Emily Damari se souvient avoir failli tuer son ravisseur du Hamas et demande un accord
L'ex-otage a raconté que la maison du terroriste du Hamas où elle était détenue avec Ziv Berman a été bombardée, et elle a évoqué une relation "gémellaire" avec sa compagne blessée, Romi Gonen
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L’ex-otage Emily Damari a raconté qu’elle avait été prête à tuer son ravisseur du Hamas avec sa propre arme de poing dans un entretien paru vendredi – dans lequel elle a aussi exigé la conclusion d’un accord qui ouvrirait la porte à la libération des 50 captifs qui se trouvent encore à Gaza, y compris à la remise en liberté de ses meilleurs amis, les meilleurs amis de Damari, les frères jumeaux Gali et Ziv Berman.
Dans une interview accordée au quotidien britannique Daily Mail, Damari, 29 ans, a également dit que la maison d’un membre du Hamas où elle était détenue avec Ziv Berman avait été bombardée alors qu’elle s’y trouvait.
L’ex-captive israélo-britannique a expliqué qu’elle avait convaincu un terroriste du Hamas qui la gardait, ainsi que d’autres femmes retenues en captivité, de lui remettre ses armes pour qu’elle puisse « s’amuser avec ».
« Puis il s’est éloigné », a-t-elle ajouté. « J’ai dit aux filles : ‘Peut-être que je devrais le tuer ? J’ai commencé à être très excitée par cette idée’. »
« Mais les filles m’ont dit : ‘Oui, mais après ? Nous allons toutes mourir’, » a continué Damari. Un plan qui n’a jamais abouti. Pourtant, a-t-elle indiqué, si ses ravisseurs « étaient là, assis avec moi, maintenant et que je pouvais les tuer – bien sûr, je serais heureuse de le faire ».
Damari avait été kidnappée au kibboutz Kfar Aza lors du pogrom du Hamas, le 7 octobre 2023.
Elle avait été enlevée en même temps que Ziv Berman, son voisin, qui s’était précipité chez elle pour s’assurer qu’elle était en sécurité. Les hommes armés avaient ouvert le feu sur Damari, la touchant à la main gauche, et une autre balle s’était logée dans sa jambe droite. Son chien, Choocha, avait été tué d’une balle dans la tête.
Damari a noté qu’elle aurait préféré être tuée plutôt qu’enlevée. Elle a raconté avoir pris l’une des armes du terroriste, l’avoir placée à hauteur de son front et lui avoir dit : « Tirez-moi dessus ! »
Ses ravisseurs l’avaient emmenée à l’hôpital Shifa de Gaza, lui disant qu’elle avait pour eux une plus grande valeur vivante que morte, a rapporté le Daily Mail. À l’hôpital, un médecin qui s’était présenté comme un « docteur du Hamas » lui avait amputé deux doigts à la main gauche.
À l’hôpital, Damari avait brièvement rencontré une autre otage, Romi Gonen, qui avait elle-même reçu une balle dans le bras droit. Damari avait ensuite été emmenée au domicile d’un membre du Hamas, où elle avait été détenue avec Ziv Berman. Elles avaient vécu avec l’épouse de ce terroriste du Hamas, dont le nom n’a pas été révélé, et ses six enfants, dont un adolescent de 14 ans qui était armé d’un fusil, a indiqué le Daily Mail.
Damari et Berman avaient été emmenées ailleurs après que la maison a été détruite par une bombe. Damari a raconté l’explosion : « J’ai cru être au paradis. J’ai vu une grosse boule de feu, puis je n’ai plus rien vu. Il n’y avait que de la poussière partout ».
Damari et Berman avaient été séparés après 40 jours de captivité. Les hommes armés avaient dit à Damari qu’elle allait rentrer chez elle, mais elle avait été enfermée dans une cage, dans un souterrain, selon le Mail. C’était là qu’elle avait retrouvé Gonen.
En plus de Gonen et Damari, la cage avait finalement accueilli neuf femmes et jeunes filles. Six des otages avaient été relâchées lors du cessez-le-feu du mois de novembre 2023, qui avait duré une semaine. Cinq avaient été conservées en captivité.
