin »
« Que cessent les attaques et les hostilités », a lancé le chef de l’Église catholique dans un discours à l’aéroport de Beyrouth avant de prendre l’avion.
« Les armes tuent, tandis que la négociation, la médiation et le dialogue construisent. Choisissons tous la paix comme chemin […] », a-t-il dit.
Dès l’aube, les fidèles, dont beaucoup sont venus de pays du Moyen-Orient, ont afflué, portant des drapeaux du Vatican et du Liban.
À bord de sa papamobile, le pape a été acclamé dans une atmosphère mêlant ferveur et joie.
« J’espère que la paix va régner dans ce beau pays qui réunit toutes les confessions et religions », dit Sandra Naïm, 37 ans.
Prière silencieuse
Avant la messe, le souverain pontife s’était recueilli sur le site de l’explosion meurtrière au port de Beyrouth, qui a dévasté plusieurs zones de la capitale en 2020, faisant plus de 220 morts.
Il a béni les proches des victimes, dont beaucoup étaient émus aux larmes et portaient les portraits de leurs êtres chers tués.
« Nous avons besoin de justice pour nos frères et pour toutes les victimes de cette explosion », a déclaré Cécile Roukoz, une avocate qui a perdu son frère.
Le pape a déclaré que cette visite au port l’avait « profondément touché ». « J’ai prié pour toutes les victimes et je porte en moi la douleur et la soif de vérité et de justice de tant de familles, de tout un pays », a-t-il dit.
Cinq ans après la catastrophe, justice n’a pas encore été rendue, des responsables politiques du Hezbollah ayant fait obstruction à l’enquête.
La déflagration, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’Histoire, avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d’ammonium malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.
« Père des oubliés »
Tôt mardi, Léon XIV s’était rendu dans un hôpital psychiatrique tenu par des religieuses près de Beyrouth, où il a été accueilli par des applaudissements.
Marie Makhlouf, la mère supérieure des Sœurs franciscaines de la Croix, a remercié le pape, « père des oubliés et des marginalisés ».
En dépit du rôle politique important que jouent les chrétiens au Liban, seul État arabe où le poste de président de la République est réservé à cette communauté, ces derniers ont vu leur nombre diminuer au cours des dernières décennies, notamment en raison de l’émigration des jeunes.
Le chef de l’Église catholique a également appelé les chrétiens d’Orient à faire preuve de « courage ».
« Toute l’Église vous regarde avec affection et admiration », leur a-t-il assuré.
En lui faisant ses adieux, le président libanais, Joseph Aoun, a déclaré que la visite du pape était venue « nous rappeler que le monde n’avait pas oublié le Liban, qu’il existait encore des cœurs qui priaient pour lui et œuvraient pour sa paix ».
la Communauté du Times of Israël !







