En route pour Israël, le ministre des Affaires étrangères allemand plaide en faveur d’un processus à deux États
Le principal allié européen d'Israël n'a pas encore décidé de reconnaître un État palestinien, comme d'autres pays européens, mais la patience de Berlin se trouve mise à l'épreuve
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Avant une visite officielle en Israël à partir de ce soir, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré que l’Allemagne ne cherchait pas actuellement à se joindre à la récente vague de pays occidentaux qui ont décidé de reconnaître un État palestinien – mais il a averti que si les négociations en vue d’une solution à deux États ne commençaient pas, l’Allemagne pourrait être forcée de reconsidérer son positionnement.
« L’Allemagne en est convaincue : pour résoudre durablement le conflit, une solution négociée à deux États reste la seule voie qui permette aux deux peuples de vivre dans la paix, la sécurité et la dignité », a déclaré Wadephul dans un communiqué diffusé peu avant son départ pour des réunions en Israël et en Cisjordanie.
« Pour l’Allemagne, la reconnaissance d’un État palestinien se situe plutôt à la fin de ce processus. Mais ce processus doit commencer maintenant », a insisté le ministre, tout en avertissant que « si ce processus continue d’être bloqué, l’Allemagne devrait envisager de réagir en conséquence ».
La visite du haut diplomate allemand survient pendant une période diplomatique houleuse pour Israël, après qu’une série d’alliés occidentaux, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont annoncé leur intention de reconnaître unilatéralement un État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies au mois de septembre – ou qu’ils envisagent sérieusement de le faire – à un moment où l’indignation internationale face à la situation humanitaire dans la bande de Gaza ne cesse de croître.
Les responsables israéliens ont rejeté la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien, arguant qu’elle récompensait le terrorisme et qu’elle sapait l’influence d’Israël dans les efforts en cours qui visent à obtenir la remise en liberté des derniers otages détenus par le Hamas à Gaza.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a réagi aux propos tenus par Wadephul, écrivant dans un message écrit en hébreu sur le réseau social X : « 80 ans après la Shoah, l’Allemagne recommence à soutenir le nazisme. »
Environ 145 pays reconnaissent aujourd’hui le statut de l’État palestinien ou envisagent de le faire. La Maison Blanche a réaffirmé mercredi que le président américain Donald Trump ne le ferait pas.
Wadephul a indiqué que son voyage en Israël et en Cisjordanie faisait suite à « une décision commune du cabinet de sécurité, afin de consulter mes homologues » sur « l’aggravation dramatique » de la situation humanitaire à Gaza.
Il a ajouté que « Israël se retrouve de plus en plus en minorité » après la récente conférence de l’ONU sur une solution à deux États dans le cadre du conflit israélo-palestinien – une conférence qui a été boycottée par les États-Unis et Israël.
« Face aux menaces ouvertes d’annexion qui ont été proférées par certains membres du gouvernement israélien, un nombre croissant de pays européens sont prêts à reconnaître un État palestinien sans négociations préalables », a-t-il déclaré.
Wadephul devrait rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, jeudi au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem. Il prendra aussi part à des réunions en Cisjordanie vendredi avant de retourner en Allemagne, selon l’ambassade d’Allemagne.
Le ministre a fait savoir qu’il se concentrerait sur « trois messages » au cours de son voyage : la nécessité que le Hamas libère les otages restants à Gaza – « dont des citoyens allemands » – et qu’il renonce à son pouvoir militaire et politique ; « la prise de mesures rapides, globales et durables » pour « remédier à la situation catastrophique dans la bande de Gaza » ; et la mise en place « urgente » d’un processus évoluant vers la solution à deux États.
Le déplacement de Wadephul n’avait pas été annoncé et il fait suite aux déclarations qui ont été faites par le chancelier allemand Friedrich Merz en début de semaine – il avait fait savoir que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni envisageaient d’envoyer leurs ministres des Affaires étrangères en Israël, le 7 août, afin d’intensifier les pressions internationales exercées dans le contexte de la crise humanitaire qui sévit dans la bande de Gaza.
« Nous demanderons probablement aux trois ministres des Affaires étrangères de se rendre ensemble en Israël jeudi prochain pour présenter la position des trois gouvernements », a indiqué Merz, avant d’ajouter que deux avions de son pays étaient en route pour la Jordanie afin de participer à des missions d’aide à Gaza.
Aucune visite du ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, ou de son homologue français, Jean-Noël Barrot, n’a été annoncée.
la Communauté du Times of Israël !