« Nous avons simplement continué à survivre », a raconté Damari. « Nous étions totalement encerclées par les terroristes. Cinq filles. Ils avaient des armes. Ils étaient plus forts que vous. Ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient, quand ils le voulaient. »
Damari a déclaré que son homosexualité lui aurait coûté plus que le fait qu’elle soit Juive ou Israélienne. « C’est ce que j’ai tenté de cacher ».
Elle se souvient avoir demandé à un gardien ce qui se passerait s’il découvrait que son frère était gay. Il m’a répondu : « Eh bien, je le tuerais ». J’ai répondu : « D’accord, mais c’est votre frère ? » Il a dit : « Non, il est malade « , a déclaré Damari.
Alors que Damari aura été placée en captivité avec des dizaines d’otages différents et dans une trentaine de lieux, sa seule constante a été Gonen, selon le Mail. Damari a parlé au journal du « lien gémellaire » qu’elle avait développé avec Gonen, les deux femmes s’aidant mutuellement à manger, à s’habiller et à se laver alors qu’elles essayaient de soigner leurs plaies qui s’envenimaient.
À un moment donné, elles avaient été hébergées au-dessus du sol, et Gonen avait vu à la télévision une femme tenant la photo de Damari à la Knesset. Il s’agissait de Mandy, la mère de Damari, dont Damari ignorait jusqu’à ce moment-là le sort depuis l’assaut du Hamas.
« Je ne l’ai pas reconnue pendant une seconde, puis je me suis dit : ‘Maman ! Maman !’, » a raconté Emily. « Puis j’ai commencé à pleurer. Je tremblais. C’était tout le contraire d’une crise d’angoisse. C’était un soulagement, ma mère était en vie. Tout le monde pleurait ».
Malgré l’acharnement de sa famille qui se battait pour sa libération, Emily Damari a dit qu’une famille chez qui elle a été en détention avait tenté de la convaincre, elle et ses compagnons d’infortune, qu’ils avaient été oubliés.
« Ils ont été les pires », a-t-elle déclaré. « Ils ont été la pire des familles. Ils se moquaient de nous. Ils nous disaient : ‘Tout le monde se fiche de vous’. »
De plus, a dit Damari, « Ils cachaient la nourriture et ils nous disaient que nous ne quitterions jamais Gaza ».
Damari et Gonen avaient toutes les deux été relâchées au début de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu qui avait été conclu entre Israël et le Hamas, au mois de janvier et qui avait ouvert la porte au rapatriement de certains captifs. Le Hamas avait relâché 30 otages vivants – 20 civils israéliens, cinq soldats et cinq ressortissants thaïlandais – et restitué les corps sans vie de huit captifs israéliens qui avaient été tués pendant ce cessez-le-feu entre le mois de janvier et le mois de mars. En échange, eenviron 1 900 Palestiniens placés en détention par Israël, dont au moins 270 purgeaient des peines de prison à perpétuité pour meurtre, avaient été remis en liberté.
Les groupes terroristes à Gaza détiennent toujours 50 otages. La mort de 28 d’entre eux a été confirmée par Tsahal. Vingt autres, dont Gali et Ziv Berman, sont en vie, et l’état de santé des deux autres captifs suscite de vives inquiétudes, ont déclaré des responsables israéliens.
Emily Damari était « visiblement en colère » lorsqu’elle a appelé à la finalisation d’un accord ouvrant la porte à la remise en liberté des captifs, selon le Mail.
« Allez, on y va ! Qu’est-ce qui prend tant de temps ? » , a-t-elle demandé, appelant le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu « à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour ramener mes Gali et Zivi à la maison ».
« Ils sont probablement dans une cage », a expliqué Damari. « Ils les maltraitent. Il n’y a pas beaucoup d’eau. Il doit faire une chaleur inimaginable pour eux ».
« Vous m’avez sauvé la vie, maintenant vous devez faire la même chose pour les 50 derniers otages », a-t-elle dit en s’adressant à Trump et à Netanyahu. « Ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons commencer à nous rétablir ».
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