En NBA, Deni Avdija déplore « la haine » que lui vaut le fait d’être israélien
Le puissant ailier israélien en lice pour le match des All Stars est le favori pour le titre de joueur qui s'est le plus amélioré, après s'être révélé avec les Portland Trail Blazers
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Deni Avdija, la star israélienne de la NBA dont la saison aux côtés des Portland Trail Blazers lui a valu tous les éloges, a déclaré cette semaine, dans un portrait du New York Times, qu’il était déçu que ses succès sportifs soient quelque part éclipsés par la haine que lui témoignent certaines personnes du seul fait qu’il soit Israélien.
« Je suis un athlète. Je ne m’intéresse pas beaucoup à la politique, ce n’est pas mon travail », a déclaré Avdija à The Athletic, le média sportif du New York Times.
« Je défends évidemment mon pays, parce que je viens de là. C’est décevant de voir toute cette haine. Quand je fais un bon match ou que je recueille des suffrages pour les All-Stars, tous les commentaires [sur les réseaux sociaux] tournent autour de personnes qui font le lien avec des considérations d’ordre politique. Pourquoi est-ce que je ne peux pas simplement être un bon joueur de basket ? Pourquoi est-ce si important que je vienne d’Israël ou d’ailleurs, ou que je sois de telle ou telle ethnie ? Respectez-moi comme joueur de basket, » a-t-il dit.
Il a ajouté : « Rien ne vous oblige à apprécier ce que je représente ou mon apparence, mais si je suis un bon joueur, reconnaissez-moi ce mérite. Toute cette haine… sans raison, comme si c’était moi qui décidais de ce qui se passe dans le monde. »
Il a indiqué que « je viens de là-bas, je respecte mon pays et je le soutiens. Je suis Israélien et je suis fier de l’être parce que c’est là que j’ai grandi. Je n’en serais pas là aujourd’hui sans Israël et sans le soutien qui m’a été apporté par les gens et par les supporters. Tout le reste ? C’est totalement superflu. »
Cette saison, en l’espace de 41 matchs jusqu’en milieu de saison, Avdija, qui a 25 ans et qui est originaire du kibboutz Beit Zera, dans le nord d’Israël, a permis à Portland de finir sur un bilan de 22-21 avec une moyenne de 26,2 points, 6,9 passes décisives et 7,1 rebonds par match – soit une nette amélioration qui a d’ailleurs permis à Avdija de se hisser au rang de grand favori du titre du joueur de la NBA qui s’est le plus amélioré, selon le site de paris sportifs FanDuel. Il est à la septième place des suffrages des fans pour le All-Star Game de cette année.
Mais Avdija souffre d’une blessure persistante au dos, qui l’a éloigné des terrains, jeudi, pour le match de Portland contre le Miami Heat.
Son ascension fulgurante est en partie liée à la décision, vers la fin de la saison dernière, de l’entraîneur principal de Portland, Chauncey Billups — suspendu car arrêté pour implication présumée dans des jeux illégaux — de confier à l’ailier d’1,93 m l’attaque des Trail Blazers après avoir pris le ballon au rebond, au lieu de le passer à ses coéquipiers.
« J’ai commencé à jouer comme ça et ma confiance n’a fait que croître », a confié Avdija à The Athletic. « Chauncey me disait que ça pourrait être génial. Il a su voir des choses, dans mon jeu, auxquelles je n’attachais pas d’importance et je lui en suis reconnaissant. »
Cette année, en raison de plusieurs blessures des principaux meneurs de Portland, l’entraîneur principal par intérim Tiago Splitter a décidé de confier à Avdija les rênes de l’attaque des Trail Blazers alors même qu’il n’avait jamais été meneur. C’est précisément ce qui lui a permis de briller et de faire cette ascension surprenante, cette année, après cinq saisons moins brillantes avec Portland et les Washington Wizards.
« Il faut être clair : il nous transporte littéralement », a expliqué Splitter à The Athletic. « Et il le fait en jouant à un autre poste. »
Au fil de la saison, il n’a fait que gagner en notoriété, ce qui ne l’a pas empêché de rester remarquablement discret sur Israël.
« Soyons honnêtes : qu’attendent-ils de moi ? » s’est demandé Avdija lors de son entretien avec The Athletic. « C’est mon pays natal, c’est là que j’ai grandi. J’aime mon pays ; il y a beaucoup de belles choses là-bas. Mais tout le monde n’est pas instruit et ne sait pas ce qui se passe, ça m’énerve. »
Il a continué en disant que « à partir du moment où on est véritablement instruit et que l’on sait ce qui se passe, c’est normal de dire ce qu’on pense et ce qui, selon nous, est vrai ou faux. Mais quand on n’est pas instruit et qu’on ne vit pas au Moyen-Orient, qu’on ignore depuis combien de temps les choses sont telles qu’elles sont, qu’on ne saisit pas bien toutes les conséquences et tout… Il vaut mieux ne rien dire. »
Avdija a quitté le match de jeudi moins de deux minutes après le début de la seconde mi-temps, et l’équipe l’a officiellement déclaré forfait lors du troisième quart-temps.
Après le match, Avdija et Splitter ont minimisé la blessure, affirmant que l’Israélien jouerait lors du prochain match de Portland.
Il a récemment manqué trois matchs consécutifs à cause de douleurs dans le bas du dos. Avant cela, il avait joué les 40 premiers matchs de l’équipe. C’était son deuxième match de retour sous les couleurs de l’équipe.
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