En rompant l’accord conclu avec l’OSM, Lapid rouvre la voie à Yaïr Netanyahu
Le chef de l'opposition appelle à nationaliser les principales organisations sionistes, qu'il accuse d'être profondément corrompues et d'exister uniquement pour favoriser le népotisme
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Le processus de nomination de nouveaux dirigeants au sein des grandes institutions sionistes a de nouveau échoué mercredi lorsque Yaïr Lapid, chef de l’opposition et dirigeant du parti Yesh Atid, a annoncé que son parti ne participerait plus à aucune négociation, dénonçant un système imprégné d’une « culture de corruption et de nominations politiques ».
Cette décision remet en cause un accord de longue date qui répartit les postes au sein de grandes organisations telles que l’Organisation sioniste mondiale (OSM) et le Fonds National Juif (JNF/KKL) entre les partisans des différentes factions politiques. Elle pourrait finalement rouvrir la possibilité pour Yaïr Netanyahu, le fils aîné du Premier ministre Benjamin Netanyahu, d’obtenir un poste de direction prestigieux au sein de l’OSM.
Lapid a indiqué qu’il présenterait plutôt un projet de loi visant à nationaliser le KKL, estimant que la seule façon de « nettoyer cette organisation et les autres institutions nationales est de les soumettre à la loi de l’État, à l’audit de l’État et aux règles de transparence les plus strictes ».
Dans un message adressé à la presse, Lapid a déclaré que son parti « ne prendrait part à aucun des accords conclus au sein des institutions sionistes. Nous n’accepterons aucun budget, nous n’occuperons aucun poste de direction et nous ne participerons pas à l’accord qui est en train d’être conclu là-bas ».
« Nous sommes entrés en politique pour lutter contre la corruption, pas pour faire partie d’un système qui sert à trouver des emplois à la famille Netanyahu et à la famille [du chef du parti Shas, Aryeh] Deri. Nous voulions débarrasser les institutions nationales de la culture de la corruption et des nominations politiques, mais ce n’est pas possible », a ajouté Lapid.
« Il n’y a aucun moyen d’y parvenir, et personne avec qui le faire. »
À ce stade, on ignore encore quelles sont les possibilités dans le processus en cours de nomination de nouveaux dirigeants d’institutions sionistes telles que l’Organisation sioniste mondiale et le Fonds National Juif, a déclaré une source de l’OSM.
Renverser le bouleversement
Mercredi dernier, un accord sur la direction d’institutions sionistes telles que l’Organisation sioniste mondiale et le KKL, qui contrôlent des milliards de dollars de financement pour des causes juives, a été conclu avec le soutien unanime des partis de la coalition. Il devait être signé avant qu’un ajout surprise à l’accord ne vienne tout bouleverser.
Au dernier moment, il a été révélé que le député Miki Zohar (Likud), un proche de Netanyahu, avait prévu un poste confortable pour le fils du Premier ministre, avec un bureau, une voiture et un salaire équivalent à celui d’un ministre du gouvernement.
Cette révélation a provoqué un tollé général chez pratiquement toutes les parties concernées, entraînant une tempête médiatique qui a conduit à l’abandon de l’accord initial. Un nouveau plan a été élaboré au cours du week-end et, mercredi matin, les membres du Comité exécutif sioniste (ZGC) ont voté en faveur d’un nouveau plan prévoyant un partage du pouvoir entre les représentants du Likud – dirigés par le rabbin Doron Perez (président du mouvement religieux Zionist World Mizrachi et père du capitaine Daniel Perez, tué lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 – et Yesh Atid. Dans le cadre de ce nouveau plan, Yaïr Netanyahu n’aurait pas obtenu de poste.
Cependant, la décision prise mercredi soir par Lapid d’abandonner les institutions sionistes ramène tout le processus à la case départ, à commencer par le projet d’un nouvel accord de leadership qui devra être soumis à nouveau au vote.
Lapid a déclaré que la tentative de trouver un emploi à Yaïr Netanyahu et à d’autres « n’est que la partie émergée de l’iceberg de ce qui se passe là-bas ».
Il a décrit « toute une culture de corruption » et a déclaré que « le nouvel accord prévoit, par exemple, la création de sept nouveaux départements qui emploieront un nombre incalculable de personnes ayant toutes un point commun : elles ne sont pas nécessaires. »
Après avoir pris connaissance de tous les détails, Lapid a déclaré être « arrivé à la conclusion qu’il est impossible de les réparer, il faut les faire cesser. Yesh Atid présentera un projet de loi visant à nationaliser immédiatement le KKL. »
Une histoire de corruption
Lapid réclame depuis longtemps la dissolution d’institutions sionistes telles que le JNF-KKL et l’OSM, qu’il accuse de corruption, de gaspillage et d’excès politiques. Et ce, même si, comme le souligne un article publié mercredi dans Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, sa participation aux négociations entre les partis avait définitivement établi Lapid comme leur acteur le plus puissant.
Cet article et l’insinuation selon laquelle Lapid était désormais aussi impliqué dans la corruption que quiconque ont rendu le chef de l’opposition « fou furieux » et l’ont poussé à bouleverser tout le processus, a déclaré une source de l’Organisation sioniste mondiale.
Selon la dernière version de l’accord, désormais obsolète, Perez devait devenir président de l’Organisation sioniste mondiale ou président du Keren Hayesod.
L’actuel président de l’OSM, Yaakov Hagoel, restera en fonction pendant la première moitié du mandat de cinq ans, puis sera remplacé, après deux ans et demi, par un membre du parti Yesh Atid.
La présidence du Fonds National Juif serait d’abord occupée par le député Meïr Cohen (Yesh Atid), qui quitterait la Knesset après douze ans. Il serait remplacé au milieu de son mandat par un représentant du Likud.
On ignore encore si Zohar tentera à nouveau d’assurer un poste exécutif au fils du Premier ministre. Il est largement admis que Netanyahu a collaboré avec Zohar dans cette affaire, l’aidant à remporter l’élection à la tête du World Likud face à son rival Hagoel, en échange de la nomination de Yaïr Netanyahu.
Cependant, la semaine dernière, Zohar a déclaré aux médias israéliens que c’était lui qui avait eu l’idée de nommer Yaïr Netanyahu, et que le Premier ministre n’était pas au courant de cette initiative.
Mais selon certaines sources, ces derniers jours, des responsables du bureau du Premier ministre auraient exercé des pressions pour que Yaïr Netanyahu soit tout de même inclus.
Le jeune homme, qui a passé la majeure partie des deux dernières années à Miami, en Floride, est surtout connu pour sa présence militante sur les réseaux sociaux et ses liens avec plusieurs personnalités et politiciens d’extrême droite européens et américains. Ces derniers mois, il a notamment critiqué le chef d’état-major de l’armée israélienne, qualifié le dirigeant du Qatar de « Hitler des temps modernes », accusé la gauche israélienne d’être responsable des grands incendies et critiqué le président français.
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