En Israël, les anti-guerre à contre-courant de l’opinion publique
A Tel-Aviv, des manifestants, brandissant des pancartes "Opposez-vous à la guerre" ou "Le silence vaut consentement" se sont réunis ce week-end pour la deuxième fois en une semaine
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Une deuxième guerre contre l’Iran en moins d’un an: en Israël, l’opinion publique s’y rallie largement pour le moment. Mais une poignée de militants anti-guerre tente malgré tout de faire entendre une voix dissidente, appelant la population à s’y « opposer ».
Depuis le lancement, le 28 février, d’une offensive militaire conjointe des Etats-Unis et d’Israël contre des cibles iraniennes, les manifestations critiques de la guerre restent extrêmement marginales. La plupart se limitent à quelques dizaines de participants rassemblés dans les grandes villes.
A Tel-Aviv, des manifestants, brandissant des pancartes « Opposez-vous à la guerre » ou « Le silence vaut consentement » se sont réunis ce week-end pour la deuxième fois en une semaine. Ils ont été rapidement dispersés par la police.
Munis de mégaphones, ils ont appelé à mettre fin à l’offensive et à privilégier des solutions diplomatiques.
« Nous sommes contre cette guerre parce qu’il s’agit simplement d’une guerre de plus dans une série interminable », affirme Iddo Elam, jeune homme de 19 ans et objecteur de conscience au service militaire obligatoire, ce qui lui a valu d’être incarcéré.
Pour ce militant, l’argument sécuritaire avancé par le gouvernement ne tient pas. « En juin dernier, lors de la précédente attaque contre l’Iran, on nous avait aussi promis la sécurité et la paix. Aujourd’hui, nous sommes à nouveau en guerre », dit-il à l’AFP au téléphone.
« Cela montre que la raison de cette guerre n’est pas notre bien-être ni celui du peuple iranien. Il s’agit surtout de calculs géopolitiques liés à (Donald) Trump et à (Benjamin) Netanyahu », le président américain et le Premier ministre israélien, ajoute-t-il.
Le petit mouvement anti-guerre rassemble principalement des militants de gauche, dont beaucoup s’étaient déjà mobilisés contre les précédentes opérations militaires israéliennes et « l’occupation » des territoires palestiniens.
Des rassemblements similaires, également modestes, ont eu lieu samedi à Jérusalem et à Haïfa, dans le nord du pays.
« Menaces »
D’après un sondage publié mercredi par l’Institut israélien pour la démocratie, 93% des Israéliens juifs soutiennent les frappes contre l’Iran.
« Personne dans le monde politique juif en Israël, et très peu de personnes dans l’opinion publique, ne contestent le fait que l’Iran représente la plus grande menace concrète pour la sécurité du pays », explique la sondeuse et analyste politique Dahlia Scheindlin.
D’après le même sondage, seuls 26% de la minorité arabe d’Israël soutiennent les frappes contre l’Iran.
Sur la scène politique israélienne, les critiques de l’offensive restent rares.
Lorsque Israël a lancé son attaque, le chef de l’opposition Yair Lapid a écrit sur X : « Il n’y a pas de coalition ni d’opposition, seulement un peuple et une armée, que nous soutenons tous. »
Des déclarations similaires ont été faites par la plupart des figures politiques majeures, de l’ancien Premier ministre de droite Naftali Bennett à Yaïr Golan, chef du parti de gauche « Les Démocrates ».
Pour les opposants à la guerre, le climat social est donc difficile. « Cela nous isole beaucoup, c’est très dur », confie Iddo Elam.
« Beaucoup de gens nous envoient des menaces de mort (…) en ligne parce qu’ils ne sont pas d’accord avec nous », ajoute-t-il, ajoutant avoir reçu « beaucoup d’insultes » ces derniers jours.
« Malheureusement, l’opposition en Israël est convaincue que son rôle actuel est de ne poser aucune question et de soutenir automatiquement Netanyahu », estime Alon-Lee Green, codirecteur du groupe israélo-palestinien Standing Together.
Son organisation tente de maintenir un débat public autour de la guerre, notamment en affichant des messages dans les abris anti-bombes et en organisant des conférences et des webinaires.
Alon-Lee Green reconnaît que le mouvement anti-guerre reste aujourd’hui extrêmement minoritaire mais il espère que d’autres rejoindront bientôt la cause.
« Notre position est d’arrêter cette guerre et de ne pas nous promettre de plus en plus de victoires qui ne peuvent être obtenues par les bombes, les armes et les avions. »
la Communauté du Times of Israël !







