En Israël, la zoothérapie vient en aide aux soldats traumatisés par deux ans de guerre
À Givat Shemesh, près de Jérusalem, le centre de réhabilitation Retorno mise sur les animaux pour apaiser les soldats souffrant de trouble du stress post-traumatique
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Le centre de réhabilitation Retorno propose aux soldats et réservistes diagnostiqués avec un trouble du stress post-traumatique un thérapie assistée par les animaux. (Crédit : Alexandra Vardi)
Efrat Maayan, psychologue clinique au centre Retorno, responsable du programme de therapie assistée par les animaux. (Crédit : Alexandra Vardi)
Le centre de réhabilitation Retorno propose aux soldats et réservistes diagnostiqués avec un trouble du stress post-traumatique un thérapie assistée par les animaux. (Crédit : Alexandra Vardi)
Le centre de réhabilitation Retorno propose aux soldats et réservistes diagnostiqués avec un trouble du stress post-traumatique un thérapie assistée par les animaux. (Crédit : Alexandra Vardi)
Le centre de réhabilitation Retorno propose aux soldats et réservistes diagnostiqués avec un trouble du stress post-traumatique un thérapie assistée par les animaux. (Crédit : Alexandra Vardi)
Une session de yoga au centre Retorno. (Crédit : Alexandra Vardi)
« J’ai mis du temps à comprendre que quelque chose n’allait pas », confie Arié, réserviste appelé dès le 7-Octobre pour défendre les localités attaquées du sud du pays. Les images des atrocités commises par une horde de terroristes du Hamas le hantent encore : « Ce que j’ai vu m’a brisé. Je sens encore l’odeur des cadavres. »
Malgré le choc, il effectue plusieurs périodes de réserves, à Gaza contre le Hamas et au Liban face au Hezbollah chiite, avant de sombrer dans un état dépressif. « Je ne sortais pas de chez moi, j’étais comme un zombie », décrit ce père de deux jeunes enfants.
Diagnostiqué avec un trouble du stress post-traumatique, il suit depuis un an une thérapie assistée par l’animal (TAA), ou zoothérapie. « Ce matin, je n’avais pas la force de me lever, mais dès que je suis monté sur le cheval, je me suis senti revivre », dit-il.
« Les animaux sont un pont », explique Efrat Maayan, psychologue clinicienne et responsable du programme de zoothérapie du centre. « Le contact avec leur pelage et leur douceur fait du bien », ajoute-t-elle en serrant un chinchilla contre elle. Puis elle sort un serpent : « La plupart des gens en ont peur. Le tenir dans ses mains permet d’affronter ses angoisses et de les dépasser. »
Deux semaines après le 7 octobre, Retorno a ouvert un programme pour les civils traumatisés, puis, il y a un peu plus d’un an, un autre pour les soldats et réservistes. « Beaucoup ont dû évacuer et identifier des corps mutilés ce samedi noir — une expérience profondément traumatisante », poursuit-elle. Le centre combine également yoga-thérapie, méditation et arts martiaux pour apaiser les tensions.
« Le niveau de stress post-traumatique est le plus élevé que nous ayons connu », assure Efrat Maayan. « Nos soldats sont épuisés par une guerre qui n’en finit pas », souligne-t-elle, précisant qu’il s’agit de la plus longue que le pays ait connue. « Ils font face à des situations extrêmement complexes », poursuit-elle. « Ils affrontent des terroristes mêlés à la population civile palestinienne et doivent parfois accomplir des actes très difficiles pour sauver leurs camarades ou eux-mêmes. »
Le Hamas a tué plus de 1 200 personnes le 7 octobre, en majorité des civils. En représailles, les opérations militaires israéliennes à Gaza ont fait au moins 65 000 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé de l’enclave, dirigé par le groupe terroriste islamiste – un bilan qui ne fait pas le distinguo entre civils et agents terroristes.
« Le plus difficile a été de demander de l’aide », confie Aviv, en proie à des crises d’angoisse. À cause de son trouble post-traumatique, il a dû quitter son poste de commercial dans une société de high-tech. « Ici, je me sens enveloppé, compris », dit-il en caressant Lucie, la chienne du centre.
Il existe dix établissements de ce type en Israël, supervisés par le ministère de la Défense. Mais Aviv a choisi Retorno pour sa spécialisation dans le traitement des addictions. « Je faisais des cauchemars, alors j’ai cherché des moyens de ne pas dormir et j’ai commencé à prendre des stimulants. Parfois, je restais éveillé une semaine entière », raconte-t-il.
Le traumatisme du 7 octobre, aggravé par près de deux ans de guerre, a entraîné une flambée de la consommation de drogues et de produits addictifs en Israël, devenue un véritable défi de santé publique. « L’addiction est une tentative désespérée de fuite », explique Efrat Maayan. « L’essentiel, c’est de ne plus ressentir. »
Dans ce contexte, le lien avec les animaux est un outil thérapeutique puissant : prendre soin d’eux — les nourrir, les soigner — restaure l’image de soi, redonne confiance et développe le sens des responsabilités. « Lorsque les patients s’occupent d’un petit animal fragile, ils se connectent à ce qui est blessé en eux. Soigner l’animal, c’est se soigner soi-même », ajoute la psychologue.
A Retorno, la méthode des « 12 étapes », conçue à l’origine pour traiter les addictions, a été adaptée au post-trauma. « Depuis que je viens ici, je sens une nette amélioration, même si la route reste longue », confie Aviv.
Selon un récent rapport du ministère israélien de la Défense, plus de 20 000 soldats et réservistes ont déjà été admis au service de réadaptation : 45 % souffrent de blessures physiques, 35 % de troubles psychologiques et 20 % de lésions mixtes. Le ministère anticipe une aggravation : d’ici 2028, quelque 100 000 blessés devraient être pris en charge, dont la moitié présenteront des séquelles psychiques.
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